Nice : à droite de la droite.

Olivier Bettati écrit « Quoi de plus éloigné dans la forme qu’une élection européenne et une élection municipale, mais qui peut imaginer que ce vote ne laissera pas de traces profondes. Quand un électeur a franchi une fois le Rubicon, il recommencera soit pour le RN, soit pour LREM. » D’autres doivent en penser autant. En effet seules deux villes ont placé en tête le Rassemblement national : Marseille et Nice. Mais il ne faudrait pas oublier le score de Marine Le Pen au premier tour des présidentielles dans les Alpes-Maritimes : il était déjà impressionnant. Ce qui l’est cette fois c’est le score de Les républicains qui n’arrive qu’en quatrième position à Nice, la capitale du département qualifié comme ayant été le plus sarkozyste de France, puis le plus violoniste de France. A ce sujet c’est Auguste Vérola ancien soutien d’Estrosi mais maintenant de Ciotti qui résume la situation avec humour : « Lundi, j’étais dans une manifestation pour la journée de la Résistance. J’ai rencontré deux communistes que je connais bien. J’étais très content de les voir : au moins, j’en trouve deux qui ont fait moins bien que nous. »

D’autant plus que Nice est devenue le champ de bataille de deux candidats membres de Les républicains. L’un se disant proche d’Emmanuel Macron et l’autre promouvant des idées semblables à celles du RN. Cela est d’autant plus amusant que pour arriver au pouvoir, il a fallu virer deux membres du parti et prendre leurs places : Jacques Peyrat pour laisser la place à Christian Estrosi à la mairie, et Jérôme Rivière pour laisser la députation à Eric Ciotti comme député de la première circonscription. Les traîtrises internes de l’UMP, ont largement profité au maire et au député. Mais là on a pu constater que leurs fiefs, du type canal traditionnel, ont volé en éclats dans le haut pays. Même la ville du président Ginesy l’a abandonné…

Les républicains est devenu un parti peuplé de sirènes qui attirent les navigateurs pour les détruire, pourtant Circé avait prévenu. La sirène Bellamy (dit le gendre idéal) séduisait les politiques qui voyaient là un sauveur. Même son côté catho intégriste, comme sa prise de position dans l’affaire Lambert, n’effrayait pas nos candidats putatifs à la mairie de Nice. A force de lire Nice-Matin ils se sont mis à lire Le Figaro qui tressait quotidiennement des louanges à Bellamy, et annonçait sa victoire inéducable. Ils y ont cru ! Ciotti va devenir son chantre azuréen et Estrosi va essayer de convaincre ses amis de La France audacieuse de le suivre. Bref si les deux se présentent l’un contre l’autre dans dix mois aux élections municipales, ils ouvrent la porte au Rassemblement national ou apparentés. Mais qui à l’extrême-droite pour Nice ?

Il y a Philippe Vardon, niçois et conseiller régional PACA, ex responsable du bloc identitaire (Nissa Rebela) et aujourd’hui membre du bureau national du Rassemblement national. Pourtant Marine Le Pen et Gilbert Collard n’en voulaient pas. Mais son livre « l’imam Estrosi, demain à Nice 20 mosquées ? » lui a permis de faire campagne sur le thème de la « remigration ». Il est condamné à six mois de prison ferme pour une bagarre à Fréjus, puis fait appel. Il est conseiller de Nicolas Bay au parlement européen et surtout responsable du parti dans la première circonscription (celle de Ciotti). En 2017 il se présente aux législatives à Nice, se qualifie pour le  second tour et fait gagner Cédric Roussel le candidat du président Macron. Pour beaucoup de Niçois il est un personnage trop sulfureux pour candidater au poste de maire.

