Menton va-t-elle basculer dans la métropole de Nice ?

A première vue, aucun des trois principaux candidats ne le souhaite ; ce sont leurs dires. Mais cette élection risque de bouleverser les certitudes. Jean-Claude Guibal candidate pour la sixième fois. Cela fait plus de trente ans qu’il dirige la ville, ayant succédé au général Aubert. Il est le représentant des familles qui dirigent la commune et il est marié à Colette Giudicelli qui avait été son adjointe et qui est sénatrice. Mais ce chef qui serait indétrônable semble être arrivé en fin de règne. On dit la sénatrice mal en point, la belle fille du maire n’est pas très appréciée, son époux guère plus et nombreux sont les électeurs qui ne se voient pas continuer avec un maire né à Ajaccio en 1941. Cela lui ferait 85 ans en fin de mandat. Il est malgré tout le candidat choisi par Les républicains.

Jardin Carnoles (Photo C. Gallo)

Autre tendance droite à Menton : celle du centre-droit avec Patrice Novelli. Il a été choisi par Jean-Christophe Lagarde pour avoir l’investiture de l’UDI (Union des démocrates et indépendants) pour l’élection municipale ; il en était déjà le délégué départemental. D’ailleurs d’autres centristes se sont ralliés à lui, en particulier des membres du MoDem et surtout Agir, le droite gouvernementale. Ex premier adjoint, il a la particularité d’être un candidat qui travaille comme chef d’entreprise à Menton, ce qui lui procure l’avantage de bien connaître les habitants en les fréquentant quotidiennement.

Et puis on retrouve Olivier Bettati. Le candidat d’extrême droite ne peut pas se présenter à Nice contre son éternel ennemi Christian Estrosi alors qu’il fut son adjoint. La place est prise par l’ancien Identitaire Philippe Vardon qui siège au Conseil régional sous l’étiquette Rassemblement national. Donc Olivier Bettati a choisi Menton dont il a raté les dernières élections législatives soutenu par le Front national. En 2015 il dirige la liste de Marion Maréchal Le Pen dans les Alpes-Maritimes pour les régionales. Cette fois-ci il est candidat à la municipalité avec une étiquette CNIP et surtout avec le soutien du Rassemblement national.

Tous souhaitent que Menton ne rentre pas dans la métropole d’Estrosi, d’autant plus que l’on se souvient de Xavier Beck, maire de Cap d’Ail, qui y entraîna sa commune une fois élu. Le problème est que Christian Estrosi et Renaud Muselier, le président de la région, soutiennent à demi-mot Olivier Bettati selon Nice-Matin. Pourtant, toujours aux dires du quotidien, « Une partie des Mentonnais n’est pas dupe et voit le candidat niçois comme un « parachuté », un « proche de Marion Maréchal le Pen » qui voudrait faire de Menton un « laboratoire de l’union des droites »

Situation surprenante où le maire de Nice, ne parle jamais du maire sortant qui est dans le même parti que lui ; il faut dire que l’acquisition de Menton et de la Communauté de la Riviera Française permettrait à Christian Estrosi de diluer la dette en appliquant sa taxe foncière métropolitaine à plus de contribuables. Alors si Olivier Bettati est probablement le masque de l’extrême droite, serait-il aussi celui de la Métropole niçoise ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Nice : un aéroport pas écologique mais très économique.

En février 2015 Christian Estrosi avait organisé un référendum pour qu’Emmanuel Macron, alors ministre, ne mette pas en vente l’aéroport de Nice. Ce référendum ,que le Ficanas avait qualifié de « cagade » à l’époque, avait couté 100.000€ aux contribuables pour une participation ridicule dont le résultat était connu d’avance : 97,5% contre la vente des parts de la métropole. Estrosi avait alors déclaré : « Sans cette maîtrise de laéroport, les biens immobiliers des Niçois perdront de 30% а 40% de leur valeur et les grandes enseignes quitteront le territoire azuréen. » Il ne s’était rien passé…

