Daniel Rothbart

Daniel Rothbart, pour sa septième exposition personnelle à la Galerie Depardieu, expose ses derniers travaux sous le titre « Semiotic Street Situations ». Il s’agit de collages numériques.

En parallèle à l’exposition, présentation du livre de Daniel Rothbart « Seeing Naples: Reports from the Shadow of Vesuvius » le vendredi 10 mai à 15h à l’Auditorium Albert Camus, Bibliothèque Louis Nucéra (Intervenants : Christian Depardieu, galeriste, Richard Milazzo, Co-éduteur de Edgewise Press,Raphaêl Monticelli, écrivain et critique,Jacques Simonelli, critique littéraire et artistique et Sylvie Tafani de la  Fondation David Tafani) 

Né en 1966 à Stanford, Californie (États-Unis). Daniel Rothbart est un artiste et écrivain basé à Brooklyn (New-York), son travail se définit par l’exploration des relations entre la nature, l’identité et les métaphysiques de l’urbanisme post-moderne.

Il est diplômé de Rhode Island School of Design et de l’Université de Columbia.

Auteur de trois ouvrages : « Jewish Metaphysics as Generative Principle in American Art » (1994) qui traite des rapports entre la culture juive et l’abstraction après-guerre américaine.

« The Story of the Phoenix »(1999), qui examine l’identité culturelle américaine dont Hollywood en utilisant les transmutations de sens (signification) via son travail de photo-montage numérique et ses sculptures.

En 2015, Daniel Rothbart écrit un essai et quatre critiques sur le thème de l’eau, basé sur sa performance artistique, comme fil conducteur de PAJ III, publiés par MIT Press.

Le dernier, paru en 2018 chez Edgewise Press, «  Seeing Naples: Reports from the Shadow of Vesuvius » est un livre de voyage inspiré de ses expériences en tant que chercheur auprès du programme Fulbright, à Naples, au début des années 1990.

Exposition Daniel Rothbart du 9 mai au 1 juin 2019 – Vernissage jeudi 9 mai 2019 – Galerie Depardieu – 6 rue du docteur Jacques Guidoni – Nice

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Mayday Mayday Mayday

Dans l’exposition « MAYDAY MAYDAY MAYDAY » l’artiste Liselott Johnsson explore l’idée que la couleur et les motifs géométriques peuvent fonctionner comme un code ou un système linguistique en révélant la relation entre les spectateurs et les systèmes visuels géométriques omniprésents dans la vie quotidienne. 

Grâce à l’alphabet High Modernist Color Barcode que Liselott Johnsson a mis en place, on peut aisément décoder ses œuvres et découvrir leur signification. Le High Modernist Color Barcode est un code de substitution inspiré du vocabulaire visuel de la peinture hard-edge, un genre de peinture abstraite et géométrique dont les champs de couleur sont bien délimités ; du Code international des signaux maritimes, un code utilisé en mer par toutes les marines du monde ; ainsi que du High Capacity Color Barcode, un type de code-barres bidimensionnel développé par Microsoft. En outre, Liselott Johnsson s’inspire également du vocabulaire visuel des panneaux de signalisation, des objets de sécurité d’urgence et de la mode. 

Les œuvres de Liselott Johnsson permettent non seulement de donner une nouvelle vie au vocabulaire de la peinture abstraite et géométrique, mais aussi de montrer que les motifs géométriques répandus dans la vie quotidienne et dans la culture ont un sens qui varie en fonction du spectateur et du code utilisé, chaque personne ayant ses propres références. 

En jouant avec nos réactions et nos habitudes face aux nombreux codes existants, Liselott Johnsson aborde de façon ludique ces conditions immatérielles qui contribuent au développement de la société. Invitant une relation unique et inspirante entre l’installation et ses spectateurs, Liselott Johnsson attire l’attention sur ce que nous dit l’art et, par conséquent, ce qu’il nous apporte. 