Jérôme Rivière, originaire de Suresnes, vient d’être élu député européen pour le RN. Il commencera sa carrière politique au cabinet de François Léotard. Après un échec à La Garenne-Colombes, il est élu député à Nice dans la première circonscription qu’il emporte face au socialiste Patrick Allemand. Membre de l’UMP, il rejoint le Centre national des indépendants et paysans (CNIP), alors associé à l’UMP. Mais en 2007 rien ne va plus et la commission du parti lui préfère Eric Ciotti, alors proche de Christian Estrosi. N’obtenant pas de justification de son évincement, il décide de se présenter sous l’étiquette « Député UMP sortant et candidat de la majorité présidentielle ». Il est donc, comme le veut l’usage du parti, exclu de l’UMP. On le retrouve comme soutien à De Villiers, puis à Sarkozy et, en 2015, devait être tête de liste du Front national pour les régionales dans les Alpes-Maritimes. Mais on lui préfèrera Bettati. Le nouveau député européen est membre du conseil national du Rassemblement national et proche de Steve Bannon.

Olivier Bettati, conseiller régional PACA divers droite sur la liste de Marion Maréchal-Le Pen (ah la revoilà !)  vient de déclarer à Nice-Matin qu’il fallait lever les tabous ce qui était la seul issue pour la droite. Simplifions : Les républicains et le rassemblement national devraient faire cause commune. Position idéale pour celui qui est devenu le vice-président national du CNIT et dont l’objectif déclaré est la recomposition des droites ! Mais ce n’est pas pour cela qu’il va se déclarer candidat à la mairie de Nice. Il a déjà tenté l’aventure sans succès en 2014, mais il a un ennemi intime : Christian Estrosi. Ce peut-être une motivation suffisante. Ce rassemblement de la droite prôné par Marion Maréchal-Le Pen peut regrouper beaucoup de monde à Nice : ceux que nous venons de nommer et Bettati lui-même. Il suffit d’une goutte de Ciotti et l’affaire est pliée. 

Nice se retrouve donc dans une situation habituelle : une gauche émiettée, un centre en partie chez Macron (MoDem) et le reste perdu (UDI), une droite populiste qui après avoir été traumatisée chez Fillon, se retrouve diminuée chez Wauquiez et Ciotti, une extrême-droite qui se cherche un chef et une droite républicaine symbolisée par Estrosi, un coup macroniste et un coup bellamiste (invention du rédacteur). 

La forteresse estrosienne semble imprenable d’autant plus que Christian Estrosi va aller d’inauguration en inauguration dans les dix mois à venir. Cette propagande forcée à laquelle adhère de nombreux médias obéissant à un service de presse omniprésent masque des dépenses et un déficit profond. Après tout : après nous le déluge…

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Et si Ciotti soutenait Estrosi ?

Hypothèse dangereuse car chaque fois qu’Eric Ciotti soutient un candidat, il perd… Mais cette fois-ci les résultats sont sans appel, les Alpes-Maritimes sont à l’extrême-droite. Déjà lors de dernières élections présidentielles la majorité des habitants des communes avaient voté en faveur de Marine Le Pen, pratiquement aucunes au premier tour en faveur d’Emmanuel Macron et nombreuses en faveur de François Fillon. 

Mais cette élection européenne a quand même atteint profondément la droite de la ville de Nice : 

Rassemblement national (ex FN) : 28,18 %

La République en marche : 21,83 %

Europe écologie les Verts : 11,87 %

Les républicains : 11,7 %

C’est mieux qu’au niveau national, mais Nice est devenue avec Marseille l’une des deux grandes villes de France enlevée par le Rassemblement national. Pourtant le vote de l’extrême-droite n’a pratiquement pas varié à Nice depuis 2014. C’est donc la droite qui s’est effondrée. Le problème est que les LR ont en leur sein le président du parti pour le département, Eric Ciotti, et le maire de Nice, président de la métropole, Christian Estrosi. Les meilleurs amis du monde étant devenu des ennemis irréductibles, ils risquent de faire basculer la donne politique.

Il est évident que Christian Estrosi, malgré un flot de dépenses inouï, a un avantage, car son implantation locale est importante et bénéficie à un grand nombre d’électeurs. En outre il est très soutenu par certains médias qui n’hésitent pas à se transformer en bulletins électoraux. Mais si le RN décide d’envoyer une grosse pointure face à lui une candidature de Ciotti peut ouvrir largement la porte à l’extrême-droite. De même, Estrosi s’estime être Macron-compatible, mais le président va-t-il maintenir sa position ?

