Lutte contre les migrants mineurs dans les Alpes-Maritimes.

Installer un centre pour mineurs dans le département ne fait pas plaisir à tout le monde, loin de là. Mais pourquoi à Saint Agnès ? Marie-Christine Franc de Ferriere est conseillère municipale et communautaire à Roquebrune-Cap-Martin et nous raconte l’historique de cette situation où l’on se rend compte que le problème est plus à Roquebrune qu’à Sainte-Agnès : « Roquebrune-Cap-Martin possède une propriété dans le village de Sainte-Agnès qui se trouve perché à 800 mètres d’altitude, village du littoral le plus haut d’Europe. Cette propriété a servi pendant des décennies comme centre de vacances pour les enfants de la commune de Roquebrune Cap Martin. Ce bâtiment se trouve en pleine nature et les enfants adoraient y aller pour découvrir la nature et profiter du bon air.

Photo : Frédéric Cerulli / France Télévisions

La commune de Roquebrune-Cap-Martin a décidé de ne plus entretenir ce bâtiment et organise maintenant son centre de loisirs dans une école préfabriquée datant des constructions avec de l’amiante et avec une cour bitumée sous 40 ° de température, sous prétexte qu’elle n’avait pas les moyens de faire des travaux dans sa propriété de Sainte-Agnès. Il est évident que laisser les enfants dans une école pendant toutes les vacances alors que la commune possède ce bâtiment est un véritable non-sens pour ne pas dire plus.

Cette propriété étant abandonnée depuis 2015 par la commune de Roquebrune Cap Martin, elle a été réquisitionnée par l’Etat pour y mettre des mineurs migrants. Le département y a fait des travaux pour 300 000 euros. C’est une somme largement à la portée de la ville de Roquebrune-Cap-Martin. »

Le maire de Roquebrune, Patrick Cesari, affirmerait que sa commune ne possède pas 300.000 euros pour entretenir ce patrimoine. Madame Franc de Ferriere, qui est conseillère municipale d’opposition mais aussi expert-comptable et commissaire aux comptes, fait part des dépenses et emprunts de la commune et de l’argent dilapidé par le maire depuis l’an 2000. Elle ajoute « Dans un article de Nice-Matin du 11 juillet 2019, le journaliste demande au directeur adjoint à l’enfance du département pourquoi ce bâtiment a été réquisitionné pour les jeunes migrants. Celui-ci a répondu clairement : « parce qu’il était disponible ».

Il s’agit d’héberger dans ce centre 54 jeunes mineurs par décision du Préfet des Alpes-Maritimes Bernard Gonzales. Le site Riposte laïque précise « les migrants n’auront rien à faire et pourront se consacrer en toute liberté à l’oisiveté la plus dangereuse pour nos concitoyens, propice à développer tous les vices et surtout les vols, les diverses agressions qui sont leur spécialité et pire encore. » Arguments traditionnels d’un public ségrégationniste de Trump à Salvini, électoralement très porteur à notre époque. Mais en fait il s’agit également d’un Clochemerle du pays mentonnais.

Le maire de Sainte-Agnès affirme « On nous a mis au pied du mur » et il ajoute « Il y a des locaux disponibles en zone urbaine! Ici, il faut 30 à 50 minutes pour que quelqu’un monte, ou pour descendre ». Cela s’adresse bien sûr au préfet, mais également au maire de Menton et à celui de Roquebrune. En réalité il y aura des navettes entre le centre et la côte et 28 accompagnants vont être engagés. 

Les habitants de Sainte-Agnès affirment majoritairement qu’ils ne sont pas racistes et l’un d’entre eux (comme l’affirme France3) annonce : « Est-ce que ça se passera bien, ou pas bien, en tout cas ça fait un petit peu peur à tout le monde et on nous impose ça alors que Cesari ne les a pas voulus en bas! C’était la fin de son électorat ! »

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Mocky, un niçois qui vient de disparaître.

Jean-Paul Mokiejewski est né à Nice le 6 juillet 1929 de parents polonais. Il est chauffeur de taxi et Pierre Fresnay, qui lui trouve une ressemblance avec Gérard Philipe, l’engage au théâtre de la Michodière pour interpréter un rôle dans une version contemporaine de Phèdre. Il va se retrouver au Conservatoire, dans la classe de Louis Jouvet, en même temps que Claude Rich, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer et Jean-Paul Belmondo.
Sa première apparition sur les écrans se fera dans « Orphée » de Jean Cocteau.
Il s’envole pour Rome et devient l’assistant de Fellini (La Strada) et de Visconti (Senso) avant de continuer sa carrière d’acteur mais toujours dans des navets sans lendemain.

Mais Mocky veut être célèbre, et en 1959, il effectue son premier long-métrage, « Les Dragueurs ». Depuis il réalise, pratiquement, un film par an. Sa production est inégale et a comme seul objectif de dénoncer les scandales. Mocky est l’anarchiste du cinéma français et pour pouvoir l’être librement, il va financer lui-même ses films dans des tournages très rapides et efficaces. Nombreux sont ses spectacles qui vont paraître bâclés. Ils sont plus l’œuvre d’un pamphlétaire que d’un cinéaste. Mais si Mocky dénonce, il ne s’engage pas. Il déclarera : « Moi, mon parti précis, c’est de faire éclater la vérité partout, de foutre les pieds dans le plat ».

Mocky à la une du premier numéro du Ficanas d’aujourd’hui

Les cibles ne sont pas des moindres : l’administration avec « Les Compagnons de la Marguerite », la télévision avec « La Grande Lessive », la spéculation avec « Chut ! », la presse dans « Un linceul n’a pas de poches », le fanatisme avec « A mort l’arbitre ! », le business religieux dans « Le miraculé » et surtout la politique et les politiciens avec « Snobs, », « Solo », « L’albatros », « Le piège à cons » et « Une nuit à l’Assemblée Nationale ».
Tous ses films ont une autre caractéristique, une sexualité bestiale, vulgaire, débridée, qui, souvent, ne manque pas d’humour. Qui aura oublié Jacqueline Maillan habillée en petite fille, et animatrice de téléphone rose dans « Les saisons du plaisir »?

