Nice : jalousie immobilière entre le Département et la Métropole

Nicolas Sarkozy souhaitait que le département des Alpes-Maritimes devienne une métropole. Il en avait confié la tâche à Christian Estrosi qui ne pourra en réunir qu’une partie, l’Est et l’Ouest du département refusant de participer à la future métropole. Le département se retrouve alors divisé en trois parties : le centre de Nice à la montagne plus Cagnes sur Mer et Saint Laurent du Var, l’Ouest avec Antibes, Cannes, Grasse et l’Est avec Menton et la vallée de la Roya. 

La préfecture des Alpes-Maritimes est donc installée dans la métropole niçoise. Les bureaux sont au CADAM (Centre Administratif Départemental des Alpes-Maritimes) dans des bâtiments formés de cubes, que l’on surnomme des bulles, construits il y a quarante ans à l’entrée de la vallée du Var. Il va falloir, pendant ces quarante années, renforcer les abords car nous sommes là en pleine zone inondable. 

Le CADAM c’est 2.200 fonctionnaires, treize bâtiments, 81.000 m2 de surface de plancher et 2.000 places de stationnement. Une station de tramway, la proximité de l’aéroport et une sortie d’autoroute. Même si les bâtiments ont parfois besoin de travaux de mise à jour, l’ensemble est bien pratique et donne satisfaction.

Mais Charles-Ange Ginésy, président du Conseil départemental, a mis en œuvre deux projets : le GREEN Deal (plan de transition environnementale) et le SMART Deal (plan de transition numérique). Difficile de comprendre à quoi peut bien servir ce SMART Deal. Il s’agit tout simplement d’améliorer le quotidien des citoyens par la modernisation de l’administration départementale. Résumons : tout doit être fait en ligne ; vous ne sortez plus de chez vous (à quoi bon, vu la pollution) et avec votre accès internet vous vivez administrativement. 

Donc pour en arriver là, on va raser le CADAM et construire un seul et unique bâtiment qui au dire du président va « autour de la construction d’un Smart Building permettant de rapatrier l’état-major du SDIS et de rapprocher tous les centres opérationnels dans la gestion de la sécurité des biens et personnes et l’utilisation des datas : le SDIS, la gestion du trafic routier, les données météorologiques, les données environnementales… » Si vous n’avez pas compris, ce n’est pas grave : on va tout raser pour mettre un seul immeuble, ce qui dégagerait des espaces pour des jardins probablement.

Eh bien non ! Puisque Christian Estrosi, président de la métropole, rase des bâtiments publics et en construit d’autres sans cesse, pourquoi le président du département n’en ferait-il pas autant ? Et en outre, nique superbe, sur le territoire de la métropole ? Ginésy avoue alors : « Cette opération majeure devra optimiser le site en le densifiant et en libérant du foncier notamment dans sa partie nord-est, au contact du quartier des Moulins, pour ouvrir le site sur la ville de Nice. » On est rassuré, la guerre du béton entre Nice et le Département va s’intensifier et il s’agit d’une grosse opération commerciale !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Nice : un Chirac bien encombrant !

L’histoire de la statue de Jacques Chirac aux Ponchettes dans l’axe de la préfecture est un événement amusant et rocambolesque. Ce jour-là, à la même heure, était inaugurée sur le port à la galerie Lympia (l’ancien bagne) une exposition consacrée aux œuvres de Soulages. Mais le problème est que cette galerie appartient au Conseil départemental des Alpes-Maritimes et non pas à la métropole de Nice. Dans la métropole l’art est réservé aux achats fort dispendieux de Jean-Jacques Aillagon et les deux musées du Conseil départemental (Galerie Lympia et musée des Arts asiatiques) doivent être passés sous silence.

Bref, on démolit le plus vieux musée d’art moderne d’Europe, la galerie des Ponchettes, fondé en 1947 par l’UMAM (Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne) à la demande de Matisse et de Bonnard. Il en reste les colonnes, les murs ont disparu. Donc on inaugure une statue de Chirac, dans un espace Chirac où on a mis du dallage chinois, des palmiers (comme partout dans Nice) et où on a repeint les façades des arrières des restaurants et leurs climatiseurs. Nombreux sont ceux qui sont surpris de cette initiative municipale d’ériger une statue en l’honneur d’un président de la République, récemment décédé mais qui fut également, et pour l’instant, le seul président de la cinquième République condamné à deux ans de prison pour détournement de fonds publics et abus de confiance. En réalité, Chirac a encore ses fans qui bêtement sont aussi des électeurs et Christian Estrosi qui ambitionne le renouvellement de son mandat au premier tour de l’élection municipale, a besoin de cet électorat pour arriver à ses fins.

