Lavez-vous à la socca !

Qui pouvait croire que la socca était devenue la panacée ? Maintenant il n’est pas nécessaire de la passer au four et contentez-vous de l’ingrédient de base, la farine de pois chiche. Les shampoings et bains-douche du commerce sont composés d’ingrédients qui ont tous les avantages sur l’étiquette, mais qui parfois abîment les cheveux ou la peau. Autant utiliser des éléments naturels comme la farine de pois chiche qui est considérée comme un excellent soin lavant. Pourtant dans le pays de la socca on ne cultive plus le pois chiche et on importe la farine d’Espagne.

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Dans un bol vous mettez la farine de pois chiche, puis vous rajoutez un liquide tiède : de l’eau si vous avez les cheveux normaux ou gras, du lait s’ils sont secs. Pour les rendre brillants rajouter un peu de sirop d’agave. Vous mélangez bien au point d’obtenir une pâte à gâteau liquide. Ensuite vous allez sous la douche et vous vous mouillez les cheveux. Appliquez alors la pâte et massez le cuir chevelu. Avec la pâte restante lavez-vous le corps, c’est très doux. Rincez-vous abondamment les cheveux après avoir laissé reposer la pâte de pois chiche un moment. S’il reste quelques traces elles partiront au brossage.

Vous allez constater que vos cheveux sont plus doux et surtout plus volumineux. En outre ils ne sont plus gras, même une semaine après avoir été lavés ! Attention ce shampoing est déconseillé à ceux d’entre-vous qui ont les cheveux frisés où alors ils sont prêts pour un rinçage très très long…

La socca a plus de 8.000 ans. Les égyptiens, les mésopotamiens en consommaient déjà. Les belles orientales l’utilisaient-elles déjà pour leur beauté ? A votre tour maintenant…

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Nice : la métropole va-t-elle ruiner ses habitants ?

L’investissement est la priorité du président de la métropole, Christian Estrosi. Déjà endettée par la construction d’une ligne de tramway qui devrait coûter 800 millions d’euros (1 milliard estime Eric Ciotti), par la construction d’un stade démesuré et le plus cher de France par rapport à sa fréquentation, la métropole niçoise envisage d’augmenter son budget : 114 millions avaient été votés en 2017, il sera en fait de 382 millions. Celui de 2018 devrait être de 414 millions.

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Pour réunir ces sommes considérables Christian Estrosi va agir sur deux leviers : d’une part la vente des parts qu’elle possède dans l’aéroport Nice-Côte-d’Azur (une centaine de millions d’euros) et surtout une hausse de la fiscalité locale. Une taxe va être appliquée aux habitants de la métropole d’un montant de 6,4% sur le foncier bâti. Cette taxe devrait rapporter 63 millions d’euros. Aux dires de Christian Estrosi, elle compense une baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et surtout la disparition progressive de la taxe d’habitation voulue par le gouvernement. Le problème est que cette dernière ne s’adresse qu’à 80% des habitants et qu’elle ne sera que progressive d’ici 2020. En outre une grande partie de la population, non imposable, ne la paye pas mais paiera dorénavant la nouvelle taxe foncière.

En outre, sur la ville de Nice, Christian Estrosi a fait voter au Conseil Municipal une majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires qui va passer de 20 à 60%. Même la gauche municipale soutient cette mesure et l’on est surpris de constater que de nombreuses résidences secondaires soient subitement mises à la vente. Dans les Alpes-Maritimes seules trois villes perdent des habitants chaque année : Nice, Cagnes-sur-Mer et Saint-Laurent-du-Var, trois villes de la métropole. Quand elle fut crée on a expliqué que ce rassemblement de communes allait permettre la mise en commun des services publics pour faire baisser les taxes et impôts demandés aux habitants. Aujourd’hui on a la confirmation qu’il s’agit de la simple création d’un outil économique avec les fonds des contribuables qui d’années en années crée un territoire de luxe qui risque de ruiner ses habitants.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Nice brade son aéroport.

Qui a oublié le fameux référendum monté par Christian Estrosi en février 2015 et surtout la campagne promotionnelle organisée pour empêcher la privatisation de l’aéroport Nice-Côte d’Azur que voulait Emmanuel Macron, à l’époque ministre de l’économie ? Malgré la publicité interne organisée à l’époque seuls 36.195 Niçois sur 216.000 électeurs y avaient participé. 97,5 % ayant rejeté la privatisation, Christian Estrosi s’en félicitait «Le ministre de l’Économie ne peut pas ne pas tenir compte de ce qu’ont dit les Niçois ce soir.»