Ses films privilégient le message au détriment de la qualité de l’image et de la mise en scène. pourtant l’un d’entre eux va regrouper les talents de Mocky «Y a-t-il un français dans la salle ?». C’est un véritable réquisitoire contre des politiciens corrompus, un corps de police gangrené et une presse qui cède au plus offrant. Le politicien de droite tombe amoureux de la fille d’un cheminot communiste et Mocky nous offre un Roméo et Juliette sur fond d’H.LM., où la masse va rétablir l’ordre.
Le film va dépasser 1.7000.000 entrées. Le scénario est en fait une adaptation de Frédéric Dard, alias San Antonio, qui travaillera sur le film.

Mais Mocky est capable du pire. A la fin des années quatre-vingt dix, ses films deviennent insignifiants. Le pénible « La Candide Madame Duff » qui fait jouer un autre niçois, Dick Rivers, qui vient lui aussi de nous quitter, passera inaperçu. Pourtant ses acteurs fétiches lui seront fidèles, en particulier Michel Serrault, qui, aujourd’hui encore, apparaît dans « Grabuge » où Mocky dénonce les trafics des cartes de séjours.

Ce niçois remuant qui entretient sa légende salace sur les plateaux de télévision, qui se qualifie lui-même de dernier monstre vivant du cinéma français, a su au moins affirmer son indépendance. Quand on gratte bien dans ses films, on y voit pourtant une mélancolie et une poésie, souvent loufoque, mais profondément émouvante.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Il y a 230 ans on abolissait les privilèges en France.

Dans la nuit du 4 août 1789, a lieu un événement qui va définitivement instituer la République Française. Ce soir-là, l’Assemblée Constituante met fin aux privilèges du système féodal. Depuis le 14 juillet, « la Grande Peur » a envahi les campagnes françaises. Les paysans attaquent les seigneurs et récupèrent leurs biens. Pendant ce temps-là, les députés élaborent la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Face à cette crise, certains veulent affirmer les valeurs de la propriété et d’autres installer des bureaux de secours pour aider les plus pauvres. Aucune des deux propositions ne pourrait arrêter ce mouvement, et risquerait même de l’aggraver. À l’initiative du Club breton, les députés, sous la pression populaire, décident de voter l’abolition des droits seigneuriaux. À partir du 5 octobre, disparaissent les privilèges des ecclésiastiques, des nobles, des corporations, des villes et des provinces.

Deux cent trente ans plus tard, cette nuit du quatre août 2019 s’annonce bien plus calme. Nombreux sont ceux qui ont même oublié cette date, la deuxième plus importante de la Révolution française. Bien sûr, les privilèges ne sont plus ceux de la noblesse et de l’Eglise, mais les homards de la présidence de l’Assemblée nationale sont apparus fort à propos pour cet anniversaire. Les ors de la République sont les mêmes que ceux de l’ancien régime et trop souvent les ministres vivent dans des palais qui furent ceux de la noblesse issue d’un ancien système féodal.

A nouveau le peuple se sent dépossédé de son pouvoir de citoyen et le système lui semble être manipulé au profit d’une élite à laquelle il pense ne jamais appartenir. En août 1792, avec la prise des Tuileries, la monarchie disparaît. La première République durera jusqu’en 1804, remplacée par l’empire, puis la royauté, puis à nouveau l’empire et la royauté, pour enfin revenir. Aujourd’hui, cette démocratie toujours fragile semble bafouée. Si ceux qui bénéficient des privilèges ne se remettent pas en question eux-mêmes ils risquent, le plus légalement du monde, d’ouvrir la porte à l’extrémisme le plus virulent. On dira que Mussolini et Hitler sont arrivés au pouvoir légalement par la voix des urnes. On ajoutera que c’était l’Italie et l’Allemagne. Mais en France, Pétain a fait de même.

Les gilets jaunes ont été un avertissement très important. La recherche de la devise de la République, qui semble disparue, est très comparable à cette nuit du 4 août 1789. Liberté, égalité et fraternité ne sont-elles plus dignes de notre République ? 

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Décret relatif à l’abolition des privilèges

Art. 1er L’Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal. Elle décrète que, dans les droits et les devoirs tant féodaux que censuels, ceux qui tiennent à la main-morte réelle ou personnelle, et à la servitude personnelle, et ceux qui les représentent, sont abolis sans indemnité ; et tous les autres sont déclarés rachetables, et le prix et le mode de rachat seront fixés par l’Assemblée nationale. Ceux desdits droits qui ne sont points supprimés par ce décret continueront néanmoins d’être perçus jusqu’au remboursement.

Art. 2. Le droit exclusif des fuies et colombiers est aboli. Les pigeons seront enfermés aux époques fixées par les communautés durant lequel temps, ils seront regardés comme gibier, et chacun aura le droit de les tuer sur son terrain.

Art. 3. Le droit exclusif de la chasse ou des garennes ouvertes est pareillement aboli, et tout propriétaire a le droit de détruire ou faire détruire, seulement sur ses possessions, toute espèce de gibier, sauf à se conformer aux lois de police qui pourront être faites relativement à la sûreté publique. Toute les capitaineries même royales, et toutes réserves de chasse, sous quelque dénomination que ce soit, sont pareillement abolies ; et il sera pourvu, par des moyens compatibles avec le respect dû aux propriétés et à la liberté, à la conservation des plaisirs personnels du Roi. M. le président est chargé de demander au Roi le rappel des galériens et des bannis pour simple fait de chasse, l’élargissement des prisonniers actuellement détenus, et l’abolition des procédures existantes à cet égard.

Art. 4. Toutes les justices seigneuriales sont supprimées sans aucune indemnité, et néanmoins les officiers de ces justices continueront leurs fonctions jusqu’à ce qu’il ait été pourvu par l’Assemblée nationale à l’établissement d’un nouvel ordre judiciaire.