En juillet 2019 le Même Estrosi avait fait voté aux représentants de la métropole la vente de 4 des 5% d’actions détenues. Ce fût 81 millions d’euros de plus dans les caisses. Mais ces 4% rapportaient pourtant 3.300.000 euros par an. Mais tandis qu’à Paris on essaye de monter un référendum populaire au sujet de la vente de Aéroport de Paris, à Nice on a mis les Niçois et les métropolitains devant le fait accompli. Pourquoi tous ces revirements, ces retournements de veste ? D’autant plus qu’un mois plus tard, son ami de toujours, Eric Ciotti annonce également la vente des 4% des parts du département des Alpes-Maritimes au groupe franco-italien Azzura. 

Cet été, Jean-Baptiste Djebarri, secrétaire d’Etat aux transport du gouvernement, n’a pas été débordé par les manifestations nationales. Bien au contraire, il a profité de la une des médias concernant la SNCF et la RATP pour laisser le 20 décembre dernier l’Etat délivrer le permis de construire de 25.000 m2 supplémentaires à l’aéroport de Nice. Dorénavant il fera 97.000 m2. La préfecture des Alpes-Maritimes annonce alors avoir accordé le permis de construire « après les avis favorables avec ou sans prescriptions de tous les services consultés ». Pourtant il faut respecter certaines réserves émises :

  • Respect du plan d’exposition au bruit,
  • Intégration dans le paysage environnant,
  • Respect de la zone Natura 2000 ou se trouvent les oiseux de l’embouchure du Var,
  • Et surtout suivi des émissions de gaz à effet de serre.

Tout va bien dans le meilleur des mondes mais l’extension risque d’engendrer une forte augmentation du trafic aérien, de l’ordre de 50% et plus dans les 10 prochaines années, d’après le Collectif citoyen 06. « Sur le fond, ce projet est en incohérence totale avec tous les enjeux d’urgence climatique », a déploré le cofondateur de cette organisation, Airy Chrétien. Et il ajoute : « En dépit des réserves de l’Autorité environnementale, en dépit des 75% d’oppositions formulées lors de l’enquête publique, en dépit de notre demande de saisine de la Commission nationale du débat public, considérant qu’il y avait collusion, localement, entre la métropole, la préfecture et l’aéroport, en dépit des 500 morts prématurés à Nice du fait de la pollution de l’air, en dépit de tout, le permis a été accordé ». 

Mais alors que l’on prévoit une pollution aggravée sur Nice et ses environs, et quand on voit le nuage de pollution qui couvre la Côte tous les jours, qui est donc bénéficiaire de cet situation ? Un consortium regroupant la société italienne Atlantia (anciennement Autostrade, filiale du groupe Benetton et gestionnaire de l’aéroport de Rome), EDF Invest et la principauté de Monaco.

Les Italiens sont là pour faire des sous et vont probablement accroître le nombre de commerces dans les galeries marchandes du projet. EDF Invest a d’autres problèmes : il faut relancer la filière nucléaire française et surtout continuer à construire le fameux réacteur de Flamanville dont le coût est tellement élevé qu’il coûterait moins cher de produire du caviar plutôt que l’énergie. Quand à Monaco, l’aéroport de Nice leur est indispensable pour la navette entre l’héliport de Nice et celui de Monaco. Car Monaco est le marché d’immobilier de luxe le plus cher au monde. Avec 48.800€ au m2 Monaco a dépassé Hong Kong, Tokyo et New York. Quand on ne travaille qu’avec cette clientèle il faut bien favoriser l’accès à leurs appartements, si par hasard ils leur viendraient l’idée saugrenue d’y aller.

Alors face à ces intérêts que pèsent la pollution, les problèmes respiratoires et la vie des habitants de Nice et de sa métropole ? Rien. Nous sommes là simplement dans une affaire de fric, d’intérêts étrangers pour gaver des actionnaires que l’on ne connait pas. Et pour couronner le tout ces affaires financières sont cautionnées par des élus ou des fonctionnaires de haut niveau peut-être aveugles ou feignant de l’être. Il est vrai qu’ils vont nous parler alors d’emploi et de développement économique comme d’habitude. Mais comme le dit le proverbe : chacun est aveugle dans ses intérêts. 

