L’innovation va-t-elle garantir une baisse du chômage ?

Il est évident que les entreprises qui n’innovent pas doivent faire face à des problèmes économiques. Si elles s’entêtent à produire des biens que l’on peut obtenir au quart du prix à l’autre bout de la planète, elles sont condamnées à la fermeture à court terme. Mais l’innovation a deux effets : elle augmente les travailleurs qualifiés qui vont obtenir une hausse de leurs revenus et parallèlement met en danger les travailleurs peu qualifiés qui, lentement, se dirigent vers le chômage.

On a assisté à cette situation pendant la révolution industrielle du XIXème siècle. De nombreuses entreprises, sous la poussée de leurs employés, ont refusé l’innovation ; elles ont quasiment toutes disparues très rapidement. La même situation est comparable depuis près d’un siècle dans l’agriculture. La mécanisation a favorisé les grandes surfaces agricoles qui ont pu acquérir un matériel performant. Les petites entreprises qui ont voulu produire les mêmes choses avec des moyens réduits disparaissent petit à petit. Seules survivent les petites entreprises très spécialisées, comme le bio en particulier. Et les personnels agricoles qui sont partis en ville sont majoritairement inemployés car leurs qualifications ne correspondent à aucun besoin en tissus urbain.

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En outre le chômage ne favorise pas l’activité économique : plus il y a de chômeurs, plus il y a de baisse de la consommation des ménages. De ce fait l’activité économique du pays va diminuer et les consommateurs vont acquérir des produits importés, moins chers, même s’ils sont de moindre qualité, au détriment de la production nationale. Du coup on produit moins : c’est le chat qui se mord la queue.

Alors on demande à l’État d’intervenir. Mais l’État ne peut pas grand-chose puisqu’il n’est pas une entreprise et qu’il a vendu les entreprises qu’il détenait depuis longtemps. Cela a été le problème majeur du gouvernement Hollande : à promettre une baisse du chômage en espérant une reprise économique européenne, à laquelle la France a peu participé, il a du attendre la fin de son mandat pour voir la situation s’éclaircir très légèrement. Cela va coûter son poste au président de la République.

Pour innover les entreprises vont devoir promettre des salaires élevés pour sélectionner les meilleurs professionnels. Cela va accroitre les inégalités, et pour maintenir les emplois au niveau national il va falloir qu’il y ait de plus en plus de travailleurs pauvres. On crée donc un salariat à deux vitesses uniquement lié à la qualification des salariés. L’innovation crée des problèmes qui sont totalement liés à leur formation. Les entreprises pour vivre vont donc devoir renouveler la main-d’œuvre. Les chômeurs passeront de plus en plus de temps pour retrouver un emploi et ils en retrouveront si pendant ce temps là ils se forment pour prétendre à une qualification de plus haut niveau.

Peut-être que la formation devient le secteur d’activité qui va profiter le plus rapidement d’une relance économique.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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