Art. 5. Les dîmes de toute nature, et les redevances qui en tiennent lieu, sous quelques dénominations qu’elles soient, connues et perçues, même par abonnement, possédées par les corps séculiers et réguliers, par les bénéficiers, les fabriques, et tous les gens main-morte, même par l’ordre de Malte, et d’autres ordres religieux et militaires, même celles qui auraient été abandonnées à des laïques, en remplacement et pour option de portions congrues, sont abolies, sauf à aviser aux moyens de subvenir d’une autre manière à la dépense du culte divin, à l’entretien des ministres des autels, au soulagement des pauvres, aux réparations et reconstructions des églises et presbytères, et à tous les établissements, séminaires, écoles, collèges, hôpitaux, communautés et autres, à l’entretien desquels elles sont actuellement affectées. Et cependant, jusqu’à ce qu’il y ait été pourvu, et que les anciens possesseurs soient entrés en jouissance de leur remplacement, l’Assemblée nationale ordonne que lesdites dîmes continueront d’être perçues suivant les lois et en la manière accoutumée. Quant aux autres dîmes, de quelque nature qu’elles soient, elles seront rachetables de la manière qui sera réglée par l’Assemblée ; et jusqu’au règlement à faire à ce sujet, l’Assemblée nationale ordonne que la perception en sera aussi continuée.

Art. 6. Toutes les rentes foncières perpétuelles, soit en nature, soit en argent, de quelque espèce qu’elles soient, quelle que soit leur origine, à quelques personnes qu’elles soient dues, gens de main-morte, domaines apanagistes, ordre de Malte, seront rachetables ; les champarts de toute espèce, et sous toutes dénominations le seront pareillement, au taux qui sera fixé par l’Assemblée. Défense seront faites de plus à l’avenir de créer aucune redevance non remboursable.

Art. 7. La vénalité des offices de judicature et de municipalité est supprimée dès cet instant. La justice sera rendue gratuitement. Et néanmoins les officiers pourvus de ces offices continueront d’exercer leurs fonctions et d’en percevoir les émoluments jusqu’à ce qu’il ait été pourvu par l’Assemblée aux moyens de leur procurer leur remboursement.

Art. 8. Les droits casuels des curés de campagne sont supprimés, et cesseront d’être payés aussitôt qu’il aura été pourvu à l’augmentation des portions congrues et à la pension des vicaires, et il sera fait un règlement pour fixer le sort des curés des villes.

Art. 9. Les privilèges pécuniaires, personnels ou réels, en matière de subsides, sont abolis à jamais. La perception se fera sur tous les citoyens et sur tous les biens, de la même manière et de la même forme ; et il va être avisé aux moyens d’effectuer le payement proportionnel de toutes les contributions, même pour les six derniers mois de l’année de l’imposition courante.

Art. 10. Une constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuses aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient, et dont le sacrifice est nécessaire à l’union intime de toutes les parties de l’empire, il est déclaré que tous les privilèges particuliers de provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d’habitants, soit pécuniaires, soit de toute autre nature, soient abolis sans retour, et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français.

Art. 11. Tous les citoyens, sans distinction de naissances, pourront être admis à tous les emplois et les dignités ecclésiastiques, civiles et militaires, et nulle profession utile n’emportera dérogeance.

Art. 12. À l’avenir il ne sera envoyé en cour de Rome, en la vice-légation d’Avignon, en la nonciature de Lucerne, aucuns deniers pour annales ou pour quelque cause que ce soit ; mais les diocésains s’adresseront à leurs évêques pour toutes les provisions de bénéfices et dispenses, lesquelles seront accordées gratuitement, nonobstant toutes réserves, expectatives et partages de mois, toutes les églises de France devant jouir de la même liberté.

Art. 13. Les déports, droits de côte-morte, dépouilles, vacat, droits censaux, deniers de Saint-Pierre, et autres du même genre établis en faveur des évêques, archidiacres, archiprêtres, chapitres, curés primitifs et tous autres, sous quelque nom que ce soit, sont abolis, sauf à pourvoir, ainsi qu’il appartiendra, à la dotation des archidiaconés et des archiprêtres qui ne seraient pas suffisamment dotés.

Art. 14. La pluralité des bénéfices n’aura plus lieu à l’avenir, lorsque les revenus du bénéfice ou des bénéfices dont on sera titulaire excèderont le somme de 3 000 livres. Il ne sera pas permis non plus de posséder plusieurs pensions sur bénéfices, ou une pension et un bénéfice, si le produit des objets de ce genre que l’on possède déjà excède la même somme de 3 000 livres.

Art. 15. Sur le compte qui sera rendu à l’Assemblée nationale de l’état des pensions, grâces et traitements, qu’elle s’occupera, de concert avec le Roi, de la suppression de celles qui seraient excessives, sauf à déterminer à l’avenir une somme dont le Roi pourra disposer pour cet objet.

Art. 16. L’Assemblée nationale décrète qu’en mémoire des grandes et importantes délibérations qui viennent d’être prises pour le bonheur de la France, une médaille sera frappée, et qu’il sera chanté en actions de grâces un « Te deum » dans toutes les paroisses et églises du royaume.

Art. 17. L’Assemblée nationale proclame solennellement le Roi Louis XVI Restaurateur de la liberté française.

Art. 18. L’Assemblée nationale se rendra en corps auprès du Roi, pour présenter à Sa Majesté l’arrêté qu’elle vient de prendre, lui porter hommage de sa plus respectueuse reconnaissance, et la supplier de permettre que le « Te deum » soit chanté dans sa chapelle, et d’y assister elle-même. L’assemblée nationale s’occupera, immédiatement après la constitution, de la rédaction des lois nécessaires pour le développement des principes qu’elle a fixés par le présent arrêté, qui sera incessamment envoyé par MM. Les députés dans toutes les provinces, avec le décret du 10 de ce mois, pour y être imprimé, publié même au prône des paroisses, et affiché partout où besoin sera.