Christian Gallo – © Le Ficanas ® – photos : Jean-François Ottonello & Patrice Lapoirie

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Pouet-pouet ça veut dire Bonne Année en ouah-ouah.

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L’extrême-droite avance masquée !

C’est triste : au bout de dix ans d’union libre Marine Le Pen et Louis Aliot se séparent. Elle, elle reste dans le nord à Hénin-Beaumont et lui dans le sud à Perpignan. Pourtant ils sont tous les deux à l’origine de la dédiabolisation du Front national. Ils en ont fait le Rassemblement national pour essayer de glaner de nouveaux électeurs, surtout ceux effrayés par les propos racistes et xénophobes du parti. Donc Aliot a loué de beaux bureaux dans le cœur historique de Perpignan, il ne va plus aux réunions du parti à Nanterre et on ne l’aurait pas vu à Fréjus en septembre. N’est-ce qu’une rupture sentimentale ? « Cela arrive à un mariage sur deux. Il y a encore beaucoup d’affectif entre nous. » affirme-t-il ; on est rassuré. Il ajoute « Politiquement, nous restons sur la même ligne. J’ai toujours été en soutien. Je suis et je resterai toujours mariniste. ». Car son problème est de percer le fameux plafond de verre qui empêche d’arriver au pouvoir. Il est quand même député le monsieur… Pourtant Marine Le Pen consomme allègrement au sein du FN : Franck Chauffroy, Eric Lorio et enfin Louis Aliot.

Alors on se pose une question Aliot est-il le candidat du Rassemblement national ? Bien sûr, mais pas tout seul. Déjà Robert Ménard va venir en janvier et peut-être l’ex sarkozien Thierry Mariani pour le soutenir. Sur sa liste on trouve déjà Marion Bravo qui sort du mouvement de Valérie Pécresse. Et ce n’est pas fini. Il faut ramasser dans tous les partis pour faire sauter le fameux plafond de verre. Pour être élu, agissons masqués !

REUTERS/Eric Gaillard

Aliot n’est pas une exception et à l’autre bout de la Méditerranée française il y a Menton. Et là rebelote. Olivier Bettati n’était pas l’amant de Marine Le Pen, il n’a même jamais été au Front national ni au Rassemblement. Pourtant on l’a vu dans tous les meetings de Marine et même de Marion. Nice étant un fief impossible à conquérir, lui aussi ratisse large à Menton pour casser le fameux plafond. La députée Alexandra Valetta-Ardisson, LREM tendance déclare : « Bettati veut faire de Menton un laboratoire marioniste ». Le Ficanas lui-même avait remarqué cette ouverture, qui virait au grand écart dans un article : Menton : Olivier Bettati est-il de gauche ? L’article avait fait rire, tant mieux, mais aussi réfléchir, tellement de candidats d’origines singulières se pressant sur sa liste. Olivier Bettati avait répondu « Par contre je ne suis pas un idéologue, une liste doit être le miroir dune ville. Je vais choisir des gens pour leurs compétences pas pour leur étiquette politique, sans ostracisme quils soient RN, LR, centriste, écolo ou de gauche. » C’est clair : on ratisse large pour arriver au pouvoir. Il vient d’inaugurer sa permanence derrière la gare routière et confirme sa recherche tout azimut. Maintenant on attend qu’un programme corresponde à ce rassemblement mais « On reparlera du programme, de culture, de smartcity, de jeunesse, de ville verte. ». Ce sera probablement après les rois quand les opposants auront fait connaitre le leur. 

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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J’ai fini la déco.

Jeudi, je range tout pour l’année prochaine…

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Estrosi invente les boutonnières républicaines !

