Piémontais ou Niçois ?

L’hiver à Nice, j’entendais parler le niçois ; l’été au Piémont c’était du piémontais. Dire à l’un qu’il parle la langue de l’autre c’est parfois s’attirer des ennuis, bien que dans le haut de la vallée de la Roya on mélange facilement les deux langues. Mais comme l’indique mon patronyme, j’ai eu droit aux deux cultures.

Il y a entre deux et quatre millions de personnes qui parlent le piémontais, beaucoup moins qui l’écrivent. C’est une langue romane, comme le français, l’occitan, le niçois, le catalan et le franco-provencal. Mais le piémontais est souvent pratiqué à l’étranger. Un jour, tandis que j’animais le Train des Merveilles de Nice à Tende, je rencontrais des touristes argentins qui ne parlaient ni français, ni italien, ni anglais, ni niçois, mais piémontais. En effet de 1850 à 1950 nombreux sont les piémontais qui vont immigrer en France, en Argentine et en Uruguay ; mais ils conserveront leur langue maternelle. 

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Le col de Tende : une frontière ?

La langue officielle des Etats de Savoie va devenir une langue régionale avec la création du royaume d’Italie et surtout pendant la deuxième guerre mondiale où l’on se rendra compte que les militaires ne se comprenaient pas toujours. Dès la mise en place de la télévision en Italie on organisera des concours pour récompenser ceux qui parlaient le mieux l’italien. 

Il y a des particularismes dans la langue piémontaise : l’absence de nombres ordinaux à partir du sept (on dit « col che a fà set » pour septième. Une sixième voyelle, un « ë » qui correspond au « e » français l’autre étant un « é ». Etc.

Alors comparons pour le plaisir le piémontais et le niçois. Il y a de nombreux rapprochements quand même. 

Piémontais Niçois
cadrega cadièra
pijé pilhar
surtì sortir
travajé travalhar
droché/casché/tombé tombar/cabuçar
ratavolòira ratapinhata
ca/mison maion/ostau
brass braç
nùmer nombre
pom poma
scòla escòla
bòsch bòsc, lenha
monsù Mossur
madama dòna
istà estiu
ancheuj ancuèi
dman deman
jer ièr
lùnes diluns
màrtes dimarts
mèrcol/merco dimecres
giòbia dijòus
vënner divendres
saba dissabta
dumìnica diménegue

Viva !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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6 commentaires pour Piémontais ou Niçois ?

  1. Miqueu dit :

    Bonjour,
    Dans la colonne de mots Niçois je ne vois pas beaucoup de mots Niçois ?
    amicalamen

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      • Miqueu dit :

        Et pourtant, si je peux me permettre de suggérer quelques corrections …
        Je ne connais pas le provençal mais en Niçois les verbes du 1er groupe se terminent en à, en provençal c’est ar.
        En fait il y a trois mots corrects : cadiera, deman, dimènegue.
        Nissart : cadiera, pilhà, sourti, travalhà, toumbà, ratapignata, maioun, bras, noumbre, poun, escola, bouòsc, moussù, madama, estiéu, ancuèi, deman, ier, dilun ou lun, dimars ou mars, dimecre ou mecre, dijóu ou jóu, divendre ou vendre, dissata ou sata, dimènegue ou dimenche.
        Amicalamen

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  2. Phil' dit :

    Nos parlers cousinent, c’est sûr, leurs racines étant sinon toujours identiques, très voisines. Cet été, j’ai bien ri en cherchant à me faire comprendre auprès du prppriétaire — turinois, parlant aussi bien le piémontais que la langue de Dante — de mon chalet loué pour les vacances que les gonds de l’une des portes grinçaient. Je lui parlais des « cardine della porta » à quoi il me répondit, ah, si, les « ciarniere »… ce genre de chose, contribue, je l’avoue, à enchanter nos rapports avec nos cousins d’outre monts.

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  3. Nico dit :

    Si je peux me permettre messieurs pour tous vous mettre d’accord, l’infinitif en nissart comme en provençal se finit en « à ». « Ar » c’est dans montagnes dans les dialectes Gavoat/Gavouòt. Il y a cela dit moins de fautes que tu dis car Miqueu, la seule différence avec tous ces que tu as écrit à juste titre c’est la graphie. Mais sinon tout est juste sauf « poma » qui n’existe pas comme tu dis en lenga noastra si di « poum »/ »pom », cabuçar aussi jamais entendu moi je n’emploie que « tombar/toumbà » ou cascar/cascà. Pour le coup de l’infinitif en « ar » c’est encore une question de graphie, dans tout les cas on prononce « à ».
    Ecco! E iéu per finì tot acò mi fau un plasì de vi scriure mé una grafìa italianisanta che mi plas toplen coma en lu secolo passat.
    Lo Nissart, lo Pimontès e lu parlà dei valadi ossitani ( val d’esturo, Val grana eceterà) son de lenga suòre.
    Buòna sera!

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  4. Nico dit :

    Mi scusi per li fauta de franses mà embé « l’écriture automatique dau celulari…

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