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De Rugy, le ministre victime de la copine de sa femme !

Décidément les écolos nous feront toujours rire. Mais celui-là bat des records. François de Rugy a confondu le ministère avec « Au théâtre ce soir ». La politique à l’hôtel de Lassay s’est transformée en « Hôtel du libre-échange » de George Feydeau. Rendez-vous des époux presque infidèles, bruissement, portes qui claquent, François de Rugy et Séverine Servat de Rugy, journaliste à Gala, ont été espionnés par la copine de cette dernière. Elle a pris des photos et les a données (ou vendues) à Mediapart. 

Décidément la dite Séverine a des problèmes avec les femmes. Elle fut mariée à un député socialiste, Jérôme Guedj dont elle a eu un garçon. Le député vit aujourd’hui avec Emilie Frèche ayant écrit un livre « Vivre ensemble » qui, aux dires de Séverine Servat de Rugy, s’inspirerait de sa vie privée. Elle a même déclaré un « viol de l’intimité sous un jour dégradant, sinon malveillant ». Elle a entamé un procès à l’auteure, puis a renoncé. 

Mais débordé par l’Assemblée nationale, François n’a rien vu venir. On ne parle pas d’un ménage à trois, loin de là, mais d’une méchante, pressée de trahir ses amis, qui pourtant l’invitaient avec des agapes délicates et onéreuses aux frais du contribuable. Ce pauvre homme cerné par ces mondanités, essayait d’en réchapper mais comment faire quand on épouse une représentante de ce que l’on nomme le « people » ? Comment peut-on, alors que sa moitié court avec ses consoeurs à la recherche du scoop, être épargné au moment où l’on est soi-même atteint par la célébrité ?

Les citoyens payeurs se gaussent et la presse concurrente s’en donne à cœur joie dans l’espoir d’augmenter son tirage en pleine canicule. Mais le plus étonnant restait à venir. Pour être président de l’Assemblée nationale, il se doit avant tout d’être député. Alors de Rugy va faire appel au jugement de Dieu. Rassurez-vous on a supprimé les joutes moyenâgeuses qui menaient à la blessure ou à la mort. De nos jours ce jugement consiste simplement à enquêter. Sauvé, on apprend alors que les dîners organisés à l’hôtel de Lassay étaient bien « des dîners professionnels ». Mais alors où était le professionnalisme pour ce repas de la Saint Valentin en 2018? La République, laïque, a-t-elle décidé de fêter tout le calendrier religieux ? Alors de Rugy nous explique : Ce soir là il n’a pas pu amener son épouse au restaurant car il était « entre deux séances » à l’Assemblée. Donc dîner au salon avec pétales de roses et bougies, ces éléments « qui n’ont pas ruiné l’Assemblée » plaide-t-il. Mais à Mediapart on découvre alors que la séance s’est terminée à 19h20 selon le compte-rendu officiel et n’a repris que le lendemain. Et en plus ce n’était pas de Rugy le président de séance !

Saint Valentin à l’Assemblée

Et bien les députés qui ont enquêté n’ont rien vu ! Ni ceux de la majorité, ni ceux de l’opposition. La solidarité de classe l’a emporté sur l’honnêteté. Depuis Richard Ferrand, l’actuel président serre les fesses ; un pet de travers et il se retrouve atomisé par les médias. Quant à François Goullet de Rugy il est exilé comme simple député de la Loire-Atlantique et va regarder d’en bas le perchoir qu’il avait tant aimé. Il va avoir le temps de lire enfin l’ouvrage qu’il avait écrit « A quoi peut bien servir un député écolo ».

Christian Gallo – © le Ficanas ®

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Pissaladière et pissala.

Une grande marque de surgelé propose une boîte contenant deux pissaladières. La photo de l’emballage semble surprenante, mais essayons !

Première surprise, les deux pissaladières sont rondes et non pas carrées comme on a l’habitude de les acheter chez son boulanger. En fait cela est normal car il ne s’agit pas de pâte à pain, mais d’une pâte brisée faite à l’huile de palme, à l’acide citrique avec de la margarine et colorée au bêta-carotène. Mais le plus surprenant vient de la garniture. Il y a effectivement des oignons, il y a un anchois, il y a deux olives (grecques, pas niçoises), mais surtout il y a beaucoup de fromage ! 

Ce n’est plus de la pissaladière, c’est de la pizza à l’oignon. Passons sur la saveur, un goût de pas grand-chose, et demandons-nous pourquoi fabriquer un tel produit en faisant croire qu’il s’agit de pissaladière. La pissaladière est en pays niçois une véritable institution, l’équivalent de la pizza pour les italiens. 

Le mot pissaladière vient de pissala, cet ingrédient qui nous vient de la Rome antique, et qui a aujourd’hui pratiquement disparu.

L’histoire du Pissala :

À l’origine, il y a le garum des Etrusques, des Grecs et des Romains. En ce temps-là nombreux étaient les aliments que l’on mangeait faisandés. En effet les moyens de conservation étaient limités, et pour faire passer le goût on assaisonnait avec le garum.
Ce garum était fabriqué en Andalousie, sur la côte méditerranéenne de la Gaule et en Ligurie.
C’est le thon rouge qui en était la base. On mélangeait le sang, les œufs et le système digestif des poissons avec une grande quantité de sel et la macération se faisait doucement.
Ensuite on mettait le tout dans des amphores spécifiques, de petites tailles, et on l’envoyait à Rome. Le goût ressemblait un peu à celui du nuoc man des vietnamiens.
Mais c’était surtout un condiment hors de prix. Imaginez que le litre de garum était vendu environ 1.500 €.
Seuls les grands chefs cuisiniers l’utilisaient pour les tables des patriciens romains.

Petit à petit ce garum a disparu, sauf dans une seule région au monde : le Comté de Nice. Non pas sous son nom d’origine mais sous celui de pissala. En effet il est indispensable dans la confection de la pissaladière et se doit d’être répandu sur la pâte avec d’y déposer les oignons.