Ce n’est pas une blague; Une photo de Bébert sur le port de Nice nous montre Christian Estrosi, maire de Nice, président de la métropole Nice-Côte d’Azur, président délégué du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Surprise il vient d’inventer, probablement avec l’aide de son tailleur, les boutonnières républicaines ! Cette nouvelle mode sera-t-elle imposée à tous les élus de la République ? Surveillons Emmanuel Macron pour voir si l’initiative de Christian Estrosi va l’inspirer.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Nice : un écolo-rigolo pour les municipales !

La Voix de son Maître, organe officiel local, publie un sondage pour soutenir le maire sortant. L’enjeu est le suivant : sera-t-il élu au premier tour ou devra-t-il attendre le second. C’est en fait la seule incertitude de ce scrutin. Dès le départ seraient balayés Patrick Allemand (PS ou ce qu’il en reste), Cédric Roussel député LREM, Mireille Damiano (PCF & LFI). Qui oserait alors tenir tête à Christian Estrosi en ayant la chance de devenir peut-être conseiller municipal d’opposition ? Aux dires du quotidien il en reste deux : Philippe Vardon, l’ex identitaire devenu Rassemblement national et Jean-Marc Governatori et sa liste 100% écolo.

Il y a plusieurs années de cela, j’étais président et directeur de la plus grande association de demandeurs d’emploi de France (qui ne manifestaient pas mais cherchaient du travail), je reçus le fameux Jean-Marc Governatori, accompagné de son fils. Il venait m’exposer la théorie des trois zéros. Cela devait permettre d’éradiquer le chômage en France. Je trouvais cela amusant, ne le lui dis pas, et l’envoyais chez mon vice-président qui me le reprocha pendant plusieurs mois… Nous vîmes peu de temps après fleurir des panneaux 4mX3m sur les murs de Nice. On y voyait des starlettes rêvant de devenir un jour Miss France en sa compagnie…

Car Governatori est riche. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il va séduire des politiques tout au long de sa vie. Il était, dans le cadre familial, directeur de magasins de meubles : Atlas, Fly, Basika, Planet Wood… Il sera d’ailleurs couronné à deux reprises « Meilleur gestionnaire de France » par, on s’en serait douté, le Mobilier européen. Il dit s’être vu attribué un Trophée de l’Emploi mais on ne sait pas par qui… Bref il vend les parts qu’il possède de ses magasins et se lance dans l’écologie et la politique.

  • 1997 Législatives, divers droite 4,6 % dans sa circonscription.
  • 2001, il passe à l’UDF.
  • 2002 candidat aux législatives, 1 voix. Il se serait reporté sur une autre liste en fait. La même année il est condamné à un an d’inéligibilité par le Conseil constitutionnel pour n’avoir pas déposé ses comptes de campagne.
  • 2004 il fonde « La France en action », puis « La France d’en bas » avec Francine Gomez, ancienne PDG de Waterman et opposante à Bernard Tapie. Il candidate alors aux élections européennes et réalise 1,55% des voix.
  • En 2007 il n’arrive pas à obtenir les 800 promesses de parrainage pour être candidat à l’élection présidentielle : il en obtient 11! Il se présente aux législatives à Nice et obtient 258 voix (0,74% des votes exprimés).
  • En 2009 il est tête de liste Alliance écologiste indépendante pour les européennes en Île-de-France et obtient 2,97% des voix.
  • En 2010, tête de liste en île-de-France pour les régionales , il obtient 1,40%.
  • En 2011 il annonce qu’il sera candidat aux présidentielles de l’année suivante et dépose une quarantaine de marques politiques.
  • En 2012, grande année : il obtient une reconnaissance nationale en faisant une grève de la faim « à mi-temps » devant le Conseil national de l’audiovisuel pour protester contre le manque de temps d’antenne accordé aux petits candidats. Il va avoir une belle couverture télévisuelle. Pourtant aux législatives qui font suite, il se présente dans les Alpes-Maritimes et obtient 324 voix (0,71% des suffrages).
  • En 2015 il est tête de liste de l’Alliance écologiste indépendante aux régionales. Il obtient, 4,05% des suffrages qu’il offre à Christian Estrosi au deuxième tour.
  • Cette année, 2019, il repart avec la liste Alliance écologiste indépendante où il est nommé « Référent végétarien vegan ». Mais un gros problème le heurte déjà à Francis Lalanne. En effet Governatori se serait porté caution financière pour 800.000 euros pour la liste Alliance jaune de Lalanne. Mais il n’en verse que 300.000…