Crédit Photos Aéroports de la Côte d_Azur

Photo : Aéroports de la Côte d’Azur

Ça c’était il y a trois ans. Mais aujourd’hui, vu la dette abyssale de la métropole Nice-Côte d’Azur (Eric Ciotti a parlé de 5,5 milliards ce matin à la télévision), il faut bien vendre les bijoux de la couronne. Alors le maire de Nice déclare que la métropole allait « valoriser une partie des parts (dont elle) dispose dans le capital de la société aéroportuaire. Ce qui nous permettra de dégager une recette prévisionnelle de 100 millions d’euros sur 2018-2020 » ; c’est à dire vendre. Et il ajoute que cette vente « va permettre de mettre en œuvre notre plan d’investissement. D’alléger de 30 millions d’euros minimum le niveau de notre emprunt ». La métropole ne conserverait alors que 1% des parts de l’aéroport international pour conserver « la maîtrise sur les décisions stratégiques les plus importantes. »

Ce référendum de 2015 était donc bidon, puis-qu’inutile en son temps et bradé aujourd’hui. Enfin, cela doit faire plaisir aux 36.195 Niçois qui avaient voté.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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La guerre Estrosi-Ciotti : la conquête des médias.

On n’a même plus le temps de se retourner ; il y a trois semaines on publiait « La guerre Estrosi-Ciotti : la conquête des territoires. » et déjà tout est déballé à la télévision. Jeudi dernier Christian Estrosi a déclaré qu’il serait « bien évidemment » candidat à sa succession aux municipales prévues en 2020. Tandis qu’on lui demandait ce qui se passerait s’il devait affronter Eric Ciotti, le maire de Nice affirmait à propos des électeurs : « Ils auront à choisir. Est-ce qu’ils sont satisfaits du maire sortant ? J’ai toujours eu une dizaine de candidats contre moi. Un de plus, un de moins… » C’est d’ailleurs ce qui l’arrange ; il a été élu maire de Nice une fois sur une quadrangulaire et une fois sur une triangulaire. Il a donc tout à gagner à la candidature du député.

estrosi ciotti LA GUERRE Noir

Alors Eric Ciotti part à l’attaque sur BFMTV où il annonce, au sujet de son éventuelle candidature à la mairie de Nice : « J’y réfléchis ». Ah bon ? Il y avait un doute vu la guerre engagée depuis des mois ? Il faut dire que la visite du premier ministre et du ministre de l’Intérieur la semaine dernière à Nice fait grincer des dents Ciotti. On sait qu’Emmanuel Macron souhaite, à l’occasion des municipales de 2020, emporter les mairies des grandes villes de France (son parti étant insuffisamment implanté pour enlever les petites et les moyennes). Nice pose un réel problème : l’électorat départemental anciennement sarkozien, puis fillonesque et qui pourrait devenir ciottiste est très implanté à droite et à l’extrême-droite . Il faut donc pour Nice un homme de droite et non pas du centre. C’est le cas de Christian Estrosi, mis à part sa caution centriste mais usée qui est Rudy Salles.

Le problème est qu’Eric Ciotti est chargé par Les républicains du choix des candidats pour la France entière : va-t-il se sélectionner lui-même ou bien choisir Estrosi ? En attendant on connaît le thème de campagne du député : « Nice c’est aujourd’hui plus de dette, plus d’impôts, plus de dépenses publiques. Donc il y a des difficultés, il y a des inquiétudes qui s’annoncent. Je veux mettre en garde sur cette dérive parce que si les dépenses continuent à ce rythme, les Niçois vont payer une très très lourde addition ». Ciotti parle même de trois milliards d’euros. Est-ce là oublier la dette du Conseil départemental qu’il a quitté il y a peu ?

Donc la guerre médiatique est commencée. Mis à part le quotidien local financé entre autre par la publicité de la mairie, de la métropole et du Conseil départemental et que se retrouve le cul entre deux chaises, ce sont au médias nationaux que s’adressent les deux impétrants. A croire que l’élection niçoise de 2020 est devenue un exemple national de la rupture de la droite. Tandis que Christian Estrosi aime à être proche des médias, Eric Ciotti les accuse de tous les maux à l’exemple de son patron Laurent Wauquiez comme Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Rassurez-vous, braves électeurs, la commedia dell’arte va encore durer deux ans !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Faut-il modifier la loi sur les héritages ?

L’héritage de Johnny Halliday fait les beaux jours des bulletins d’information et des émissions débats de la télévision. Après les Jeux Olympiques, l’héritage ça fait de l’audimat. Le chanteur a décidé dans un testament de laisser sa fortune à ses deux dernières filles et à sa dernière épouse estimant qu’il avait fait des dons de son vivant à ses deux premiers enfants. Par cela il rédige son testament aux États-Unis où la loi lui permet de choisir ses héritiers.