Comment le fabriquer :

D’abord il faut de la poutine habillée (apparition des écailles) ou de la palaille. Ensuite il est nécessaire de la trier pour enlever les alevins d’anchois qui donnent trop d’amertume. Dans une grande terrine de terre on dispose une couche de poisson, du sel, du poivre en grain et quelques secrets : de la cannelle, des clous de girofle moulus, du fenouil, de la marjolaine, de l’origan… Puis l’on rajoute un couche se sel et ainsi de suite.
On ferme bien la terrine avec un couvercle en bois sur lequel on pose une pierre bien lourde. Au bout de quatre jours, le sang est remonté en surface et on le jette.
Tous les jours on remue le mélange conservé au frais dans une cave. Au bout d’un mois, environ, on obtient une pâte qui doit être tamisée et l’on dispose le pissala dans des petits bocaux en verre que l’on recouvre d’une couche d’huile.

La fabrication du pissala était une véritable industrie au XIX° siècle. Aujourd’hui il est devenu introuvable, et l’on remplace trop souvent le pissala par de la purée d’anchois.
La pissaladière n’a conservé que le nom de ses origines. Si dans les années soixante il y avait encore quelques fabricants à Nice, on en trouve un dernier, paraît-il, à Saint-Raphaël.

Mais passons à cette recette simple qui va émoustiller vos papilles.

La recette :

Tout d’abord n’oubliez pas que la pissaladière c’est de la pâte à pain et que la couche d’oignon doit être aussi épaisse que celle de la pâte.

Vous émincez trois kilos d’oignons et vous les faites fondre à feu doux avec deux gousses d’ail écrasées,  un bouquet garni et une cuillère à soupe d’huile d’olive. Ils doivent être très cuits mais ne doivent pas prendre la couleur. Ne cherchez pas à ressembler à cet oignon marron que l’on trouve dans certaines boulangeries qui vendent de la pissaladière. Il s’agit en général d’oignon lyophilisé du Japon que l’on trempe dans l’eau !

Par contre vous pouvez acheter la pâte à pain chez votre boulanger. Placez-là dans une tourtière sur une épaisseur de1,5 cm. Dès qu’elle est levée, qu’elle a doublée de volume, enfournez-là dans un four chaud pendant 10 minutes. 

Vous la ressortez et, à ce moment là, étalez vos oignons puis disposez les olives de Nice et des filets d’anchois disposés comme les rayons du soleil. Si vous avez du pissala, étalez-y quelques cuillères à café, mais n’oubliez pas un bon filet d’huile d’olive sur votre pissaladière.

Quinze minutes au four bien chaud ; un peu de poivre en sortant et ça y est elle est prête à consommer et peu se garder plusieurs jours. Ma mère, native de Beausoleil, y rajoutait un peu de coulis de tomate sous l’oignon comme on le fait en pays mentonnais et en Ligurie. Cela faisait hurler les puristes, mais l’acidité de la tomate était fort plaisante en opposition avec le côté sucré de l’oignon. 

Les ingrédients :

500 grammes de pâte à pain – 3 kilos d’oignons – 2 gousses d’ail – 50 grammes d’olives – 10 filets d’anchois – Un petit bouquet garni – De l’huile d’olive – Du sel et du poivre

Christian Gallo – © Le Ficanas ®


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Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne va-t-il exploser ?

On oublie souvent que la Grande-Bretagne est formée de quatre nations distinctes : l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande du Nord. Ces nations ont des gouvernements et parfois des parlements aux pouvoirs limités, mais réels. Boris Johnson, chef des Conservateurs, vient d’être nommé, par la majorité du Parlement, Premier ministre. Il est député de Londres et a la réputation d’être un fieffé menteur. Il l’était déjà quand il travaillait comme journaliste à Bruxelles auprès de l’Union européenne, mais surtout cela s’est aggravé quand il s’est lancé dans la campagne du Brexit. Tout était bon pour gagner. On l‘a même surnommé le Trump britannique…

Ayant comme seul argument d’obtenir un Brexit sans accord, c’est à dire en balayant ce qu’avait obtenu Theresa May, il veut quitter l’Union européenne sans payer les dettes de la Grande-Bretagne. Le problème est que notre bon Anglais doit faire face à d’autres nations qui ne l’entendent pas de cette oreille, car si la majorité de la Grande-Bretagne a voté pour le Brexit en son temps, deux des quatre nations ne veulent pas en entendre parler. 52 % des Gallois souhaitent quitter l’Union, mais 62 % des Ecossais et 56 % des Irlandais du Nord souhaitent y rester. Arrivé en Ecosse sous les huées, Boris Johnson est reparti très discrètement. Indépendantistes écossais et conservateurs pensent qu’il ne cherche surtout pas  un accord avec Bruxelles. Un député écossais a déclaré « Heureusement que nous avons le canot de sauvetage de l’indépendance de l’Ecosse pour rester dans l’UE. »

Boris Johnson est Premier ministre car les Conservateurs ont la majorité au Parlement. Cette majorité est obtenue grâce aux élus de l’Irlande du Nord. Mais là rien ne va plus. En effet tous politiques favorables au Brexit, dont Boris Johnson, avaient omis de parler de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande (celle du sud). En effet si l’Irlande du Nord quitte l’Union, la frontière se matérialise à nouveau. De 1969 à 1998 il y a eu 3.500 morts en Irlande du Nord. Les accord dits « du vendredi saint » de 1988 prévoient un référendum sur la réunification de l’île. La situation créée par le Brexit risque d’être explosive aussi bien pour les Britanniques que pour les Européens. Une guerre en Europe serait un énorme aveu d’échec et le danger est que Londres comme à son habitude (comme en Inde et Israel) laisse pourrir la situation et quitte les lieux.

Boris Johnson va-t-il se contenter de ses effets d’annonces et de ses envolées lyriques pour maintenir la stabilité du Royaume-Uni ? Va-t-il devoir compter sur la reine pour cela (Balmoral est en Ecosse) ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Nice Art : la liberté, ça se mérite !