Aujourd’hui le quotidien local l’annonce présent au deuxième tour des municipales niçoises. Est-ce parce qu’il serait écologiste ? Sûrement pas à cause de ses résultats passés. Mais il vrai qu’Estrosi l’aimerait bien au Conseil municipal pour ne pas se retrouver seul face à Vardon et le Rassemblement national. Et puis quitte à ne pas être élu au premier tour, pourquoi pas face à un copain des dernières régionales ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Monaco : Philippe Pastor et ses Arbres Brûlés.

Monaco Modern art présente actuellement Philippe Pastor qui présente pour l’occasion une remarquable installation de 28 sculptures des Arbres Brûlés, ainsi qu’une série de nouvelles toiles monumentales convoquant la responsabilité de l’homme face à l’environnement. Témoignage d’un écosystème détruit, ses œuvres soulignent toute la beauté, la complexité et la résilience d’une nature qui renait toujours de ses cendres.

Jusqu’à 7°C supplémentaires à la fin du siècle, cyclones, ouragans, villes indonésiennes noyées sous la montée des eaux, Amazonie en flamme, Californie évacuée suite aux ravages de Cal Fire, la liste est encore longue…Est-ce que ce monde est sérieux? Si nous sommes aujourd’hui plus que jamaisinformés des catastrophes naturelles qui ravagent la planète, le monde semble marcher sur la tête, entrainé dans unprocessus exponentiel qui paraîtirrémédiable. A travers cette nouvelle exposition de peintures et sculptures, Philippe Pastor interroge ce chaos et la force destructrice de l’Homme, dirigéecontre ses semblables et son environnement. Dans la première salle, l’artisteinvestit l’espace avec une installation de la série emblématique des ‘‘Arbres Brûlés’’,composée d’un ensemble de 28 sculptures constituées de troncs noirs calcinés. Silhouettes majestueuses érigées en bosquets, les arbres sont ainsi ramenés à la vie et imposent leur présence troublante.

C’est afin de sensibiliser le public aux incendies de forêtsque Philippe Pastor crée cette série en 2003, au cœur du Massif des Maures. Devenu symboles de la lutte contre la déforestation, ‘‘Les Arbres Brûlés’’ furent présentés à travers le monde, notamment dans le cadre de la Campagne ‘‘Plantons pour la Planète’’, organisée par l’UNEP. La version noire ici présentée, conçue pour l’intérieur, nous remémore l’installation monumentale intégrée au Pavillon de Monaco, lors de l’Exposition Universelle de Milan en 2015. Elle contraste avec l’installation, ponctuée de couleur, implantée le mois dernier au jardin Sacha Sosno de Nice.

Monaco Modern’Art – 27, Avenue Princesse Grace Monaco

Jusqu’au 2! février 2020

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Un avenir post mortem radieux !

Une exposition du quai Branly, actuellement au musée des Arts asiatiques de Nice.

Palace Paradis : Offrandes funéraires en papier de Taiwan.

Qui n’a jamais rêvé de retrouver les plaisirs terrestres après la mort ?

Telle est la fonction des objets funéraires en papier de Taiwan, brûlés pour assurer le confort des défunts dans l’au-delà. À la suite d’un décès, les familles achètent des substituts d’objets réels en papier, montés sur une structure de bambou, qu’ils envoient au disparu en les brûlant, accompagnés de monnaies funéraires – billets et pièces de papier en usage dans le monde des morts. De la maison miniature aux copies d’articles de luxe, ces créations hyperréalistes ne négligent aucun détail. Rien n’est laissé au hasard : programmes du lave-linge, smartphone équipé d’applications spéciales « paradis » et berline avec chauffeur.