L’installation MAD HOT FOX, une des œuvres exposées, est composée de douze peintures géométriques. Chaque tableau présente trois motifs, côte à côte, formant un mot ; la série de peintures crée alors un poème. En limitant la structure des mots à trois lettres, la phrase ressemble elle-même à un code secret. En conséquence, les spectateurs doutent du sens des peintures mais aussi du sens du texte. Cette condition d’ambiguïté est une invitation à dépasser ses habitudes de décodage et à dissoudre les idées préconçues, l’objectif étant la flexibilité et l’ouverture.

Moving Art – 24 Rue Paul Déroulède, 06000 Nice – Du 4 mai au 29 juin 2019 (Vernissage le samedi 4 mai de 15h30 à 20h30)

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Les hôtels vont-ils fermer par manque de… salariés ?

Selon Pôle emploi les perspectives d’embauche pour 2019 sont en hausse de 14,8%. Il y aurait donc 2,6 millions de postes à pourvoir cette année. D’ailleurs lors des manifestations sociales on n’a entendu que très rarement parler de chômage. Le problème est que les entreprises ont du mal à recruter pour des raisons diverses. 67% des cas de refus sont dus au manque de compétence des candidats ; ingénieur, développeur informatique, web designer sont devenus des perles rares dans les candidatures. De même il devient difficile de trouver des chaudronniers, des forgerons, des charpentiers, des carrossiers et des mécaniciens. 

Mais ce sont les métiers de service qui sont les plus difficile à pourvoir : hôtellerie, services à la personne et également le bâtiment. Ce sont des professions astreignantes et mal aimées par les candidats. On n’arrête pas de créer des emplois dans le cadre des aides à domicile, surtout en milieu rural. On a du mal à remplacer les départs à la retraite car ces fonctions sont mal rémunérées. Pour faire face au maintien à domicile des personnes âgées, au développement de la médecine ambulatoire, à l’accompagnement de la dépendance, il va falloir créer, par an, 35.000 emplois d’infirmiers, aides-soignants et aides à domicile. 

C’est dans l’hôtellerie et la restauration que le problème est le plus grave. Dans certaines régions les établissements sont fermés en semaine et n’ouvre que le week-end, des restaurateurs diminuent le nombre de couverts et d’autres n’ouvrent même plus leurs terrasses. La télévision a développé le nombre de cuisiniers et il n’en manque pas, le problème ce sont les serveurs ; il y en a de moins en moins. Ce ne sont pas les palaces du bord de mer qui souffrent de cette situation mais les petits hôtels des villages et du milieu rural. Petit à petit ils ferment et deviennent invendables car ils ne développent plus de chiffre d’affaires conséquent. En outre les difficultés liées à l’immigration ne permettent que très difficilement l’embauche de personnel étranger.

Trois régions font face à ce manque de salariés : Ile-de France, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Va-t-on voir la mine touristique péricliter dans le pays le plus touristique de la planète ?

Selon Pôle emploi les besoins en 2019 sont les suivants : 997.000 dans le service aux particuliers, 700.000 dans le service aux entreprises et 323.000 dans le commerce.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Ça sent pas bon chez Renault-Nissan et ça coûte cher !

Il existe à Amsterdam une entreprise, RNBV, une société néerlandaise bien discrète, qui chapeaute Renault, Nissan et Mitsubishi, le tout dirigé par Carlos Ghosn qui entre et sort de prison à Tokyo en ce moment. Ce serait cette société qui a réglé 10,9 millions d’euros de dépenses personnelles pour le PDG. Mais comment dépenser une telle somme ? 

En 2018, le couple Ghosn a invité huit couples au carnaval de Rio ; coût : 210.000 euros. Le 9 mars 2014 on fait à Versailles une soirée pour fêter les quinze ans de l’Alliance Renault-Nissan avec un dîner mis en œuvre par l’incontournable Alain Ducasse. Cet anniversaire coïncidait avec les 60 ans du patron et il fallait 160 invités, hommes de pouvoir. Coût : 636.000 euros. De 2015 à 2018 il faut être vu avec des amis au festival international du film de Cannes : coût : 1.716.000 euros puisque l’on couche à l’Eden Roc. L’Express révèle que pour se rendre à toutes ces manifestations il a fallu dépenser 5 millions d’euros en jet privé.