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En France, même s’il n’y a pas de testament, si le défunt a un seul enfant il hérite automatiquement de la moitié de la succession, s’il y en deux ils se partagent les deux tiers et s’il y en a trois ou plus, ils se partagent les trois quarts. Bill Gates, probablement l’homme le plus riche du monde, possède une fortune évaluée à 77 milliards d’euros ; il a trois enfants qui n’hériteront que de 7 millions chacun. Le reste est dévolu à des associations caritatives et à des fondations. Il affirme « Je leur ai dit qu’hériter de grosses sommes d’argent, ça n’est pas une bonne chose. Evidement, peut-être qu’ils ne seront pas d’accord, mais l’on restera fermes là-dessus, parce que c’est probablement la meilleure chose pour la société que cet argent retourne à ceux qui en ont le plus besoin. »   

Il n’est pas le seul à estimer que les enfants doivent trouver tout seuls les moyens de gagner de l’argent.

L’héritage français vient d’une tradition judéo-chrétienne qui met la famille au centre de la société. A notre époque les Français vivent de plus en plus vieux ; on décède facilement après quatre-vingt ans et les enfants héritent à la soixantaine c’est à dire à deux doigts de l’âge de la retraite. Les biens ou l’argent qu’ils héritent se transforment alors en assurance-vie ou en immobilier et ne sont pas investis dans une activité professionnelle ; ils ne deviennent pas un moteur du développement économique. Pourtant la France n’est pas une société d’héritage, puisque l’héritage moyen serait de 32.309 euros seulement. Mais cette obligation légale qui fait des entants des héritiers n’est-elle pas le signe d’un manque de liberté individuelle ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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La guerre Estrosi-Ciotti : la conquête des territoires.

Quand on pense que les Français doivent se contenter de l’affaire Hulot et de l’héritage de Johnny, dans les Alpes-Maritimes nous arrivons à la troisième phase de la guerre entre Christian Estrosi et Eric Ciotti dont l’objectif est la conquête des territoires. Tout cela est provoqué par le président de la République Emmanuel Macron. Sa future réforme devrait entrainer la disparition d’un certain nombre de députés et de sénateurs et une modification territoriale des métropoles.

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Eric Ciotti, ancien président du Conseil départemental, est député de la première circonscription des Alpes-Maritimes et questeur de l’Assemblée nationale. Justement, dans le cadre de la diminution du nombre de députés, ce serait cette circonscription qui devrait disparaître. Si c’était le cas Eric Ciotti n’aurait plus de fonction d’élu et serait seulement le président de la commission d’investiture du parti Les républicains. Grosse perte de revenus pour financer une éventuelle campagne à la mairie de Nice.

Christian Estrosi avait été chargé par Nicolas Sarkozy de créer la première métropole de France. Elle devait couvrir la totalité du département, mais devant les refus des maires elle ne finira par en couvrir qu’un tiers. Aujourd’hui Emmanuel Macron envisage de supprimer les départements là où il y a des métropoles. De ce fait Estrosi deviendrait alors président d’une métropole qui verrait disparaître le Conseil départemental.

Dans le cadre des métropoles on a vu les pouvoirs des maires des communes qui les composent s’amenuiser puisque le patron de la métropole en question les réunit pratiquement tous. Cela n’enthousiasme pas les maires de Cannes, Antibes, Grasse, Menton qui d’une part vont perdre une partie de leurs décisions et d’autre part devront répartir sur les têtes de leurs administrés la dette en cours de la métropole Nice-Côte d’Azur. Il faudra même rajouter à cette dette, celle du Conseil départemental.

Alors dans le cadre de la conquête des territoires, Eric Ciotti essaye de convaincre en permanence les maires des communes du département d’aller dans son sens. Première escarmouche Jean Léonetti, le maire d’Antibes, qui déclare au quotidien local que Christian Estrosi doit choisir entre les Républicains et Macron. Outre la métropole, le département est formé de quatre communautés d’agglomération et de deux communautés de communes. Quatre d’entre elles se sont réunies à Antibes et ont décidé de fonder un pôle métropolitain : Sophia Antipolis, Cannes Pays de Lérins, Pays de Grasse et Alpes Azur. A savoir : Jean Léonetti (maire d’Antibes), David Lisnard (maire de Cannes), Jérôme Viaud (maire de Grasse) et Charles-Ange Ginesy (président du Conseil départemental). Il manque la Riviera française (Menton) non rattachée géographiquement et la communauté des Pays du Paillon.

Pas beaucoup d’explications sur les objectifs de ce pôle, mais surtout une alliance politique vis à vis de Christian Estrosi. D’ailleurs Eric Ciotti s’est exprimé dans la presse contre la disparition du département.