Quelle surprenante exposition que celle mise en place par l’UMAM sous la houlette de sa présidente et commissaire Simone Dibo-Cohen. « Liberté, liberté chérie » a un mérite incontestable : tous les artistes sont vivants ! Que cela fait du bien sur la Côte d’Azur qui cet été expose de nombreux morts, de qualité, c’est certain, mais morts : Miro, Armand, Renoir ne sont plus là, et ceux de l’exposition de l’impressionnisme de Bonnard à Picasso au Cannet, non plus. Mais si les trente artistes exposés dans la galerie Lympia, sur le port de Nice, sont bien vivants, certains n’échappent pas au caractère mortifère, parfois, de l’exposition. Il est vrai que la liberté se mérite et, très souvent, est l’aboutissement de périodes troublées et dramatiques.

Corda

Un peu d’humour sied à ces évènements, en particulier pour Corda qui expose six nains en plâtre représentant des dictateurs. On y trouve Hitler, Staline, Mao et, Mauro Corda étant italien, Mussolini et César. On oublie parfois en France que César est devenu un dictateur en franchissant le Rubicon et en enterrant, de ce fait, la république romaine. Pour nous Français il manque Napoléon, son neveu Louis-Napoléon, Pétain et pourquoi pas Adolphe Thiers… Hitler et Mussolini étaient petits et ces statues posent le problème de l’apparence physique dans l’expression d’une dictature. Ça confirme ce que de Gaulle disait dans une conférence de presse « Je ne commence pas une carrière de dictateur » ; difficile avec 1,96 m. Au fait il mesure combien Salvini ?

Corda

Vernante est une petite ville près de Nice, de l’autre côté du col de Tende où 400 fresques décorent les façades des maisons. Elle sont là pour un personnage italien culte, inventé par Carlo Collodi : Pinocchio. Hélas Pinocchio deviendra un serviteur du fascisme, mais pour Stefano Bombardieri une victime. Il a installé une reproduction du frontispice des camps de concentration « Arbeit Macht Frei » (le travail rend libre) remplacée par « Luge Macht Frei » (le mensonge rend libre). En face un tas de Pinocchio dénudés, amaigris, semblable aux cadavres de la Shoah. Mais pourquoi ces Pinocchio menteurs ? Ils évoquent pour l’artiste le pouvoir séducteur du mensonge dans le langage politique. Maintenant gageons que Bombardieri a du visionner le film de Roberto Benigni « La vie est belle » où le héros sauve son fils dans un camp de concentration en lui faisant croire qu’il joue à un jeu. Ici le jeu est dramatique. Quant au mensonge dans le langage politique, il est plus que jamais d’actualité avec Donald Trump et Boris Johnson.

Bombardieri

Abandonnons les drames et plongeons nous dans la joie de la liberté retrouvée. Elle a pris un sacré coup de soleil la dame allongée sur son vieux transat métallique et pliant. La piscine derrière elle est presque vide sauf, au fond, de l’eau croupie. L’hôtel semble être rescapé de la guerre des Balkans et jamais reconstruit. Son maillot de bain est démodé, son bonnet de bain date des années soixante et par terre, à côté d’elle, on voit un Thermos et divers magazines dont Life. Cette œuvre de Philippe Nuell s’intitule « Life is good ». On nous explique que c’est un humour tragique qui démontre une évidente incapacité à se satisfaire de la réalité. On rajoute qu’il y a là de la lassitude et de la tristesse. Mais si on contemple cette toile on ne trouve pas cette dame insatisfaite ni triste, mais plutôt heureuse de piquer un roupillon sur son transat. Elle n’est pas en manque, mais s’offre la liberté de se reposer dans un décor qui est à l’inverse de ceux de David Hockney ; il n’y pas de petits traits dans l’eau de la piscine, pas de couleurs lisses, il y a la vraie vie et le bonheur d’être égoïstement libre.

Nuell

On découvre, si on ne la connait pas, dans cette exposition, une œuvre majeure, incontournable, qui symbolise totalement notre époque et sa soif de liberté. Depuis la liberté d’Eugène Delacroix rien ne s’est arrêté. Les deux guerres mondiales, les printemps arabes, les luttes contre le racisme, tout est là sur cette très grande photographie de Gérard Rancinan. « La liberté dévoilée », bien que voilée, debout sur des cadavres, des téléviseurs, devant un mur de Berlin effondré, évoque notre histoire, nos envies, notre recherche permanente. En plus l’artiste a installé un making-off qui retrace la prise de vue de cette photographie exceptionnelle ; à ne pas louper !

Rancinan

Et puis dans une autre pièce on trouve une cage en bois doré créée par Gérard Taride. En son centre une bergère et les murs sont couverts de logotypes d’objets du quotidien ou de l’information, des médicaments, des codes numériques de l’argent… On entend faiblement des smartphones, des sonneries de mails. On se sent envahi par ces éléments visuels et ces bruits qui retracent une vie idéale, formatée malgré nous, et nous avons créé cette cage qui nous protège ou nous enferme. Comment en échapper ? Un revolver est posé sur la bergère; on peut alors s’évader vers un au-delà à découvrir, ou alors on peut ouvrir la porte et retourner dans le réel pour se battre contre tout ce qui nous assaille et découvrir notre propre liberté. 

Taride

Joseph se nomme en réalité Thierry Michelet. Il a créé pour l’exposition un espace dont les murs sont recouverts d’affiches décollées puis recollées. Sur l’un, un homme prostré devant le mur de sa maison à Beyrouth, le visage entre ses mains. Il vient de ramasser une cravate rouge posée à ses pieds qui, aux dires de l’artiste « symbolise ce moment, mais nous indique également le chemin vers la résilience et la volonté de devenir affirmé ». Sur un autre, mitoyen, un enfant tend la main vers un œillet rouge. Il est écrit sur le mur « From hate to love » : nous sommes au Portugal le 25 avril 1974, la dictature de Salazar tombe et les manifestants portent un œillet rouge à la boutonnière. Ces œillets vont se retrouver dans les canons des fusils des militaires. La démocratie arrive en chantant et peu de gens savent que certains de ces œillets provenaient de Nice par avion. Puis, sur un autre mur, un vélo poussiéreux est posé, avec trois valises en carton : est-ce celui de la débâcle de 1940 ou du retour à domicile quelques mois plus tard ? 