Du coup un audit est en cours et, petit à petit, on constate que la société RNBV dirige bien les montages très opaques créés au profit de Carlos Ghosn. En outre elle a fait bénéficier de ses largesses des consultants : 22 millions en 2015, 19 en 2016, c’est orgiaque. Parmi ceux-là il y en a deux que l’on voit régulièrement sur les plateaux de télévision. Rachida Dati qui a perçu 600.000 euros en tant qu’avocate en 2009 et on ne sait pas pour quelle affaire. Et puis il y a Alain Bauer, conseiller des présidents de la République, ancien grand maître du Grand Orient, conseiller de dizaines de sociétés du CAC 40. On le connait surtout car il apparait comme un spécialiste dans les émissions de télévision. Chaque année Alain Bauer reçoit 200.000 euros. Puis il ne faut pas oublier Claudine Bichara de Oliveira, la sœur de Carlos lui-même ; elle serait chargée, au départ de sa résidence brésilienne, de conseiller le PDG sur les donations du groupe. Elle aurait perçu pour cela, selon la presse nippone, 1,7 millions dollars.

On comprend la timidité du président et du gouvernement français à intervenir pour le PDG au Japon. On a l’impression d’effeuiller un artichaut pourri et à chaque feuille cela sent de plus en plus mauvais. Au fait, ils en pensent quoi les syndicats de Renault ? On ne les entend pas beaucoup…

Christian Gallo – © Le FIcanas ®

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Elle se marie en blanc parce qu’elle est vierge ?

Il est vrai que du temps de l’empire romain, la mariée était en blanc. Ensuite on oublia cela jusqu’en 1840 où la reine Victoria choisit de se marier en blanc ; en effet l’industrie du satin et celle de la dentelle se portaient mal et la tenue de la reine relança l’économie. En outre elle était probablement vierge attendant que son époux et cousin germain (et comme elle allemand!), Albert, la déflore. A la disparition de ce dernier elle continuera avec son palefrenier mais ne l’épousa pas. 

Mais la mode du mariage en blanc était lancée et les grands magasins allaient l’utiliser pour gonfler leurs chiffres d’affaires. Ah ce blanc, ce symbole de la pureté et de la virginité va permettre de produire des kilomètres de satin et de voile. D’autant plus que les coupes de robes vont suivre la mode, raccourcir, s’allonger, raccourcir à nouveau… Ce n’est qu’aujourd’hui que la télévision ne nous offre que deux choix : sirène ou princesse. Mais la production Cordula, arbitre de l’élégance, en a décidé ainsi sur M6. 

Mais toutes ces belles mariées en uniforme blanc sont-elles vierges ? Pas certain du tout : La somptueuse robe de Grace Kelly en 1956, créée par Helen Rose, ne masquait aucune virginité parait-il. Par contre la robe de Lady Diana, créée par David Emmanuel et son épouse, enveloppait probablement une vierge.

Mais le mariage fait rêver ces demoiselles. La voiture, la mairie, la traîne, les témoins, les parents, les beaux-parents, la bouffe, l’ouverture du bal et surtout l’église. Dans un pays où les églises sont vides et n’attirent que des touristes, le jour du mariage elles sont pleines. Subitement, alors que la spiritualité est devenue celle de Leclerc ou de Carrefour, un petit air d’encens replonge les impétrants dans une béatitude religieuse qu’ils ne soupçonnaient plus. Les fleurs blanches, les grains de riz, les chapeaux des dames créent cette ambiance miraculeuse et magique symbolisée par la robe blanche de la vierge que l’on va livrer aux affres de l’homme que l’on pense obsédé (et qui l’est parfois…)