En effet on constate que l’agrandissement de la métropole niçoise à la dimension du département est partie aux calendes grecques. Manque à gagner important pour Christian Estrosi qui envisageait de diluer ses dépenses. Par ailleurs Eric Ciotti est le président de la puissante fédération des Alpes-Maritimes des LR. Puissante ? L’est-elle encore ? Mais il a toujours essayé de pousser Estrosi dans les bras de Macron en le traitant de « président officieux d’En marche ». 

Devant cette disparition de Les républicains à Nice, il y a deux autres hypothèses : Estrosi va dans le parti présidentiel et Ciotti chez les Le Pen. Utopiste ? Peut-être. Mais Nice s’est souvent satisfaite d’être dans l’opposition, sous certains maires.

Il reste donc dix mois très agités : un maire qui se représente, un député qui ne l’annonce pas et très rapidement une ribambelle de candidats. En effet, c’est l’usage, les candidats sont toujours nombreux pour siéger à la mairie. Estrosi lui-même a été élu lors des deuxièmes tours, à l’issu d’une quadrangulaire et d’une triangulaire. Il a donc intérêt à voir arriver de nombreux candidats pour être élu par une minorité. Maintenant tous deux ne doivent pas oublier que les Niçois ont toujours privilégié un candidat du cru à un parachuté (seul Peyrat n’était pas niçois). Cela devrait les rassurer. 

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Europe 2019

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Nice-Matin arrive à ne rien dire.

Communiqué du quotidien Nice-Matin : « Depuis quelques semaines, notre rédaction grassoise est l’objet d’attaques en règle émanant d’un blog de pseudo-information locale dont nous tairons le nom pour ne pas lui faire de publicité, manipulé par une opposition municipale dont nous tairons aussi le nom… pour les mêmes raisons. »

Si on ne dit rien, pourquoi le dire ?

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Ça coute combien la cagade ?

La photo a été prise ce matin 23 mai à la Colle sur Loup, à 3 jours des élections européennes. 22 panneaux, 34 emplacements et quelques rares affiches. Ça coute combien la cagade ?

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Ouf ! On va se débarrasser de l’Allianz riviera.

Candidat au rachat de l’OGC Nice, Jim Ratcliffe, le milliardaire anglais, souhaite également devenir propriétaire de l’Allianz Riviera. Une acquisition qui soulagerait la ville et renforcerait sa position.

C’est le journal L’Equipe qui l’annonce : « Jim Ratcliffe (66 ans), le milliardaire anglais considéré comme la première fortune du Royaume-Uni, partage sa vie entre l’Angleterre, la Suisse et Monaco, notamment pour bénéficier d’une fiscalité avantageuse. Avant de porter son intérêt sur l’OGC Nice, il s’était renseigné sur un possible rachat de l’AS Monaco, puis il y a renoncé pour une raison simple : le stade Louis-II, propriété de la Principauté, n’est pas à vendre et il n’aurait jamais pu l’acquérir. Or Ratcliffe veut être propriétaire du stade dans lequel son futur club évolue, afin d’être maître chez lui, de développer son business et de générer des revenus supplémentaires. Construit entre 2011 et 2013, en prévision de l’Euro 2016, financé par des fonds privés et publics, l’Allianz Riviera a coûté énormément d’argent aux collectivités locales et il risque d’être un puits sans fond pour la mairie de Nice. »

Ce sont les contribuables niçois et métropolitains qui vont devoir être heureux d’être délaissé de cette pression fiscale. 