Mais la position de Christian Estrosi est encore incertaine. Les élections municipales de 2020 sont un gros enjeu pour Emmanuel Macron. Du fait de sa jeunesse En marche est mal implanté dans les grandes villes françaises. L’objectif du président est de conquérir toutes les grandes communes (futures métropoles) avec des candidats neufs qui vont virer les vieux politiques qui trop souvent les dirigent. Nice devient alors un problème car doit-on considérer Christian Estrosi, comme un jeune ou un vieux ? Il est rentré en politique en 1988, c’est à dire il y a 30 ans déjà. Et comment être élu dans un département qui a mis Marine Le Pen en tête lors du premier tour des présidentielles ? Se rapprocher du centre n’est-il pas dangereux face à un Ciotti que se rapproche de la droite de la droite ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Nice : exposition Nars-Eddine Bennacer

« Journeys into the Future Through the Sea of the Past »

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les penseurs, les universitaires américains et européens envisagèrent un ordre planétaire qui s’incarnait dans un mondialisme naissant. L’interdépendance culturelle, économique et sociale était considérée comme caractéristique d’une époque à venir. Plus d’un demi-siècle plus tard, notre monde connaît d’incessants confits raciaux, ethniques et religieux. Cela a stimulé ici et la des politiques identitaires qui se nourrissent de préjugés anciens et nouveaux, qui peuvent être affectés par l’idée sanglante d’un nationalisme moderne. Les questions d’immigration et de sécurité frontalières dominent les discours politiques actuels, tel cet appel retentissant à construire des murs. Le Brexit, la crise des réfugiés, la montée du populisme et des groupes de droite aux États-Unis, en Europe et ailleurs ne sont que des rappels à la fois glacés et brûlants.

L’exposition intitulée en français « Les voyages vers l’avenir à travers la mer du passé » sont la réponse de l’artiste Nars-Eddine Bennacer à la situation globale actuelle. Rassemblant installations, peintures, vidéos et photographies, l’exposition explore les notions d’identité et de frontières par rapport à la géopolitique et à la violence, mais aussi par rapport à la psyché individuelle. À l’heure où la division l’emporte sur la mobilisation et où les confits et les préjugés sont omniprésents, cette exposition présente une enquête pertinente et nécessaire sur une politique néolibérale omniprésente, même si elle est le fruit d’un voyage personnel et intime.

Joud Halawani Al-Tamimi, Amman, 2017.

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AUTODAFE, technique mixte sur papier Japon 237 x 160 cm, 2017

Loin de quelques-uns et parmi beaucoup d’autres, on pourrait décrire le port de Marseille par les distances avec lesquelles les gens perçoivent sa position dans leur vie. Les distances géographiques ne sont pas nécessaires lorsque les préjugés dictent l’aliénation, bien que l’amour soit souvent exprimé quand on parle de Marseille. Quand j’ai émigré à Aix-en-Provence une ville qui s’oppose à Marseille dans l’ethos, mais proche géographiquement, je ne parlais pas un mot de français, mais j’étais très attiré par les formes de rap populaire qui se chantaient dans un créole arabe, Français et Rom. L’un d’entre eux a chanté un bateau bien-aimé qui allait les sortir de la misère. C’était en 2006. Reda Taliani et le groupe 113 chantaient une réalité que je ne connaissais pas et que je ne comprendrais que lorsque je vivrais dans les foyers d’étudiants avec des amis originaires d’Afrique. Des artistes français, d’Algérie, du Mali et de Guadeloupe ont chanté la chanson filmée autour de la corniche de Marseille. Sur un ton de rêverie nihiliste, ils racontent leur vie loin de leurs terres. C’est alors que j’ai pris conscience de la proximité de Marseille dans l’esprit de millions de personnes qui attendaient leur départ vers le port, atteignant une ville familière dans un pays qui refusait l’appartenance raciale, linguistique, alimentaire et religieuse. Cette Babel de la décolonisation arrête le rythme du temps et l’idée de l’espace pour défier son colonisateur.

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Erreur 404, 2016, lithographie, 61 x 50cm

Les gens viennent parler entre eux malgré leurs nombreuses langues. La responsabilité d’acquérir une langue étrangère revient souvent au locuteur le plus défavorisé ; défavorisé en termes de droits politiques, matériels et sociaux. La familiarité avec une langue étrangère ne résulte pas seulement du processus d’agression et de domination étrangère, mais d’une poursuite acharnée du changement, en particulier de sa situation matérielle. Pourquoi les artistes d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie ont-ils acquis les compétences en peinture, perfectionnées dans les écoles du classicisme européen ? Même la peinture orientaliste du colon adhérait au besoin de parler, d’enregistrer une histoire, d’imaginer un passé, et de trouver une vocation. La pratique artistique en tant que vocation est souvent un exercice non répertorié de l’histoire de l’art, attribuant ainsi à «l’Acte artistique» des préoccupations plus métaphysiques, esthétiques, intellectuelles et politiques. Devrions-nous reconnaître les préoccupations rudimentaires d’un artiste qui reflètent le quotidien ?