L’inauguration a lieu, la statue très statique n’est pas d’une facture extraordinaire, et on apprend par un journal du nord de la France que le tout a coûté 2.100.000 euros ! Un tiers payé par les contribuables niçois et le reste par ceux de la métropole. Agitations dans le Landerneau facebookien d’internautes surpris par le montant de la dépense. Au bout de deux jours, la municipalité envoie Gaël Nofri, l’ex conseiller de Marine Le Pen, justifier la dépense auprès de Nice-Matin. Et là on apprend que ce chiffre correspond à l’ensemble des travaux du passage : Érection des colonnes (qui étaient déjà existantes) en lieu et place du musée, dallage, palmiers et statue. Cela reste quand même très onéreux. D’autant plus qu’un matin on découvre qu’il manque deux doigts à la statue !

Tout le monde la croyait en bronze et il aurait été difficile de casser deux doigts. Mais un dessinateur, ami du maire, explique qu’il s’agit d’une chose courante car le produit qui a servi à la fonte de la sculpture a mal été nettoyé et il est normal qu’on le voit apparaître quand on casse un morceau. Ah ! Le plus surprenant est que le sculpteur lui-même va venir la réparer. Les Niçois s’esbaudissent : plus de deux millions pour ériger une statue en bronze qui n’est pas en bronze !

En outre l’allusion est claire. A l’entrée du port de Nice on découvre une statue en pierre de Charles-Félix de Savoie désignant le port de Nice de son bras gauche. Il manque les doigts à la statue, cassés par les Niçois, le jour où on retirera à Nice le statut de port franc. Lors des émeutes les doigts furent cassés. 

Pour en revenir à ce malheureux Chirac, on pensait que la propagande électorale était terminée et que tout allait se calmer. Que nenni, un samedi soir quelques promeneurs décidèrent de grimper sur la fameuse statue. Alerté, le maire de Nice, Christian Estrosi, annonce qu’on allait les reconnaître grâce à ses caméras de surveillance. Problème : sur les caméras on ne voit rien et on arrête deux jeunes gens que l’on est obligé de relâcher faute de preuves. Mais alors en quoi est réalisée cette statue dont le bronze ne résiste à rien ? On vient d’apprendre qu’elle est en mousse et a coûté 30.000 €. La définitive sera en bronze et coûtera 90.000 €. Coût de la sculpture : 120.000 €. Et les 1.980.000 € c’est pour le dallage et les palmiers ?

Le Ficanas propose la création d’un collectif pour ériger une statue d’Albert Spaggiari à l’angle de la rue de la Préfecture et de la place du Palais, là où il a sauté par la fenêtre du premier étage. Par la même occasion, on pourrait débaptiser la rue pour lui donner son nom. Après tout le héros n’a grugé que quelques particuliers qui avaient un coffre à la Société Générale et non pas effectué des détournements de fonds publics.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Menton : politique à la tronçonneuse

Le candidat à Menton du Rassemblement national, Olivier Bettati a formé une liste mesclun qui rassemble des candidats de toutes origines politiques, même municipales, de gauche, de droite et d’ailleurs. Justement dans cet ailleurs il y a Damien Savastano Rey. Ce monsieur était le responsable pour la région PACA de Sens Commun. Pour ceux qui auraient oublié, Sens Commun est ce mouvement politique très catholique (même traditionaliste) qui est à l’origine de la Manif pour tous, qui organisait les défilés contre le mariage pour tous. On va surtout les revoir pour soutenir François Fillon, en particulier pour le fameux et dernier meeting de ce dernier au Trocadero. 

Le problème est que Damien Savastano Rey va recevoir des plaintes car il aurait déclaré que « l’homosexualité n’était pas « naturelle », qu’elle était « grave » et qu’elle se situait « au même niveau » que la pédophilie « sur l’échelle de la folie humaine ». Il n’y va pas avec le dos de la cuillère le petit Damien, d’autant plus que Sens Commun fait partie de Les républicains. Voila qui doit faire plaisir à Jean-Claude Guibal le maire sortant (et toujours candidat), membre de Les républicains.