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Macron-Le Pen : le troisième tour

En 2000, Jacques Chirac proposait un référendum pour que la Ve République passe du septennat au quinquennat. Peu de votants, mais une large majorité en faveur du quinquennat. Cela allait bouleverser totalement la politique française. En effet l’élection du président de la République serait alors liée à une élection législative qui aurait lieu quinze jours plus tard. Depuis tous les présidents ont obtenu une majorité au parlement, les électeurs ne se déjugeant pas. En conclusion le rôle du premier ministre se trouve amoindri et il n’y a plus d’élections intermédiaires décisives. Régionales, départementales, municipales ne mettent pas en jeu le rôle du président de la République.

Il n’en n’est pas de même avec les élections européennes, surtout celles de cette année. En effet elles sont nationales et se déroulent au scrutin proportionnel. On va donc avoir un résultat qui représentera l’exacte répartition politique des Français. Certains feront remarquer que la participation sera faible, mais il en était déjà ainsi lors des dernières élections présidentielles ; peu de votants va témoigner de l’intérêt et de l’implication des Français à la politique. Les derniers sondages sont significatifs : la gauche se désagrège à force de se diviser, la droite se divise aussi en deux, entre républicains et nationalistes ; il ne reste donc que l’extrême-droite et le centre droit du président. On renouvelle donc l’affrontement Macron-Le Pen du deuxième tour de la présidentielle, sans s’affronter en face à face. En effet l’échec cuisant de Marine Le Pen à la télévision a servi de leçon au FN-RN. Donc Emmanuel Macron envoie au combat Nathalie Loiseau et Marine Le Pen, Jordan Bardella. 

La République en marche et Nathalie Loiseau.

C’est qui ? On ne la connait pas la tête de liste. Ministre des affaires européennes, haut fonctionnaire au quai d’Orsay, ancienne directrice de l’ENA (mais elle n’est pas énarque), elle a suivi, Juppé, puis Macron, puis Edouard Philippe…C’est sa première confrontation au scrutin des électeurs, à 54 ans, et visiblement elle a du mal à se faire entendre. Faut dire que ce haut fonctionnaire, probablement idéal pour siéger au Parlement, n’est pas séduisante. Mais surtout elle démarre la campagne avec un oukase venu de ses adversaires : elle fut très proche de l’extrême-droite quand elle était étudiante. Et ce n’est pas terminé.

Pour un débat télévisé, Macron a décidé de la remplacer par un véritable politique dur à cuire et talentueux, son partenaire François Bayrou. Il va devoir faire face à un petit problème : Emmanuel Macron a fustigé le Rassemblement national (ex Front) cause des emplois fictifs qui condamnent le parti par la Commission européenne. Le problème est que le Modem de Bayrou a les mêmes problèmes. Mais si Macron a choisi Bayrou c’est qu’il est conscient que ce dernier peut faire face à Marine Le Pen alors que Loiseau ne le peut pas.

Car pour ce débat, Marine Le Pen remplace Jordan Bardella.

Le Rassemblement national (ex FN) et Jordan Bardella.

Lui non plus on ne le connait pas. A 23 ans il est conseiller régional d’Île-de-France et il s’est ramassé aux législatives et aux départementales. Mais il est beau gosse et séduit un public ; c’est d’ailleurs le choix de Marine. Il est vrai que souvent les candidats RN sont beaux gosses. Mais il a un message à faire admettre qui va à contrario des pensées profondes du Front national : on ne quitte plus l’Euro, ni l’Union européenne. Maintenant on supprime la Commission qui est remplacée par… Rien ! Mais attention on remet vite les frontières pour arrêter l’immigration, le grand leitmotiv de la droite extrême et de la droite. Le migrant c’est le communiste du XXe siècle !

Mais il y a un gros problème avec Bardella : il plait ! Et là on frise le crime de lèse-majesté chez les Le Pen. En effet il réfléchit le candidat et sait répondre aux questions sans sortir les phrases toutes faites de Marine. Cette dernière vient de tenir une conférence de presse à Milan dans le cadre de la réunion des mouvements d’extrême-droite européens, elle s’était amené son candidat. Elle était entourée de micros (lui un seul) et ne lui a jamais donné la parole. Il devait se contenter de hocher de la tête comme, il y a longtemps, les chiens des plages arrière des voitures.