Détruits par les flammes, les objets funéraires de papier n’ont pas laissé de traces matérielles mais des textes chinois les mentionnent dès le VIIIe siècle. Leur fonction rappelle celle des simulacres en terre cuite (mingqi) déposés de manière généralisée dans les tombes à partir de la dynastie des Han (206 avant notre ère à 220 de notre ère) pour recréer l’environnement familier du défunt.

Conçue en partenariat avec le Centre Culturel de Taiwan à Paris, l’exposition présente un ensemble de créations des ateliers Hsin Hsin et Skea réalisées exceptionnellement pour le musée du quai Branly – Jacques Chirac.

Ne vous fiez pas aux apparences.

Ces répliques de papiers s’inspirent des vanités de la société de consommation pour les faire partir en fumée. Le luxe exprime des valeurs profondes comme la famille et la mémoire des ancêtres…

MAISON DE RÊVE

Les ateliers de papiers taiwanais accordent un soin particulier à la réalisation de la maison, qui doit être l’offrande la plus spectaculaire. Celle-ci peut être de style moderne ou, plus classique, en forme de temple avec ses colonnes et agrémentée d’un décor de fleurs et dragons. À l’intérieur, une effigie en papier du défunt porte un titre de propriété immobilier, ainsi quel’inventaire des biens et de la somme d’argent envoyés par sa famille, ceci pour éviter que les offrandes ne soient dérobées par des fantômes affamés.


CONFORT INTÉRIEUR

La maison est brûlée avec autant de pièces meublées et d’équipements que possible. Ces offrandes créent un intérieur confortable et fonctionnel :salon avec « home cinéma », produits de toilette, réfrigérateur, bouilloire et thermos pour le thé, etc.Le divertissement n’est pas oublié non plus avec les jeux de société ou encore le matériel de karaoké. Ces répliques de papier peuvent être de facture très modeste ou industrielle mais les familles peuvent aussi faire appel à des ateliers spécialisés pour commander des ensembles luxueux,adaptés à la personnalité du défunt.

BUFFET À VOLONTÉ

Les vivants offrent aux morts des biens, de l’argent et de la nourriture afin qu’ils deviennent des ancêtres protecteurs. Lors du rituel funéraire,le défunt peut être nourri par des répliques de mets en papier à brûler.Les autels aux ancêtres disposés dans les maisons doivent aussi recevoir régulièrement de la nourriture. À l’inverse, les esprits des morts courent le risque de se changer en fantômes affamés s’ils souffrent de la faim et de la négligence de leurs descendants.

SHOPPING PARADIS ET OFFRANDES HIGH-TECH

Le monde des morts a toujours été à l’image du nôtre, il suit les modes et les nouvelles technologies. Dès le IIIe siècle avant notre ère, les objets de terre cuite enfouis dans les tombes (mingqi) reflétaient les cultures matérielles de leurs contemporains. Aujourd’hui, les répliques d’articles de grande marque peuvent être de simples copies bon marché ou des reproductions hyperréalistes, presqu’aussi coûteuses que leurs modèles. Sacs à main, bijoux, et tenues de soirée… Les ateliers d’objets funéraires en papier offrent un large choix inspiré des marques les plus prestigieuses.Les offrandes doivent aussi être à la pointe du progrès : casque sans fil,appareil photo reflex numérique et ordinateur portable. Certains ateliers proposent tablettes et smartphones de papier équipés d’applications virtuelles censées fonctionner dans le monde des morts.

V.I.P.

Jet privé, yacht et gardes du corps, rien n’est trop beau pour honorer un défunt et lui assurer le meilleur statut social dans l’au-delà. Les véhicules et les monnaies funéraires ont toujours eu une signification particulière.Traditionnellement, un cheval ou un palanquin de papier, avec des figurines de serviteurs, étaient brûlés après le dernier souffle d’une personne. Aujourd’hui, la voiture de luxe avec chauffeur joue le même rôle et conduit l’âme au paradis avec prestige.