Et bien Olivier Bettati l’a viré de sa liste comme le dit Nice-Matin : « J’ai donc pris la décision de l’informer que je le retire immédiatement de notre liste ». C’est du Cahuzac à petite échelle, c’est Menton, pas le gouvernement. Mais l’esprit y est : on recrute un candidat que l’on sait être à Sens Commun, mais personne n’a eu l’idée de vérifier que ce dernier avait tenu de tels propos ! Pourtant on le présente comme le responsable du Rn à Menton. Sur la photo de Nice-Matin c’est le barbu de gauche. Ça y est, ils s’entretuent dans le même parti !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Anticoruption verte

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Estrosi – Ciotti : la guerre reprend !

On a quand même eu un bon moment, celui ou le grand chef des investitures de Les républicains, Eric Ciotti, a adoubé Christian Estrosi pour être candidat aux élections municipales. Tout le monde s’est senti soulagé en se disant que l’on n’aurait pas besoin d’aller voter au premier tour et qu’il n’y aurait pas de deuxième tour. La dessus passe la trêve des confiseurs et on se dirige tranquillement vers le printemps électoral. Quelques candidats se présentent soit pour respecter la tradition, soit pour démontrer tout simplement que Nice vit sous un régime parfaitement démocrate.

Et puis on voit revenir Benoît Kandel sous l’étiquette CNIP-DVD. CNIP c’est le Centre national des indépendants et paysans, ancien parti qui va naviguer du centre à la droite quasiment extrême, au point que son président actuel aille au meeting de Marine Le Pen en 2017. Sur la Côte nous avons un candidat du CNIP, soutenu par le Rassemblement national : Olivier Bettati à Menton. Cette candidature de Kandel à Nice ne fait pas vraiment plaisir à Estrosi qui envoie à l’attaque son lieutenant favori Gaël Nofri, ex conseiller de Marine Le Pen et organisateur des campagnes du Front national à Nice.

Là Benoît Kandel déclare : « je suis le seul candidat représentant authentiquement les électeurs de Eric Ciotti ». Et il ajoute « s’ils ont décidé de tourner le dos à Christian Estrosi, c’est parce que celui-ci a trahi leurs convictions politiques en se rapprochant de LREM ». Elle est bizarre cette phrase, c’est celle que psalmodiait dans cesse Eric Ciotti du temps où il était fâché avec Christian Estrosi ! Le plus drôle étant que le député LREM Cédric Roussel, qui avait une grosse envie de candidater, se retire de la campagne : « Nous sommes à trois semaines de la date du début de dépôt des listes pour les prochaines élections municipales, six semaines du premier tour et mon mouvement ne s’est toujours pas prononcé sur Nice, 5e ville de France. Dans le même temps, le maire sortant clame haut et fort rejeter le soutien et les valeurs que pourrait lui apporter notre mouvement, rendant ainsi impossible toute co-construction d’un projet commun ».

Mais ce n’est pas tout, il y a plus comique : l’ancienne adjointe LREM d’Estrosi, Joëlle Martinaux, qui ayant osé évoquer de devenir candidate avait perdu toutes ses délégations nous informe : « Je me range aux consignes du parti [LREM] qui est en train de décider de ne pas présenter de candidat face à Christian Estrosi. Et je suis disponible pour accompagner le maire sortant sur les dossiers de la santé et du social » Pauvrette, elle s’est enhardie à tenir tête au grand chef : punie !

Quand on a une majorité présidentielle qui ne sait plus où elle en est, un ex-candidat putatif qui avance masqué derrière un autre et pour finir un chef qui s’accroche à son fauteuil comme la vérole sur le bas clergé, on est en plein dans la commedia dell’arte : eh oui cher électeur, la guerre n’est pas finie.

Cristian Gallo –  © Le Ficanas ®

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Estrosi et la culture verte

Dans le cadre de sa campagne électorale sur le thème « plus vert que moi tu meurs », Christian Estrosi a décidé de raser le théâtre de Nice. Il a déclaré « Après avoir rénové la maison, je vous propose maintenant d’embellir le jardin », c’est à dire continuer à faire pousser du gazon en lieu et place des bâtiments existants.

Alors quelle est la maison qui a été rénovée ? C’est l’église des Franciscains du Vieux-Nice qui vient de servir pour les vœux du maire et qui comporte 460 places. Le problème est que le théâtre de Nice possède deux salles : celle du haut avec ses fauteuils en cuir de buffle rouge qui comprend 963 places et celle du bas de 318 places. Total : 1281 places contre les 460 places supposées les remplacer !