Le troisième tour Macron-Le Pen est en place et les protagonistes se font représenter sans s’affronter directement. Le président ne le peut pas mais ne se gêne pas pour taper sur le nationalisme populaire, et la Le Pen a revu sa copie en profondeur pour essayer de former un groupe nationaliste et anti-européen au parlement européen. 

En réalité l’affrontement est purement national ; c’est le troisième tour de la campagne électorale présidentielle. Le soir du dimanche 26 mai, tous auront gagné, mais les chiffres des nationalistes traditionnels et celui des démocrates entreprenants vont déterminer la politique française pour quelques années. 

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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« Regards croisés » aux puces de Nice.

Aux puces de Nice, des panneaux ont été installés sur les façades extérieures pour recevoir des expositions éphémères. La dernière en date, « Regards croisés », dévoile le travail des artistes Stéphanie Chotia, Loic Deltour et Lionel Bouffier à travers deux séries de photographies complémentaires : « Errances Hypagogiques » de Moko Mad’moiselle – Stéphanie Chotia, et « L’Homme qui Passe » de Lionel Bouffier et Loïc Deltour.

Chacune des deux séries présente une figure solitaire s’exprimant dans un langage de corps sobre et cherchant sa place dans les réalités oniriques suggérées en partie. Les possibles, la destinée, le choix, l’errance, la vie résonnent en écho dans ces deux univers qui n’étaient pourtant pas destinés à se rencontrer. L’exposition sort du cadre habituel de la photographie accrochée en galerie. Ici, les œuvres sont visibles de tout un chacun passant dans la rue. L’exposition est maintenue jusqu’à ce que le temps fasse son œuvre.

« Errances Hypagogiques » de Moko Mad’moiselle

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Bernard Langenstein au château de Vogüé

Dans le jardin suspendu de château, on découvre les sculptures de ces balles rondes imaginées et crées par Bernard Langenstein, graffées par Adrien Roubens, artiste belge de street art. 

Elles sont posées là, empilées près des fermes, disposées le long des chemins, au fond des prés, à la lisière des bois, éparpillées, enchevêtrées, insolemment libres, mais étrangement intégrées dans le paysage. Ces balles d’ensilage, extraites du terroir même et façonnées par l’agriculteur, apparaissent comme de gros fruits surnaturels, mais elles peuvent être vues aussi comme d’incontestables faits plastiques, comme d’authentiques œuvres d’art, car elles possèdent naturellement la puissance de certaines œuvres contemporaines, architecturales ou sculpturales.

Ces apparitions éphémères autant qu’irréelles, ont une vraie présence, une véritable qualité esthétique et une étonnante dimension poétique. Elles semblent porteuses d’une vérité aussi intemporelle qu’énigmatique.

C’est tout cela, en même temps que ce mystérieux processus de réhumanisation des actes d’industrialisation agricole, qui fascine le photographe promeneur plasticien et poète, Bernard Langenstein. Et c’est ainsi qu’il nous donne à voir ces somptueuses et envoûtantes images. 

Pierre Souchaud. Artension. 

« Les agriculteurs-paysans sont des artistes plasticiens sans le savoir… » 

Bernard Langenstein est né à Bron dans le Rhône en 1952 ; après des études de commerce à l’IPC de Colmar, Bernard Langenstein s’intéresse très tôt à la photographie : « Je ne fais que ça dans ma vie, j’ai toujours rêvé d’exposer… j’ai fait des photos très jeune » . 

Influencé très tôt par l’image, il appartient à la troisième génération de photographes dans sa famille ; d’abord photographe professionnel dans un studio à Lyon, il expose pour la première fois dans cette même ville, chez Françoise Souchaud, en 2009, puis à la galerie Gilles Naudin à Paris, l’année suivante. 

Son admiration se porte vers des photographes tels qu’Elliott Erwitt, Sebastiao Salgado, Ansel Adams, des artistes plasticiens comme Anish Kapoor, Pierre Alechinsky ou l’architecte Tadao Ando, tous inspirent son univers artistique. Le travail sur le noir dans ses rapports avec la lumière rappelle la peinture de Pierre Soulages. 