Joseph
Joseph

Histoire de se rafraîchir profitons des dessins humoristiques sur le thème de la liberté de Kianoush. Il nous replonge dans le quotidien et nous démontre que la liberté d’expression est devenue un acte militant. C’est important quand on voit le New-York Times annoncer qu’il ne publiera plus de caricatures politiques !

Kianoush

Maintenant il n’y a pas que cela dans « Liberté, liberté chérie ». Simone Dibo-Cohen a choisi des sculptures, tableaux, photographies, installations qui se répandent dans le bagne et dans les étages du pavillon de l’horloge, mitoyen. Citons les aux moins car ils ont tous du talent et empressez-vous d’aller les découvrir : Banksy, Li Baoxun, François Bard, Nars-Eddine Bennacer, lui Bolin, Matteo Carassale, Franta, Marc Gaillet, Barna Gacsi, Gérard Haton-Gauthier, Louis Jammes/Basquiat, Miryan Klein, Christian,  Davide Meneghello, Anthony Mirial, Lucien Murat, Philippe Nuell, Philippe Pasqua, Philippe Perrin, Jason Pumo, Shadi Rezaei, Pierre Riba, Benjamin Sabatier, Victor Soren, Cédric Tanguy, The Kid et Ramtin Zad.

L’exposition, organisée par l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne et le Conseil Département des Alpes-Maritimes est visible au port de Nice jusqu’au 15 septembre 2019. L’entrée est gratuite.

Christian Gallo – © Le Ficanas ® – Photos : Christian Gallo et Dominique Tardler.

François Bard
Gacsi
Baoxun
Bolin


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Nice : il faut raser la villa Paradisio.

Patrick Allemand, conseiller municipal d’opposition, s’oppose à la vente par la Ville de la villa Paradisio, ex conservatoire de musique de Nice. Il veut « sauver la villa Paradiso d’acheteurs peu scrupuleux de son histoire et de son architecture. » La Ville vend la villa et son jardin 7,8 millions d’euros. 

Esthétiquement ce n’est pas un chef-d’œuvre, c’est même kitch. La DRAC va vérifier si ce bâtiment a une valeur patrimoniale. Mis à part que ce fut un conservatoire, c’est un parallélépipède peint en blanc avec un escalier peu pratique et un immense jardin. Mais la vue sur Nice et la mer est très belle. Un acquéreur va s’empresser de raser tout cela, jardin compris pour pouvoir construire au raz du trottoir du boulevard de Cimiez un bel immeuble de béton et de verre avec de grandes terrasses pour bénéficier de la vue. La ville, pour prouver sa bonne volonté, pourrait d’ailleurs enlever les arbres du boulevard qui incontestablement gâchent le paysage.

Construire serait alors pourvoyeur d’emploi, et vendre augmenterait la part du revenu foncier de la métropole. On pourrait même, à l’arrière, face aux propriétés mitoyennes, construire le fameux 20% social pour le personnel de la future résidence (ça en rez-de-chaussée, à l’arrière, et pour moitié en sous-sol, et dans les étages supérieurs pour quelques amis méritants).

Cette façade arrondie, en verre réfléchissant, serait visible de la mer par les bateaux de croisières et deviendrait un repère brillant symbolisant la ville de Nice, comme le fut en son temps le Château de l’Anglais pour signifier aux marins américains où étaient les putes. En construisant au raz de la propriété on devrait pouvoir installer dans ce méga bâtiment une bonne centaine d’appartements répartis sur sept étages, ou plus si il y a une dérogation. En outre cela ferait un pendant avec le Diamant en construction actuellement sur l’avenue Thiers par l’architecte Daniel Libeskind, le spécialiste des musées juifs dans le monde (Berlin, Copenhague, San Francisco…) Il pourrait d’ailleurs construire la villa Paradisio dans le même style pastiche de Franck Gehry. N’oublions pas que ce bâtiment de l’avenue Thiers existe grâce à l’aval du deus ex machina de la ville de Nice : Jean-Jacques Aillagon.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Saint-Paul-de-Vence : « A vot bon cœur m’sieurs dames ! »

La presse s’ennuyant profondément, mais il faut bien vendre des journaux, a fondu comme la vérole sur le bas clergé breton devant la nouvelle d’un papy qui veut faire payer l’accès à un village. Claude Granerau sera candidat à la mairie de Saint-Paul-de-Vence en 2019. Histoire de faire le buzz, afin que sa candidature ne passe pas inaperçue, il propose de faire payer 5 euros aux touristes qui viennent visiter le village. Il argumente : « Il y a une ligne Nice-Pékin qui vient d’ouvrir, il va y avoir des millions de Chinois. L’an dernier, on a reçu 2 millions de touristes, ça fait 10 millions d’euros. »

Mince alors ! Des jaunes ! Faut qu’ils payent eux-aussi. Et plein de gens trouvent cela très bien. A partir du moment que l’on taxe les autres il y a toujours des gens qui trouvent ça bien. Alors la presse nationale surenchérit, même Capital reprend l’information. Il faut dire que Claude Granerau, 82 ans, en rajoute : « Avec ça, je refais les remparts qui sont dans un triste état, je crée une supérette et une boulangerie. Et je mets à zéro la taxe foncière et celle d’habitation. Grosso modo, cela revient à baisser les impôts de 20 % ».