DAI-SHI-YE ET LE GARDIEN LIBÉRATEUR DES FANTÔMES AFFAMÉS

Un défunt qui ne reçoit pas de rituel funéraire et de culte des ancêtres peut devenir un revenant affamé. Ces entités dangereuses se manifestent souvent pendant les rêves et entraînent calamités et maladies. Chaque année, lors de la fête des fantômes affamés, de la nourriture et des objets de papier à brûler leur sont offerts pour les apaiser. Dai-Shi-Ye est une forme particulière de Guanyin, un être éveillé(bodhisattva) resté dans le monde par compassion. Avec ses cornes, ses crocs et les flammes qui sortent parfois de sa bouche, il effraie les fantômes affamés pour les maîtriser. Trop puissante pour être conservée, la sculpture de papier de Dai-Shi-Ye est brûlée à la fin de la fête des fantômes affamés. Elle accompagne ainsi les âmes errantes vers les enfers et les paradis.

Du vendredi 20 décembre 2019 au dimanche 29 mars 2020

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Nice : Dongba au musée des Arts asiatiques.

Après deux mois de travaux, pour réaménager le parvis, le musée des Arts asiatiques rouvre ses portes avec de nouvelles expositions.

DONGBA

Pour lancer sa programmation d’expositions 2020, le musée départemental des arts asiatiques de Nice propose à son public une exposition inédite, la première consacrée à l’identité naxi et à la culture dongba en Europe.

Les Naxi sont une minorité ethnique vivant dans le sud-ouest de la Chine, à la jonction des provinces du Yunnan, du Sichuan et de la région autonome du Tibet. Une société originale s’est développée dans ce carrefour d’échanges culturels, commerciaux et religieux depuis des siècles.

Les prêtres-chamanes Dongba (« Ceux qui savent ») sont les premiers dépositaires des savoirs traditionnels et sacrés des Naxi. Se transmettant de maître à apprenti les savoirs et coutumes, les Dongba ont retranscrit les danses et chants rituels accompagnant plus de 130 cérémonies ainsi que leurs mythes et légendes au moyen de pictogrammes. Désormais, la transmission de la culture dongba aux jeunes générations ne s’opère plus de manière traditionnelle mais au sein d’écoles d’apprentissage et par la réintroduction de cérémonies dans certains villages. Les manuscrits dongba, principal support de ce qui constituerait la dernière écriture pictographique au monde, ont été inscrits par l’UNESCO en 2003 au registre « Mémoire du monde ».

L’exposition présente l’environnement religieux des Naxi à travers les manuscrits, les peintures, les costumes et les instruments utilisés encore aujourd’hui par les maîtres Dongba lors des cérémonies rituelles. L’événement est aussi l’occasion de montrer la place de cette tradition dans la création contemporaine avec une sélection d’oeuvres réalisées par des artistes naxi de premier plan.

Des pictogrammes à l’art contemporain en passant par la mythologie et les costumes,cette exposition à la fois ethnologique et artistique est une véritable invitation au voyage et nous emmène au pied de l’Himalaya, où les Naxi continuent de faire vivre leurs traditions.

Les années 1980 et 1990 ont été marquées par le développement économique de la Chine et la transition vers la modernité. Depuis la fin des années 1990, Lijiang,capitale des Naxi, est devenue une destination privilégiée pour le tourisme national et international. Dans ce contexte de modernisation fulgurante, on assiste à une recrudescence de l’intérêt des chercheurs du monde entier, d’institutions culturelles chinoises et étrangères et d’artistes pour la culture dongba.

L’art contemporain dongba joue un rôle fondamental de transmission dans la société moderne naxi et reflète la prise de conscience des artistes concernant un patrimoine toujours menacé d’extinction. L’École d’art moderne dongba réunit des peintres,des sculpteurs et des calligraphes qui puisent dans le répertoire iconographique traditionnel (pictogrammes, panthéon, représentations des ancêtres) et s’inspirent des croyances de la culture dongba, selon laquelle tout élément de la nature est doté d’un esprit et de sentiments pouvant communiquer avec les êtres humains.

Du dimanche 15 décembre 2019 au dimanche 05 avril 2020

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