Présidentielles : une campagne peut-être optimiste.

On aime décrier cette campagne présidentielle, les médias se vautrent dans les affaires et la majorité des candidats dans un avenir dramatique et sans issue, histoire de faire peur à l’électorat. En réalité c’est la première fois que le système gauche-droite vole en éclat depuis le début de la Vème République.

Il y a toujours eu plusieurs candidats pour le premier tour de l’élection présidentielle : 1965 : 6, 1969 : 7, 1974 : 12, 1981 : 10, 1988 : 9, 1995 : 9, 2002 : 16 (un record !), 2007 : 12, 2012 : 10. Mais rarement il y a eu un tel équilibre entre les postulants. Les divisions étaient souvent fictives et le désistement des candidats à l’issue du premier tour prévisible. Par exemple en 1995 les candidatures de Chirac, de Balladur et de de Villiers ouvraient largement la porte à l’élection de Jacques Chirac.

2017 est différent. Au départ il y a déjà les fameuses primaires totalement contradictoires avec la constitution qui les prévoit au premier tour. Mais la gauche en ayant bénéficié en 2012 avec une couverture télévisuelle exceptionnelle, autant recommencer. D’autant plus que les deux partis qui gouvernent depuis 1958 sont totalement incapables de désigner un candidat. Ils ont donc fait appel au peuple qui va choisir pour eux. Le résultat est clair, la gauche et la droite élisent un candidat par défaut qui ne satisfait pas l’électorat. Ensuite on a droit au fameux Penelope-gate qui brouille complétement la campagne. Mais ce n’est pas nouveau. Pour couronner le tout, le président sortant ne se représente pas.

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Photo Hache pour l’AFP

On arrive donc, du fait des sondages, à un équilibre entre les candidats avec des écarts très faibles qui laissent la porte ouverte à de nombreuses surprises. En effet le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, n’est pas soutenu par les membres du gouvernement, socialistes eux-aussi ! Il devient donc un socialiste de gauche face à des socialistes de droite… Le candidat de Les républicains, François Fillon, après une campagne basée sur l’honnêteté et la transparence, se fait piéger par des affaires personnelles qui lui font perdre toute crédibilité. Il radicalise alors son message politique qui devient très populiste à l’image de celui du Fn. Le Pen, Fillon, Hamon représentent la tradition électorale. Mais justement le scrutin s’ouvre.

En effet la première surprise est le résultat qu’obtient Emmanuel Macron dans les sondages. Issu du gouvernement Hollande, il entame une campagne de communication à la Kennedy (mais Kennedy avait un épais passé électoral) qui le place à un niveau très haut auprès des électeurs. Le programme arrive après. C’est une nouveauté dans une campagne présidentielle en France, car le candidat fait appel à des politiques de tous les groupes et cela fonctionne ! On passe donc avec lui d’un système de bipartisme à quatre candidatures. Mais surtout on a l’impression que le duo traditionnel gauche-droite doit faire face au duo centre-extrême-droite. D’autant plus qu’une partie des politiques disparaît : L’UDI qui soutient Fillon, le quitte ensuite et ne sait plus où il est ; le MoDem, limité à François Bayrou, passe de Juppé à Macron. Quant à l’extrême-gauche, celle de Mélenchon, elle permettra difficilement au candidat d’être élu, mais, du fait du talent de ce dernier, est très audible.

Le dernier sondage, même s’il ne s’agit que d’un sondage, est significatif : Macron et Le Pen à 26% chacun. Fillon à 20% ; Hamon à 13,5% et Mélenchon à 11,5%. Si l’on considère que la moitié des électeurs n’ont pas pris de décision, c’est un scrutin très ouvert et très positif. Car pour être élu, il va falloir proposer des idées neuves et efficaces. Quand on passe son temps à décrier l’existant, il faut bien trouver des solutions. D’autant plus que deux candidats (le Pen et Fillon) luttent farouchement contre la justice et la presse ; par quoi vont-ils les remplacer ? Il y a aussi un nouveau point positif, l’écologie. Les écologistes ne présentant pas un candidat, ils sont présents dans pratiquement tous les programmes, mais les choix ne sont pas les mêmes.

On attend maintenant des messages clairs : chômage, pauvreté, Europe, politique étrangère. En réalité tout commence et si certains candidats négligent ces sujets ils seront voués aux hégémonies des Français.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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Un commentaire pour Présidentielles : une campagne peut-être optimiste.

  1. Coulet dit :

    Nous sommes malheureusement assignés à résistance : Préconisons une sixième République pour une prise en compte de la citoyenneté

    Aimé par 1 personne

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