Les artistes brillent dans la réalisation habile quand ils sont au travail ; le dessin est un de ces exercices. Sa radicalité se réalise plus essentiellement aujourd’hui quand on voit son utilité la moins nécessaire pour produire des images. Nasr-eddine Bennacer frotte du pastel noir sur du papier déchiré. Il est un artiste autodidacte, avec une formation scientifique, apprenant d’un vieux couple pour restaurer les œuvres sur papier. Cela fait plus de deux décennies qu’il vit à Paris et est intervenu sur des dessins de l’époque de la Renaissance et d’artistes qui trouvent dans l’acte de dessiner un défi mais le voient comme nécessaire du point de vue d’un artiste accompli. Nasr-eddine Bennacer ne voit aucun besoin d’une telle prétention mais exécute avec précision les demandes des clients. Entre ces dessins, exécutés par des maîtres et d’autres exécutés par lui-même tout en étant dictés par un autre, il y a infiltration entre l’imagination et la pure visualité. Cela signifie la transformation des images en échelles et nuances de dessin. Par conséquent, lorsqu’il transforme à première vue une grande feuille de papier recouverte de pastel noir et quelques frottages blancs pour révéler la blancheur du papier, il s’agit en réalité d’une image infrarouge de migrants qui traversent la frontière mexicaine avec les États-Unis. mexicaine avec les États-Unis. Il les appelle «Lucioles». Souvent, quand on conduit dans l’obscurité du paysage, les lucioles accompagnent le regard depuis les fenêtres des voitures pendant que nous traversons les schémas de la terre ; un schéma qui n’a pas été imaginé par la nature constitue nos frontières.

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SANGATTE, assemblage, (environ 200 x 30 x 4 cm) x 6, 2017

Ces migrants traversant le paysage aride et les buissons traversent une frontière sur une terre qui était autrefois la leur. Un mur doit être construit à travers cette terre afin de décourager ces gens. Les directions que les gens prennent sont comme leurs pensées, justifiées par des besoins variés. Les lucioles volent vers des morts éventuelles, électrifiées par la chaleur des ampoules et des courants lâches.

Le pouvoir se distingue toujours sans avoir besoin de justifier son existence. Il arrive dans des réflexions de besoin qui peuvent également être, métaphoriquement, considérées comme des réflexions visuelles. Les dessins de Nasr-eddine Bennacer évoluent vers l’abstraction, ressemblant parfois aux flammes qui sortent de la gueule des jongleurs et des amuseurs, d’où jaillissent de l’essence qui devient invisible par le feu. Leurs morts, déportations et anéantissement en tant qu’étranger sont également chorégraphiés par un artiste qui justifie sa purge sur l’économie et la race – camouflant la politique du pétrole avec le pouvoir. Le pétrole qui coule sous les plaines du Texas apporte la misère à la fois aux États-Unis et au Mexique dans les retombées directes d’un effondrement des relations humaines. Les homicides, les fusillades dans les écoles, les cartels de la drogue et les guerres en cours ont des liens similaires avec le pétrole, tout comme le réchauffement de la planète, mais sont rejetés comme de simples actes d’humains agissant seuls.

Un autre ensemble de dessins «le Hashd» représente une foule d’égaux imaginés égaux devant Dieu. Un soir, Nasr-eddine Bennacer regarda à la télévision une chaîne qui diffusait des scènes en direct de La Mecque. Un essaim d’humains se déplaçait autour de la Kaaba. Il a enregistré les images qui s’éloignaient de l’expérience et qui étaient maintenant impressionnantes sous l’objectif d’une caméra et à la télévision d’une chambre d’hôtel. Les gens se déplaçaient dans le sens inverse des aiguilles d’une montre vers les directions des étoiles. La mobilisation de millions de personnes à travers les races et les langues pour la cause de Dieu forme une homogénéité picturale qui au fusain, se transforme en abstraction animée. Quand on voit les dessins à grande échelle, on voit cette matière noire appliquée et effacée sur le papier. Seuls ceux qui ont vu ce rituel à La Mecque peuvent se représenter les formes avec un léger changement entre la réalité et le pictural. Une foule se révèle. Ici, nous voyons le génie de l’artiste dans le dessin, une compétence acquise grâce à la capacité d’observation fine. Dessiner anime intrinsèquement. Sa faculté d’animation est aussi importante que son rôle spontané. La spontanéité arrive avec des images minutieusement dessinées qui se mettent ensuite en mouvement. Les gens sont désireux d’observer le mouvement dans les peintures de la Renaissance par exemple, car il révèle un sort magique, ce qui donne à l’artiste le pouvoir de Dieu de créer et de faire des mirages.