Mais en outre il y a des équipements techniques qui ne peuvent être envoyés d’une salle à l’autre ; pis encore, l’église ne possède pas d’accès pour les grands décors, c’est à dire des portes style hangar. De toute façon ces décors, leurs camions et leurs remorques ne pourraient pas tourner dans les ruelles de la vieille ville.

Alors l’équipe de Christian Estrosi explique qu’il faut remettre le théâtre de Nice aux normes (lesquelles ?) et que cela coûterait entre 12 et 18 millions d’euros. Mais alors qu’a fait la municipalité Estrosi en douze ans ? Mais au fait combien va coûter la démolition du théâtre, du parvis et probablement du parking attenant ? Il est vrai quelle drôle d’idée d’aller dans le centre de Nice en voiture alors qu’il y a le tramway. La ville est réservée aux niçois qui y naissent, y vivent, y travaillent et y meurent. Les autres n’ont pas à venir.

Alors la directrice, Muriel Mayette-Holtz est contente « Il a des défauts, des incohérences, il tourne le dos à la ville, les gens sont obligés de monter les escaliers pour venir, un théâtre ça doit être ouvert sur la ville. » Et si on remplaçait cela par « Il ne reste qu’une salle nettement plus petite, donc moins de travail et surtout la moitié de programmation à envisager, ce qui va me permettre d’aller à la plage » ?

La culture ça pousse mais il faut l’engraisser avec du talent et de l’esprit tandis que la gazon ça pousse plus vite et il suffit d’un peu de Glyphosate…

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Menton va-t-elle basculer dans la métropole de Nice ?

A première vue, aucun des trois principaux candidats ne le souhaite ; ce sont leurs dires. Mais cette élection risque de bouleverser les certitudes. Jean-Claude Guibal candidate pour la sixième fois. Cela fait plus de trente ans qu’il dirige la ville, ayant succédé au général Aubert. Il est le représentant des familles qui dirigent la commune et il est marié à Colette Giudicelli qui avait été son adjointe et qui est sénatrice. Mais ce chef qui serait indétrônable semble être arrivé en fin de règne. On dit la sénatrice mal en point, la belle fille du maire n’est pas très appréciée, son époux guère plus et nombreux sont les électeurs qui ne se voient pas continuer avec un maire né à Ajaccio en 1941. Cela lui ferait 85 ans en fin de mandat. Il est malgré tout le candidat choisi par Les républicains.

Jardin Carnoles (Photo C. Gallo)

Autre tendance droite à Menton : celle du centre-droit avec Patrice Novelli. Il a été choisi par Jean-Christophe Lagarde pour avoir l’investiture de l’UDI (Union des démocrates et indépendants) pour l’élection municipale ; il en était déjà le délégué départemental. D’ailleurs d’autres centristes se sont ralliés à lui, en particulier des membres du MoDem et surtout Agir, le droite gouvernementale. Ex premier adjoint, il a la particularité d’être un candidat qui travaille comme chef d’entreprise à Menton, ce qui lui procure l’avantage de bien connaître les habitants en les fréquentant quotidiennement.

Et puis on retrouve Olivier Bettati. Le candidat d’extrême droite ne peut pas se présenter à Nice contre son éternel ennemi Christian Estrosi alors qu’il fut son adjoint. La place est prise par l’ancien Identitaire Philippe Vardon qui siège au Conseil régional sous l’étiquette Rassemblement national. Donc Olivier Bettati a choisi Menton dont il a raté les dernières élections législatives soutenu par le Front national. En 2015 il dirige la liste de Marion Maréchal Le Pen dans les Alpes-Maritimes pour les régionales. Cette fois-ci il est candidat à la municipalité avec une étiquette CNIP et surtout avec le soutien du Rassemblement national.

Tous souhaitent que Menton ne rentre pas dans la métropole d’Estrosi, d’autant plus que l’on se souvient de Xavier Beck, maire de Cap d’Ail, qui y entraîna sa commune une fois élu. Le problème est que Christian Estrosi et Renaud Muselier, le président de la région, soutiennent à demi-mot Olivier Bettati selon Nice-Matin. Pourtant, toujours aux dires du quotidien, « Une partie des Mentonnais n’est pas dupe et voit le candidat niçois comme un « parachuté », un « proche de Marion Maréchal le Pen » qui voudrait faire de Menton un « laboratoire de l’union des droites »

Situation surprenante où le maire de Nice, ne parle jamais du maire sortant qui est dans le même parti que lui ; il faut dire que l’acquisition de Menton et de la Communauté de la Riviera Française permettrait à Christian Estrosi de diluer la dette en appliquant sa taxe foncière métropolitaine à plus de contribuables. Alors si Olivier Bettati est probablement le masque de l’extrême droite, serait-il aussi celui de la Métropole niçoise ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Nice : un aéroport pas écologique mais très économique.

