La mairie de Nice a eu son enquiquineuse !

Peut-être plusieurs d’ailleurs, mais la plus connue fut sans aucun doute Aurel, femme de lettre née à Cherbourg. Son vrai nom : Aurélie Octavie Gabrielle Antoinette de Faucamberge, mais elle signera également sous les noms de ses maris. Sa spécialité fut des romans sensuels consacrés au couple : Pour en finir avec l’amant, La Semaine d’amour, Le Drame d’être deux, Le Miracle de la chair et aussi La vierge involontaire… et il y en a d’autres.

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Un peintre de Saône-et-Loire s’installe à Nice en 1890, Cyrille Besset, paysagiste, aquarelliste, il va vivre dans le quartier Saint Barthélémy et il part avec sa boite de couleur peindre les paysages et les villages du haut pays niçois. Le critique d’art de l’époque, Pierre Borel, disait de lui « Il peignait lentement, comme s’il eût joué d’un instrument et sous ses pinceaux, le Midi perdait peut-être un peu de sa lumière, mais se revêtait d’impalpables reflets mauves, d’une grâce sans pareil. » Il va mourir en prenant froid en peignant le rocher de Monaco. Mais Cyrille Besset avait épousé la fameuse Aurel. Et cette dernière estimant que la ville de Nice ne rendait pas vraiment hommage à feu son époux, elle va véritablement assiéger la mairie de l’époque pour que cette grande rue qui coupe en biais le nord de la ville, porte le nom de Cyrille Besset. Le Conseil municipal n’en peut plus de subir les assauts d’Aurel et le 18 décembre 1904, l’avenue Saint Barthélémy devient l’avenue Cyrille Besset.

Mais c’est insuffisant, alors Aurel crée le prix de peinture biennal au nom de son ancien époux. Quelques années plus tard elle se séparera des toiles de Cyrille Besset en salle des ventes.

Présidente du cercle littéraire et artistique de Grasse, elle fait la navette entre Paris et Nice. Et elle va rencontrer, puis épouser un écrivain célèbre : Alfred Mortier. Journaliste, poète, compositeur, critique puis auteur de théâtre. Il collabore avec de nombreux journaux, à Nice, Monaco et Paris. Aurel va alors l’épouser et dès qu’il décédera, elle repart assiéger le Conseil municipal pour qu’une rue de Nice porte le nom de son défunt mari. Des grandes rues comme Cyrille-Besset, il n’y en a pas beaucoup, alors ce ce sera une petite rue mais dans un quartier à la mode où s’ouvrent de nombreux théâtres. La rue Alfred Mortier longe l’église du Vœux, de l’avenue St Jean Baptiste à la rue Hôtel des Postes. Aurel écrivit alors « L’homme de ma vie, Alfred Mortier ».

Elle ne se remariât pas une troisième fois. Le Conseil municipal de Nice put alors souffler.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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