De 5 euros à 30 millions par mois (une histoire de raviolis).

Quand on parle de fric, les jours se suivent et ne se ressemblent vraiment pas. Josep Maria Bartomeu (c’est le président du club de foot de Barcelone) explique à propos de la clause qui fait cracher 222 millions d’euros au PSG « Ce genre de clauses est impossible à lever si vous voulez respecter le fair-play financier. Si vous ne voulez pas le respecter, alors vous pouvez le faire. » Le PSG va devoir vendre 2,6 millions de maillots marqués « Neymar » pour arriver à payer cette somme. C’est une superbe opération populaire, un peu comme le Loto, mais ça ne rapporte rien à ceux qui payent.

neymar Panzani

Mais en fait la surprise n’est pas là : le joueur de foot en question va être rémunéré 30 millions d’euros par an pendant cinq ans ; en gros, 2,5 millions par mois. Heureusement Gérard Darmanin, le ministre des comptes publics « se réjouit » de voir que le footballeur va devoir payer des impôts en France. En réalité il bénéficie d’abattement du fait que c’est un travailleur étranger et n’est pas imposable sur ses revenus en dehors de la France. Mais Darmanin est content et on suppose donc que le gouvernement et le président de la République également.

Il est vrai que de gratter du fric au plus riche, ça les change, eux qui grattent les plus pauvres. Car face aux 30 millions mensuels du brésilien, il faut bien mettre les cinq euros mensuels que l’on va piquer aux bénéficiaires de l’aide au logement. Sans entrer dans le mélenchonisme le plus vulgaire qui consiste à étaler ses courses sur les bancs de l’Assemblée nationale, le transfert de Neymar équivaut à 152 millions de boites de raviolis.

Subitement on se rend compte que le système se détraque : on nous annonce qu’un mec qui tape dans un ballon va gagner 2,5 millions d’euros par mois, alors que 6,5 millions de ménages français (dont 800.000 étudiants), qui ont du mal à se loger et qui doivent faire appel à la générosité publique, sont punis et vont devoir cracher cinq euros de plus par mois pour avoir un toit sur la tête. Et pour couronner le tout, l’actuel gouvernement explique qu’il s’agit d’une mesure du gouvernement de François Hollande ! Car il va de soit que bien qu’élu, il n’a strictement aucun pouvoir pour remédier à cette situation.

Simplifions : d’un côté un footeux qui va se gaver de raviolis et devenir gros au point de ne plus jouer au football, et de l’autre des citoyens qui vont crever la dalle car il va leur manquer cinq euros pour bouffer. La presse n’ayant rien à se mettre sous la dent, mis à part la canicule et les incendies, offre au public un hommage au PSG (club dirigé par un qatarien, Nasser Al-Khelaïfi qui s’offre un brésilien), tandis que les fameux cinq euros récupérés chez les plus pauvres sont déjà tombés dans les oubliettes de la communication estivale. Pourtant ce parallèle improbable existe, même s’il semble outrancier.

« Dieu a dit il faut partager : Les riches auront la nourriture, les pauvres de l’appétit. » – Coluche.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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