En février 2015 Christian Estrosi avait organisé un référendum pour qu’Emmanuel Macron, alors ministre, ne mette pas en vente l’aéroport de Nice. Ce référendum ,que le Ficanas avait qualifié de « cagade » à l’époque, avait couté 100.000€ aux contribuables pour une participation ridicule dont le résultat était connu d’avance : 97,5% contre la vente des parts de la métropole. Estrosi avait alors déclaré : « Sans cette maîtrise de laéroport, les biens immobiliers des Niçois perdront de 30% а 40% de leur valeur et les grandes enseignes quitteront le territoire azuréen. » Il ne s’était rien passé…

En juillet 2019 le Même Estrosi avait fait voté aux représentants de la métropole la vente de 4 des 5% d’actions détenues. Ce fût 81 millions d’euros de plus dans les caisses. Mais ces 4% rapportaient pourtant 3.300.000 euros par an. Mais tandis qu’à Paris on essaye de monter un référendum populaire au sujet de la vente de Aéroport de Paris, à Nice on a mis les Niçois et les métropolitains devant le fait accompli. Pourquoi tous ces revirements, ces retournements de veste ? D’autant plus qu’un mois plus tard, son ami de toujours, Eric Ciotti annonce également la vente des 4% des parts du département des Alpes-Maritimes au groupe franco-italien Azzura. 

Cet été, Jean-Baptiste Djebarri, secrétaire d’Etat aux transport du gouvernement, n’a pas été débordé par les manifestations nationales. Bien au contraire, il a profité de la une des médias concernant la SNCF et la RATP pour laisser le 20 décembre dernier l’Etat délivrer le permis de construire de 25.000 m2 supplémentaires à l’aéroport de Nice. Dorénavant il fera 97.000 m2. La préfecture des Alpes-Maritimes annonce alors avoir accordé le permis de construire « après les avis favorables avec ou sans prescriptions de tous les services consultés ». Pourtant il faut respecter certaines réserves émises :

  • Respect du plan d’exposition au bruit,
  • Intégration dans le paysage environnant,
  • Respect de la zone Natura 2000 ou se trouvent les oiseux de l’embouchure du Var,
  • Et surtout suivi des émissions de gaz à effet de serre.

Tout va bien dans le meilleur des mondes mais l’extension risque d’engendrer une forte augmentation du trafic aérien, de l’ordre de 50% et plus dans les 10 prochaines années, d’après le Collectif citoyen 06. « Sur le fond, ce projet est en incohérence totale avec tous les enjeux d’urgence climatique », a déploré le cofondateur de cette organisation, Airy Chrétien. Et il ajoute : « En dépit des réserves de l’Autorité environnementale, en dépit des 75% d’oppositions formulées lors de l’enquête publique, en dépit de notre demande de saisine de la Commission nationale du débat public, considérant qu’il y avait collusion, localement, entre la métropole, la préfecture et l’aéroport, en dépit des 500 morts prématurés à Nice du fait de la pollution de l’air, en dépit de tout, le permis a été accordé ». 

Mais alors que l’on prévoit une pollution aggravée sur Nice et ses environs, et quand on voit le nuage de pollution qui couvre la Côte tous les jours, qui est donc bénéficiaire de cet situation ? Un consortium regroupant la société italienne Atlantia (anciennement Autostrade, filiale du groupe Benetton et gestionnaire de l’aéroport de Rome), EDF Invest et la principauté de Monaco.

Les Italiens sont là pour faire des sous et vont probablement accroître le nombre de commerces dans les galeries marchandes du projet. EDF Invest a d’autres problèmes : il faut relancer la filière nucléaire française et surtout continuer à construire le fameux réacteur de Flamanville dont le coût est tellement élevé qu’il coûterait moins cher de produire du caviar plutôt que l’énergie. Quand à Monaco, l’aéroport de Nice leur est indispensable pour la navette entre l’héliport de Nice et celui de Monaco. Car Monaco est le marché d’immobilier de luxe le plus cher au monde. Avec 48.800€ au m2 Monaco a dépassé Hong Kong, Tokyo et New York. Quand on ne travaille qu’avec cette clientèle il faut bien favoriser l’accès à leurs appartements, si par hasard ils leur viendraient l’idée saugrenue d’y aller.