Mais rassurez-vous braves lecteurs, il n’y a rien d’iconoclaste dans ces propos, car souvent le mariage a été consommé depuis longtemps et la mariée ne se prend plus pour sainte Roselyne livrée aux lions. Mais profitons de ces derniers jours d’avril (la tradition voulant que l’on ne se marie pas en mai) pour aller voir ces vierges annoncées par les cloches qui sonnent à toute volée. C’est beau en fait la tradition.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Chourouk Hriech : Chaque temps en efface-t’il vraiment un autre

« Encore une histoire de ce que l’on voit,
de ce que l’on suppose voir, 
ou de ce que nous aimerions voir… 
Un poème court qui nous placerait face à nous même. 
Car les paysages que nous supposons ne sont toujours que les reflets des pensées qui nous façonnent. 
Et il y a toujours des parts de soi-même que l’on ne connaît pas. 
Nous les rencontrons dans ce que j’appellerai la pratique du monde. » 

Le travail de Chourouk Hriech se construit à partir du ressenti des paysages qu’elle traverse, urbains ou ruraux, bucoliques ou industriels. C’est une relation constante à l’architecture qu’elle met en scène dans ses dessins mais aussi aux personnes qui traversent ces paysages. C’est cette expérience singulière qui nous a intéressés dans le travail de Chourouk. Lors de ses premières visites, l’artiste se réjouit de la lumière de Nice qui se joue des contrastes, où le blanc des façades est éblouissant, des petits riens qui seront des points de départ, peut-être. Elle repère des motifs, qu’elle empruntera sans doute, pour des clins d’œil. Avec le désir de redonner ce qui lui a été transmis, Chourouk démontre que l’art est conscience de soi, conscience du rapport de soi au monde. Ces moments, sans doute si sensibles, seront donnés à voir au Narcissio par une fresque murale, des dessins et une vidéo. 

Du 26 avril au 20 juillet 2019 (Vernissage jeudi 25 avril à 18h30)

LE NARCISSIO – 16 rue Parmentier 06100 NICE – Tél. 04 93 84 81 30 
Ouvert du mardi au vendredi de 14h30 à 18h (et bien plus) et sur rendez-vous. 


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Dufy dessine le sud.

Né au Havre le 3 juin 1877 dans une famille de neuf frères et sœurs, Raoul Dufy reçoit une bourse de sa ville natale pour étudier à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris. 

En 1903, Dufy voyage vers le Sud pour la première fois. Dès lors, toute sa vie sera ponctuée par des séjours dans le Sud de la France, d’abord à Martigues puis à Marseille, à Hyères et à Vence. Son amour pour la région n’est pas seulement dû à la luminosité exceptionnelle qui a attiré tant d’artistes du XXème siècle, mais aussi à une jolie Niçoise, Eugénie-Émilienne Brisson, qui deviendra sa femme en 1911. 

L’artiste peintre Dufy est également créateur de tissus et de tapisseries et avec le couturier Paul Poiret, il fonda une entreprise de décoration de tissus, “La Petite Usine”. 

En 1910, Dufy illustrera “Bestiaire”, recueil de poèmes de son ami Guillaume Apollinaire, puis prêtera son talent à de nombreux ouvrages. Il sera sollicité en 1930 par le marchand d’art parisien ,Ambroise Vollard, pour illustrer “La Belle Enfant ou l’Amour à 40 ans” d’Eugene Monfort. 

Souvent nommé « le peintre de la joie » ou « le peintre de la mer », Dufy Dessine le Sud et en capture les paysages, les traditions et les fêtes empreintes de gaieté et de bonheur. 

Il est fait commandeur de la Légion d’honneur en 1949 et laissera derrière lui un héritage artistique exceptionnel d’aquarelles de dessins et de céramiques. Il a également marqué son époque en réalisant plusieurs grandes décorations: le bar du Théâtre du Palais de Chaillot, la singerie du Jardin des Plantes et surtout “La Fée Électricité” pour l’exposition universelle de 1937 à Paris, le plus grand tableau du monde. 