En tant que défenseur de l’environnement, comment Nasr-eddine Bennacer élimine-t-il la détérioration, l’ivraie et les taches ? Le changement de perception est nécessaire, pas sa restauration. Avoir étudié l’art à travers l’approche d’une vocation permet d’acquérir des compétences d’observation qui reposent sur la patience.

Nasr-eddine Bennacer a récemment testé ses gènes. Les résultats ont montré qu’il avait une population de référence en Sardaigne. Peut-être ses ancêtres avaient-ils atteint l’Algérie depuis la Sardaigne comme des pirates, ou des nobles renégats, ou bien il s’agissait peut-être d’une ascendance matrilinéaire provenant de femmes kidnappées souvent ramenées par des razzias. Nasr-eddine lui, s’identifie comme Kabyle, un groupe berbère originaire d’Afrique du Nord. Il est né en 1967 et a grandi à Alger. Un sens de l’universalisme lui est cher, le cherchant comme un héritage qu’il veut laisser à ses enfants.

Sculpté en marbre blanc pur de Carrare, un gilet de sauvetage, qu’on voit souvent jonché sur les plages de Grèce et du sud de l’Italie. Exécutée avec la précision d’un sculpteur romain, la veste n’est pas une simple représentation de la catastrophe humaine que nous voyons dans la Mer Méditerranée cimetière de nombreuses vies courageuses. Il ne s’agit pas non plus d’un ad hoc politique pour perpétuer une carrière artistique. Au contraire, c’est un reflet de compétence et de réalité. Des millions de migrants s’identifient à ceux qui bravent les périls de la mer pour trouver des fortunes en Europe, que nous voyons entrer dans une dépression économique perpétuelle. Ayant grandi dans une Algérie naissante en termes de République, où l’euphorie de l’indépendance avait coûté la vie à beaucoup de gens, Nasr-eddine Bennacer ne prit pas parti pour le gouvernement révolutionnaire ou le révolutionnaire désireux de renverser le gouvernement. Il a cherché une évasion qui lui permettrait des liber- tés individuelles. Il n’exprime aucune excuse mais raisonne plutôt les décisions des amis qui ont rejoint l’armée ou ont décidé de leur sort avec des hommes considérés comme des terroristes dans leur opposition à l’état.

La fascination de Nasr-eddine Bennacer pour sa généalogie ne vient pas de son besoin de se glorifier d’un passé. Cela vient de la douleur profonde que le patriarcat inflige aux relations intimes. Des assemblages de vidéos que l’on regarde à travers des boîtes, des consoles de caméra et des visionneuses stéréoscopiques anciennes permettent une certaine intimité avec l’artiste. Vous voyez soudainement ses pieds nus marcher sur le sable au gré des vagues, une mallette qui contient des photo- graphies, des lettres et des effets personnels dont il a hérité. Nasr-eddine Bennacer danse dans une robe blanche appartenant aux derviches et aux vieillards. Il chante en arabe un verset qu’il a composé qui détaille la douleur de ne pas connaître son père. Son père déstabilisé par la colonisation et qui servit la guerre en Indochine. À son retour en Algérie, il était devenu un homme dur en guerre avec les autres . Son silence malheureux chassa le jeune Nasr-eddine qui trouva du réconfort chez son grand-père. Bien qu’il n’ait plus aucun souvenir de son enfance, il garde un vague souvenir de sa main dans celle de son grand-père qui décéda plus tard dans un accident de la route. Personne ne dit jamais à l’enfant qu’il était où il avait disparu.

L’Algérie dans les années de troubles qui ont suivi a été marquée par des disparitions qui se sont transformées en douleurs inimaginables et non écrites, que Nasr-eddine Bennacer exprime à travers un assemblage d’objets, d’images en mouvement et de vidéos qui forment son spectacle solo. L’artiste installe un assemblage de photos en noir et blanc d’Alger, qui pourrait même représenter Marseille ou être attribué à Alger en utilisant les photos d’une autre ville sur la côte. Cette pièce montre la mémoire d’un homme qui reflète dans la nostalgie et la douleur, une certaine saudade. C’est avec le coeur lourd qu’il partit pour rejoindre Paris, désireux de se trouver lui-même. Il porte la robe que son père a ramenée de sa visite au Hajj à la fin de sa vie. La robe est un souvenir de l’ homme qui l’a engendré, mais avec qui il n’a aucun souvenir. Lors de sa dernière visite à Alger, son frère a remis à Nasr-eddine ces effets qui étaient autrefois les souvenirs d’un voyage physique et spirituel. La matérialité prend souvent la dimension de l’émotion quand on s’y attend le moins; ici, Nasr-eddine nous ouvre cette intimité à travers une exposition.