Du coup, un de ses opposants à la candidature municipale, Jean-Paul Faure, y va de son refrain : « Il faut qu’on ait une vision pour Saint-Paul, qu’il reste un village vivant et non un musée ou un Disneyland provençal ». Mais c’est un Disneyland provençal depuis bien longtemps, en particulier entre 9 heures et 19 heures. Et ce brave homme de 66 ans qui réside à St Paul depuis dix ans seulement, rajoute « Le problème, à Saint-Paul, c’est qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion ». Mais a-t-il son permis de vol ? Du coup, le maire sortant et qui ne se représente pas (76 ans), Joseph le Chapelain, déclare « Il y a toujours un pilote dans l’avion. Mais l’avion est piloté du dessus. » C’est un drone !

Simplifions : on ne peut pas faire payer l‘accès au domaine public, mais nos apprentis politiciens ne doivent pas le savoir. Il y a quelques années de cela, lors des fêtes médiévales, le village d’Entrevaux avait envisagé de le faire pour la durée de la manifestation ; les organisateurs se sont vite fait redresser par le préfet.

En attendant, tandis que la France entière s’attend à des batailles ardues à Paris, Marseille ou Nice, c’est à Saint-Paul-de-Vence que cela va se dérouler, village candidat au titre de Clochemerle de France.

Christian Gallo – © Le Ficanas ® – Photo : C. Gallo

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Croyance et célébrité.

  • Des tas de gens ne pensent pas.
  • Tu dis n’importe quoi. Ils pensent à Dieu, à leur futur post-mortem. 
  • C’est vrai les compagnies n’assurent pas encore le post-mortem.
  • Mais oui ! Dieu justement. On a construit des milliers d’églises, de cathédrales, de temples, de synagogues, de mosquées pour cela. Tu rentres et tu demandes pardon pour pouvoir assurer ton au-delà. 
  • Oui mais tu ne payes pas.
  • Si tu payes, on t’inflige des punitions : des prières à la chaîne, des mortifications, il y a plein de trucs comme ça. D’écouter André Rieu, Beyonce, Patrick Juvet, Alagna…
  • Tu es méchant comme à ton habitude. Tu ne veux pas que les gens croient au paradis ou à l’enfer.
  • Mais, si, mais si. Ils croient en ce qu’ils veulent. D’ailleurs ils croient en n’importe quoi. La moindre information sur les réseaux sociaux est reprise par les informations à la télé, commentée par les fameux experts (style Christophe Barbier ou Jean-Michel Aphatie), diffusée partout, amplifiée, déformée… Mais les gens y croient.
  • N’exagère pas !
  • Je vais te confier un secret : tu te souviens de Sœur Sourire ?
  • Ah oui : « Dominique, nique, nique… »
  • C’est ça. Elle était belge et elle vivait avec une copine. Eh bien en réalité à ce moment là elle a eu un gosse.
  • Arrête de dire des bêtises.
  • Et ce n’est pas tout : ce gosse c’était Roger Jouret.
  • Et c’est qui ça ?
  • Roger Jouret ? C’est Plastic Bertrand, tu vois celui qui plane ?
  • Ah oui !
  • Non seulement il était le fils caché de Sœur Sourire, mais en plus ce n’est pas lui qui chantait et  il vient de mourir, le 19 juillet 2019.
  • Et tout ça c’est vrai ?
  • Deux parties sont vraies : ce n’est pas lui qui chantait son tube, et il est mort. Quant à Sœur Sourire, c’est faux.
  • Mais pourquoi tu racontes tout ça alors ?
  • Parce que tu y as cru. Maintenant tu vas planter deux arbres dans ton jardin : un pour Sœur Sourire et l’autre pour Plastic Bertrand. Dessous tu mets leurs noms et tu écris « Désunis dans la vie et unis dans l’au-delà ».
  • Mais c’est idiot !
  • Pas du tout. Je me charge d’en parler sur Facebook et sur Twitter. Tu vas voir ton jardin hommage va devenir un lieu de culte, comme la flamme du tunnel de l’Alma à Paris. Ils déposeront des fleurs, des peluches, des bouts de papier avec écrit dessus « nous ne vous oublierons jamais ! »
  • Et tu crois que je vais laisser mon jardin être envahi ?
  • Au départ ce sera gênant. Mais ton jardin est clôturé. Alors on va faire payer un droit d’entrée et tu commenceras à faire des sous. En plus on ajoutera les droits de retransmission télévisés pour les reportages. Et puis il y aura les commémorations : les anniversaires de la naissance des deux protagonistes.
  • Pourquoi ils viendraient chez moi ? Ils ont leurs tombes.
  • Oui mais c’est chez toi que l’on a découvert la vérité. Un peu comme Lourdes ou Fatima. Tu as vu le public qu’ils obtiennent ? Ton maire il va être content, ça va lui faire du tourisme supplémentaire. Plastic il est né un 24 février en période de carnaval ; les gens vont se déguiser pour venir ici.
  • Et l’autre ?
  • Sourire ? Un 17 octobre, une période creuse dans le coin. Le maire il va te baiser les pieds pour créer de l’animation à ce moment là. Plastic il est né à Bruxelles. On envisage des navettes de bus pour célébrer sa naissance chez toi. 
  • Allez deux jours par an, pourquoi pas.
  • Deux jours ? Tu rêves ! Il y a la saint Roger, le 30 novembre et Jeanne le 30 mai. La Sourire se prénommait Jeanne-Paule. Et puis il y a Noël, le nouvel an, la fête des mères et sainte Cécile la patronne des musiciens et des chanteurs, le 22 novembre…
  • Et tu es convaincu que tout cela va fonctionner ?
  • Mais bien sûr. Ils vont tous te manger dans la main et tu vas gagner beaucoup de sous.
  • Pourquoi chez moi ?
  • Parce que je suis passé aujourd’hui ; tout simplement. Tu vas voir ce que sera ton bonheur (moins mes 25%) quand tous ces moutons viendront paître dans son jardin. Colette, tu vois qui c’est, écrivait : « Qu’il s’agisse d’une bête ou d’un enfant, convaincre c’est affaiblir. » Au boulot !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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