Raoul Ernest Joseph Dufy quittera ce monde le 23 mars 1953 à Forcalquier.

Fenêtre à Nice – c. 1936
Gouache sur papier, 50 x 65cm Collection privée, France

Le projet de cette exposition est né de la rencontre de Christian Levett, collectionneur d’art et fondateur du MACM (Musée d’Art Classique de Mougins) et de Fanny Guillon-Laffaille, l’expert de Raoul Dufy et auteur des catalogues raisonnés de l’artiste. 

Dufy réalisa de nombreuses représentations de paysages et de la vie dans le Sud de la France lors de ses multiples séjours dans la région. Une sélection d’aquarelles, de peintures et de dessins vous transporte dans l’atmosphère de fête et de joie-de-vivre que l’artiste a su capturer à travers un coup de crayon ou de pinceau. Que ce soit un événement festif ou un jour de marché, Dufy arrive à faire sortir de ses œuvres les bruits, les odeurs et l’énergie de la scène. 

Jusqu’au 14 juillet 2019 – MACM (Musée d’Art Classique de Mougins) – Ouvert tous les jours.

www.mouginsmusee.com


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Jean Dubuffet, un barbare en Europe

Peintre, écrivain, inventeur de « l’Art Brut », Jean Dubuffet (1901-1985) fut un acteur majeur de la scène artistique du XXe siècle. 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cet artiste insaisissable et polémique met en jeu une critique radicale de l’art et de la culture de son temps, en faisant de l’invention sans cesse renouvelée le pilier de la création et de la pensée. Empruntant à l’anthropologie, au folklore ou au domaine de la psychiatrie, il poursuit l’activité de décloisonnement opérée par les avant- gardes de l’entre-deux-guerres, dynamite la croyance en un art supposé primitif et ouvre de nouvelles voies de création. 

Cette exposition donne à voir comment Jean Dubuffet entremêle dans son œuvre ses activités de peinture et d’écriture avec les recherches qu’il a consacrées à ce qu’il nomme l’Art Brut. Elle présente sa production artistique dans toute sa diversité, en s’attachant notamment à montrer les objets et documents issus des prospections qu’il a mises en œuvre en visitant musées d’ethnographie ou d’art populaire, mais aussi diverses collections dédiées à « l’art des fous ». 

L’exposition « Jean Dubuffet, un barbare en Europe » présente plus de 290 œuvres et objets issus des plus grandes collections françaises et européennes.

Jean Dubuffet, Paris plaisir, oct. 1962, gouache avec pièces rapportées, collées sur papier, Paris, 67 × 81 cm. Musée des Arts décoratifs, Paris © MAD, Paris – Laurent Sully Jaulmes © Adagp, Paris 2019

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la culture occidentale connaît une crise profonde. L’art constitue l’un des vecteurs les plus actifs de ce processus de reconstruction politique, anthropologique et philosophique. 

Au sein de cette dynamique, l’artiste français Jean Dubuffet (1901-1985) est incontournable. À travers ses collectes pour la Compagnie de l’Art Brut et son propre travail de peintre, il remet en cause les systèmes de valeurs dominants institués par la culture de son temps et la supposée infériorité d’arts dits « primitifs ». 

Pour ce faire, il s’appuie sur un réseau de coopération mettant en lien artistes, écrivains, ethnologues et psychiatres qui participent de l’émergence du relativisme culturel théorisé dans le champ de l’anthropologie d’alors. Restituer le cheminement de l’œuvre de Dubuffet sous l’angle de l’histoire culturelle et de l’anthropologie, c’est raconter cette redistribution des valeurs qui fondent notre culture contemporaine. 