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TOUT DOIT DISPARAITRE – lithographie 60 x 59 cm

Au musée de la Méditerranée, proche du Vieux Port et du Fort de Marseille, il existe de multiples cartes dessinées à l’époque médiévale par les marins arabes. Les cartes de la Méditerranée et de l’océan Indien sont toutes les deux cylindriques comme si elles indiquaient seulement la direction et non la distance. Le regard a été construit sur la base de l’aliénation de la civilisation. Les cartes sont souvent des documents que Nasr-eddine Bennacer restaure.

Il lithographie des versets et des métaphores sur des cartes anciennes qu’il considère parfois comme ayant besoin d’une phrase pour décoder les inférences géopolitiques actuelles. La carte de l’Algérie est commentée avec l’ERREUR 404 – le message qui apparaît lorsqu’une page ou un site Web a expiré ou n’est plus utilisé. Les mandats français et britanniques pour l’Asie de l’Ouest qui causent encore le besoin de frontières et de guerres au Levant sont effacés par l’expression qui évoque la disparition de la carte. Effacer l’ancienneté d’une carte en écrivant dessus avec de la peinture permet le déni de l’instrument colonial qui notifie la carte à conquérir. Napoléon a créé un inventaire complet de l’Egypte, en y arrivant en tant que gardien, en enregistrant tout ce qui était disponible pour être exploité et transporté. Il est venu avec des artistes, des menuisiers et des sculpteurs, permettant l’établissement de l’égyptologie en tant que sujet. Le rôle de l’artiste dans son espace personnel exploitant les vulnérabilités inhérentes à la mémoire peut être une tentative de renverser le rôle politique d’un sujet colonial. L’aborder à travers une exposition dans une ville basée sur le syncrétisme de l’idéologie, du langage, de la physicalité et de la nature est un début essentiel. Marseille modère le débat à travers sa mer. La mer apporte des pensées, des peuples et des histoires qui viennent converser à travers l’amitié et la coercition. Cet essai écrit à l’autre bout d’une grande carte des réseaux maritimes, à Bombay, imagine une arène vernaculaire d’images qui témoignent des points communs de l’existence humaine que Nasr-eddine Bennacer traduit pour nous à travers la circumambulation de sa vie unique. Une rame en tête nous éclaire avec l’idée du mouvement, qui est une constante de l’existence humaine.

Sumesh Sharma Bombay 2017

Galerie Depardieu – 6, rue du docteur Jacques Guidoni (ex passage Gioffredo) – Nice
Exposition du jeudi 8 février 2018 au samedi 24 février 2018
Vernissage le jeudi 8 février 2018 de 16h à 21h
Exposition réalisée avec le soutien de l’UMAM
Commissariat d’exposition : Sumesh Sharma et Joud Halawani Al-Tamimi
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Nice : « L’Avenue » débaptisée par Aillagon

Quand les Niçois disent « l’avenue » il s’agit de celle qui a été transformée en voie de tramway. En réalité elle a souvent changé de nom :

  • Vallon Saint Michel juste après l’annexion du Comté par la France,
  • Avenue du Prince-Impérial pour faire plaisir à Louis-Napoléon Bonaparte,
  • Avenue de la Gare dès la chute du second empire,
  • Avenue de la Victoire dès 1918 pour célébrer la première guerre mondiale,
  • Avenue Jean-Médecin en 1966, Jacques Médecin rendant hommage à son père.

Tous les Niçois étant toujours convaincus qu’elle n’avait porté que ces noms-là. Mais heureusement Nissa Citta est allé enregistrer le discours du grand maître de la culture que nous finançons depuis tant et tant d’années, Jean-Jacques Aillagon (le ministre de la culture le plus célèbre après Jack Lang).

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Il présente les œuvres qui vont jalonner le nouveau tramway et surtout l’aménagement de la station Jean-Médecin où s’arrêtera provisoirement le tramway. Le décor est confié à l’artiste breton Stéphane Pencréac’h qui va réaliser une œuvre en hommage à la liberté. Pourquoi ? Parce que « l’avenue Jean-Médecin s’appelait autrefois l’avenue de la Liberté » nous explique Aillagon. Vu le brouhaha créé par cette information inédite, Aillagon en demande confirmation au docteur Alain Frère. Le pauvret descendu de Tourette-Levens pour l’occasion bredouille. Bizarrement Estrosi planté juste à côté n’intervient pas et laisse Aillagon s’enfoncer.