L’objectif de Bernard Langenstein se promène le long des routes, à travers champs, pour capter ces balles de fourrage dont la fonction utilitaire est strictement nourricière… il s’agit de nourrir les vaches pendant une saison. « Il y a une histoire de sens qui me plaît » nous dit le photographe… 

« ET LA MATIERE INCONGRUE DANS L’ENVIRONNEMENT M’INTERESSAIT. » 

Pour lui, l’agriculteur est un « artiste plasticien sans le savoir ». Il se renouvelle chaque année à travers ces sculptures « éphémères et monumentales », dans les alignements ou installations qui transfigurent le paysage. 

Les balles d’ensilage se dressent à l’horizon, imposent au regard leur présence, disséminées ou ornementales… « On est face à un objet qui a un sens… », il s’inscrit dans une chaîne de signification : l’herbe, le lait, la nourriture… ; mais la fonction utilitaire ne contente pas le regard, ce que retient l’artiste, ce sont surtout ces variations de la lumière et du temps sur la surface lisse et brillante : reflets du paysage, prairie, arbres, ciel, nuages… Chaque instant apporte une lumière différente. Partition de couleurs. Parure de fête, hymne au soleil, la couleur ruisselle en de larges aplats comme un rideau de scène sur le monde. 

Miroir du paysage et de ses métamorphoses, Bernard Langenstein poétise le monde jusqu’à nous faire oublier la fonction première de l’objet ; miroir déformant, loin de la réalité, l’objectif nous invite à faire un pas de côté dans cet inconnu du regard : un voyage à travers des images nouvelles, fragiles et puissantes, mais capables de s’effacer à l’instant sous l’effet du soleil, d’un nuage, d’une autre lumière venue d’ailleurs… 

Les Ballerons graffés par l’artiste de Streetart Adrien Roubens investissent le jardin suspendu du château de Vogüé dans un écrin de verdure et de pierre. L’artiste prolonge le travail de Bernard Langenstein, déroule des signes et des motifs pour donner forme et sens à l’imaginaire de chacun. 

Le photographe Bernard Langenstein est représenté par la galerie Gilles Naudin à Paris. 

Il a été exposé par l’UMAM au château-musée Grimaldi de Cagnes-sur-Mer et à la galerie Vision Future à Nice.

Château de Vogüé – 2, impasse des marronniers – 07200 VOGUE

Jusqu’au 30 juin 2019

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Cannes fait le mur 2019

Cette exposition, en partenariat une nouvelle fois avec Paris Match, propose une série de clichés sur le thème « Stars en liberté ». Dix-huit portraits de stars seront ainsi exposés sur des bâches grand format sur des murs pignons d’immeubles et des bâches aériennes tout au long de la rue d’Antibes.

8 bâches sur les murs de la ville

  • Roger Moore et Sean Connery – Hôtel de ville (côté gare routière) ;
  • Tahar Rahim – Lycée Jules Ferry, 81 bd de la République ;
  • Gary Cooper – Hôtel Renoir, 7 rue Edith Cavell – voie rapide ;
  • Natalie Portman – Hôtel Cannes Riviera, 16 bd d’Alsace, vue depuis la voie rapide ;
  • Alfred Hitchcock – Espace Ranguin ;
  • Michelle Williams – Cinéma les Arcades, 77 rue Félix Faure ;
  • Dennis Hopper, Peter Fonda et Jack Nicholson – Entrée de ville à La Bocca, avenue Francis Tonner ;
  • Arnold Schwarzenegger – Gare SNCF de Cannes.

10 bâches aériennes rue d’Antibes

Grace Kelly, Kirk et Anne Douglas, Liv Tyler, Jeanne Moreau, Virginie Efira, Ryan Reynolds, Sophia Loren, Robert Pattinson, Brigitte Bardot, Blake Lively

Du 05 avr. 2019  au 31 août 2019.

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