MUCEM – Marseille – Du 24 avril au 2 septembre 2019

Jean Dubuffet, Réchaud four à gaz II, mars 1966, huile sur toile, 116 × 89 cm. Louisiana Museum of Art, Humlebaek, Danemark © Louisiana Museum of Modern Art. Donation : The Joseph and Celia Ascher Collection, New York © Adagp, Paris 2019
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Jaune très très sale.

A l’origine le mouvement des gilets jaunes avait deux objectifs : faire baisser les taxes sur les carburants et maintenir la vitesse sur les routes. D’où le fait que ce mouvement, organisé par des automobilistes mécontents, se déroulait sur des ronds-points avec des manifestants vêtus des gilets jaunes obligatoires dans tous les véhicules.

Au bout d’un moment les revendications vont s’étendre et témoignent d’un mal-être sociétal, c’est à dire politique et économique : retraites insuffisantes, taxes trop élevées, mauvais fonctionnement des services administratifs… On va même voir apparaître des revendications surprenantes, comme le fait de remettre en place l’ISF (impôt sur les grandes fortunes), qui en réalité n’a pas disparu sur le capital immobilier mais uniquement sur les dividendes de l’actionnariat qui permet d’alimenter les entreprises. De même on réclame la possibilité d’organiser des référendums d’initiative populaire : ça existe déjà depuis les modifications constitutionnelles de Nicolas Sarkozy, mais c’est, il faut l’avouer peu pratique. 

Ce mal-être ne va pas se contenter des ronds-points et chaque samedi des manifestations se déroulent dans les centres des villes. Aux manifestants se joignent les fameux Black bloc qui depuis les années quatre-vingt dix détruisent le plus possible lors des manifestations. Ni les politiques, ni les syndicalistes se solidarisent franchement avec les manifestants et ces derniers de désolidarisent avec les Black bloc. Pourtant, même après les destructions des Champs-Elysées de décembre à mars, après l’attaque de l’Arc de Triomphe, les gilets jaunes continuent à Paris et dans les grandes villes de province.

Dès le départ toutes les revendications se cristallisent en une véritable haine d’Emmanuel Macron. Il est vrai que la constitution actuelle donne tous les pouvoirs au président et de fait la responsabilité de tout. Mais l’insulte et la haine sont-elles à propos? Macron n’est pas à Versailles et le peuple ne réclame pas le boulanger et la boulangère… On organise même un débat pour permettre aux manifestants de s’exprimer face au chef de l’Etat. Cette haine, pourtant, se développe sur les réseaux sociaux et surtout à la télévision : on a même des gros plans de manifestants rougeoyants, le regard méchant et la bave au bord des lèvres : c’est beaucoup !

Les affrontements continuent entre les gilets jaunes et les forces de l’ordre. Le mal-être est installé chez ces derniers et on apprend que 29 policiers se sont suicidés depuis le début de l’année. On n’en connaît pas les raisons exactes mais cela témoigne d’une situation dramatique et pathétique. Mais le point d’orgue intervient le samedi 20 avril, veille de Pâques, avec des manifestants qui hurlent face aux policiers « suicidez-vous » ! 

Demain a qui va-t-on le demander ? Aux militaires, aux pompiers, au personnel des hôpitaux, aux enseignants ? Bref à la totalité des serviteurs de la nation ? Faut-il réinstaller la guillotine sur la place de la Concorde pour satisfaire les besoins sanglants de ces ilotes et béotiens de surcroît ? Car ce n’est pas tout : Notre-Dame de Paris s’étant enflammée le soir ou le président de la République devait intervenir à la télévision, on s’empresse de soutenir que cela a été voulu par Macron et sa clique (le gouvernement). 

Que tout cela est ignoble, immonde, abject. Il n’y a pas assez de qualificatif pour ce jaune devenu sale, très sale même. Il a été porteur d’espoirs, de justice sociale, de bonheur potentiel et il devient infâme. Il témoigne surtout du manque de culture de certains de nos concitoyens qui au lieu de vomir leur aigreur sur les réseaux sociaux feraient mieux d’essayer de se cultiver pour argumenter leurs propos.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Pâques

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