Alors Aillagon fait un rapprochement entre l’aigle qui sera représenté, symbole de la liberté puisqu’il apparaît dans les armes de la ville. Et là on voit apparaître, nous explique l’ancien ministre, un lien avec la Marseillaise de Rude au pied de l’arc de Triomphe… Il s’enfonce le mec, il s’enfonce, mais le public sélectionné reste béat devant la culture de celui qui coûte si cher aux contribuables (il en faut pour son argent).

« La victoire en chantant nous ouvre la barrière, la liberté guide nos pas… » Avec un peu de chance l’œuvre ouvrira la barrière à ce type de roitelets incultes pour qu’ils aillent faire dépenser les impôts d’autres contribuables.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Voici ce que va devenir l’Ouest de Nice.

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Sou Fujimoto, Laisné Roussel et Cino Zucchi font partie d’une équipe dirigée par Lambert Lénack, qui a été sélectionnée pour construire un nouveau quartier près de Nice. Le projet primé décrit les projets de développement à usage mixte organisés autour d’espaces publics dynamiques. Au total, le plan directeur comprend 800 unités résidentielles, une gamme de points de vente de détail, des bureaux et un hôtel. Le projet demandait une proposition inspirée de l’architecture vernaculaire de la région et de son climat méditerranéen. L’intégration de la végétation était également un facteur important, avec un potager, un jardin de plantes aromatiques et un jardin expérimental.

Le projet se structure autour d’un réseau de trois espaces publics: la place métropolitaine, entourée d’une succession de bâtiments de grande hauteur, dont la «tour méridienne» de Sou Fujimoto : Méridia Plaza, une réinterprétation des places traditionnelles de Nice ; et le patio, une cour intime située au sein d’un centre de bien-être conçu par Laisné Roussel. Il est à espérer que le projet, qui représente un investissement de 275 millions d’euros, sera achevé dans six ans, avec les premiers bâtiments ouverts en 2021.

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La mairie de Nice a eu son enquiquineuse !

Peut-être plusieurs d’ailleurs, mais la plus connue fut sans aucun doute Aurel, femme de lettre née à Cherbourg. Son vrai nom : Aurélie Octavie Gabrielle Antoinette de Faucamberge, mais elle signera également sous les noms de ses maris. Sa spécialité fut des romans sensuels consacrés au couple : Pour en finir avec l’amant, La Semaine d’amour, Le Drame d’être deux, Le Miracle de la chair et aussi La vierge involontaire… et il y en a d’autres.

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Un peintre de Saône-et-Loire s’installe à Nice en 1890, Cyrille Besset, paysagiste, aquarelliste, il va vivre dans le quartier Saint Barthélémy et il part avec sa boite de couleur peindre les paysages et les villages du haut pays niçois. Le critique d’art de l’époque, Pierre Borel, disait de lui « Il peignait lentement, comme s’il eût joué d’un instrument et sous ses pinceaux, le Midi perdait peut-être un peu de sa lumière, mais se revêtait d’impalpables reflets mauves, d’une grâce sans pareil. » Il va mourir en prenant froid en peignant le rocher de Monaco. Mais Cyrille Besset avait épousé la fameuse Aurel. Et cette dernière estimant que la ville de Nice ne rendait pas vraiment hommage à feu son époux, elle va véritablement assiéger la mairie de l’époque pour que cette grande rue qui coupe en biais le nord de la ville, porte le nom de Cyrille Besset. Le Conseil municipal n’en peut plus de subir les assauts d’Aurel et le 18 décembre 1904, l’avenue Saint Barthélémy devient l’avenue Cyrille Besset.

Mais c’est insuffisant, alors Aurel crée le prix de peinture biennal au nom de son ancien époux. Quelques années plus tard elle se séparera des toiles de Cyrille Besset en salle des ventes.

Présidente du cercle littéraire et artistique de Grasse, elle fait la navette entre Paris et Nice. Et elle va rencontrer, puis épouser un écrivain célèbre : Alfred Mortier. Journaliste, poète, compositeur, critique puis auteur de théâtre. Il collabore avec de nombreux journaux, à Nice, Monaco et Paris. Aurel va alors l’épouser et dès qu’il décédera, elle repart assiéger le Conseil municipal pour qu’une rue de Nice porte le nom de son défunt mari. Des grandes rues comme Cyrille-Besset, il n’y en a pas beaucoup, alors ce ce sera une petite rue mais dans un quartier à la mode où s’ouvrent de nombreux théâtres. La rue Alfred Mortier longe l’église du Vœux, de l’avenue St Jean Baptiste à la rue Hôtel des Postes. Aurel écrivit alors « L’homme de ma vie, Alfred Mortier ».

Elle ne se remariât pas une troisième fois. Le Conseil municipal de Nice put alors souffler.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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