Alors face à ces intérêts que pèsent la pollution, les problèmes respiratoires et la vie des habitants de Nice et de sa métropole ? Rien. Nous sommes là simplement dans une affaire de fric, d’intérêts étrangers pour gaver des actionnaires que l’on ne connait pas. Et pour couronner le tout ces affaires financières sont cautionnées par des élus ou des fonctionnaires de haut niveau peut-être aveugles ou feignant de l’être. Il est vrai qu’ils vont nous parler alors d’emploi et de développement économique comme d’habitude. Mais comme le dit le proverbe : chacun est aveugle dans ses intérêts. 

Christian Gallo – © Le Ficanas ® – photos : Jean-François Ottonello & Patrice Lapoirie

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Pouet-pouet ça veut dire Bonne Année en ouah-ouah.

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L’extrême-droite avance masquée !

C’est triste : au bout de dix ans d’union libre Marine Le Pen et Louis Aliot se séparent. Elle, elle reste dans le nord à Hénin-Beaumont et lui dans le sud à Perpignan. Pourtant ils sont tous les deux à l’origine de la dédiabolisation du Front national. Ils en ont fait le Rassemblement national pour essayer de glaner de nouveaux électeurs, surtout ceux effrayés par les propos racistes et xénophobes du parti. Donc Aliot a loué de beaux bureaux dans le cœur historique de Perpignan, il ne va plus aux réunions du parti à Nanterre et on ne l’aurait pas vu à Fréjus en septembre. N’est-ce qu’une rupture sentimentale ? « Cela arrive à un mariage sur deux. Il y a encore beaucoup d’affectif entre nous. » affirme-t-il ; on est rassuré. Il ajoute « Politiquement, nous restons sur la même ligne. J’ai toujours été en soutien. Je suis et je resterai toujours mariniste. ». Car son problème est de percer le fameux plafond de verre qui empêche d’arriver au pouvoir. Il est quand même député le monsieur… Pourtant Marine Le Pen consomme allègrement au sein du FN : Franck Chauffroy, Eric Lorio et enfin Louis Aliot.

Alors on se pose une question Aliot est-il le candidat du Rassemblement national ? Bien sûr, mais pas tout seul. Déjà Robert Ménard va venir en janvier et peut-être l’ex sarkozien Thierry Mariani pour le soutenir. Sur sa liste on trouve déjà Marion Bravo qui sort du mouvement de Valérie Pécresse. Et ce n’est pas fini. Il faut ramasser dans tous les partis pour faire sauter le fameux plafond de verre. Pour être élu, agissons masqués !

REUTERS/Eric Gaillard

Aliot n’est pas une exception et à l’autre bout de la Méditerranée française il y a Menton. Et là rebelote. Olivier Bettati n’était pas l’amant de Marine Le Pen, il n’a même jamais été au Front national ni au Rassemblement. Pourtant on l’a vu dans tous les meetings de Marine et même de Marion. Nice étant un fief impossible à conquérir, lui aussi ratisse large à Menton pour casser le fameux plafond. La députée Alexandra Valetta-Ardisson, LREM tendance déclare : « Bettati veut faire de Menton un laboratoire marioniste ». Le Ficanas lui-même avait remarqué cette ouverture, qui virait au grand écart dans un article : Menton : Olivier Bettati est-il de gauche ? L’article avait fait rire, tant mieux, mais aussi réfléchir, tellement de candidats d’origines singulières se pressant sur sa liste. Olivier Bettati avait répondu « Par contre je ne suis pas un idéologue, une liste doit être le miroir dune ville. Je vais choisir des gens pour leurs compétences pas pour leur étiquette politique, sans ostracisme quils soient RN, LR, centriste, écolo ou de gauche. » C’est clair : on ratisse large pour arriver au pouvoir. Il vient d’inaugurer sa permanence derrière la gare routière et confirme sa recherche tout azimut. Maintenant on attend qu’un programme corresponde à ce rassemblement mais « On reparlera du programme, de culture, de smartcity, de jeunesse, de ville verte. ». Ce sera probablement après les rois quand les opposants auront fait connaitre le leur. 

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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