Il y a t’il un duo Macron-Hollande ?

Le 30 août 2016, à quinze heures, Emmanuel Macron se rendait à l’Elysée pour annoncer son départ du gouvernement à François Hollande. Il remettait sa lettre de démission au président et leur entretien dura quinze minutes. Mais, on l’a moins évoqué, la veille, le président et son ministre ont diné ensemble longuement. Très vite les médias, en particulier télévisuels, avaient fait intervenir leurs analystes politiques, leurs fameux experts, pour parler de la trahison du ministre de l’économie vis-à-vis du président qui l’avait introduit comme conseiller à l’Élysée. Il faut dire que ces termes créaient de l’audimat et il ne fallait pas louper cela.

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Emmanuel Macron et François Hollande à l’Elysée le 2 mars 2016. – WITT/SIPA

Déjà Macron avait fondé son mouvement « En marche » depuis quelques temps, car il avait constaté que le couple Hollande-Valls était loin d’être apprécié par les socialistes, et les frondeurs en particulier. En plus, quelques jours avant, le couple Macron était apparu à la une de Paris-Match et si le ministre avait évoqué ensuite que cet article avait été rédigé à son insu, personne ne l’avait cru. Emmanuel Macron venait d’entamer sa campagne présidentielle à la Kennedy ou à la Lecanuet.

Jeune et beau gosse, il séduit une grande partie de l’électorat, en particulier féminin : la méthode Kennedy. «Je vais construire et faire avancer une offre progressiste, pour qu’elle gagne en 2017» déclare-t-il ; ça veut tout dire et ne rien dire. Un minimum de programme, pour qu’on ne puisse pas lui reprocher certains projets, mais une présence médiatique et physique très forte : Macron remplit les salles, là où ses concurrents n’y arrivent pas.

François Hollande est loin d’être un imbécile, même si il est devenu imbu de lui même, comme tous les hommes de pouvoir, et qu’il va croire longtemps qu’il a ses chances pour un deuxième mandat, il n’est ni sourd, ni aveugle. Quand il va accepter des primaires à gauche, il sait très bien, dès le départ qu’il n’y participera pas, car il serait illogique qu’un président sortant ait à se justifier lors de débats face à ses anciens ministres. Mais François Hollande ne dira rien et attendra le premier décembre pour l’annoncer.

Pourquoi si tardivement ? D’une part pour voir ce que donne la campagne du petit, et d’autre part pour coincer le Parti socialiste dans une campagne très courte où les candidats vont avoir du mal à s’exprimer comparativement aux primaires de la droite qui se sont développées sur plusieurs mois. Et justement le candidat de la droite, qui lui est entré en campagne présidentielle, va s’user beaucoup plus vite.

Depuis Hollande rajoute des petites touches : pas un mot contre son ancien ministre de l’économie, pas un mot en faveur de son ancien premier ministre. Tout le gouvernement reste très discret et soutien Valls du bout des lèvres. Le président lui continue à gouverner, il voyage et prépare son bilan. Bizarrement Ségolène Royal déclare « Macron est victime de jalousie entre mecs. Parce qu’il est brillant, jeune et beau, les autres le jalousent. Qu’est-ce qu’on dirait s’il s’agissait de rivalité de femmes entre elles ! » Et ajoute « Si l’on devait éliminer tous les politiques qui trahissent, il ne resterait plus grand monde ». Il faut avouer qu’au niveau de la trahison au PS, elle en a largement fait les frais. Ségolène, envoyée spéciale du président ? Probable.

Du coup François Hollande en rajoute et le soir du deuxième débat des primaires du PS à la télévision, il part au théâtre. Geste très mitterrandien qui démontre que, quel que soit le résultat des primaires, il s’en lave les mains. Cela va continuer et la président gouvernera jusqu’au printemps en ignorant la campagne et en semant des indices en faveur de son poulain. Car, si il est évident que Marine Le Pen risque de s’essouffler, on constate que François Fillon qui a regroupé les élus de Les républicains (sauf Wauquiez et Estrosi), a du mal à rassembler les électeurs qui ne remplissent que difficilement ses meetings. Le danger est donc chez Mélenchon. Mais justement Macron affirme qu’il n’est ni à gauche, ni a droite. Et la droite électorale lorgne de plus en plus vers la Le Pen.

Alors que s’est-il dit lors de ce fameux diner du 29 août ? Il y a t’il eu un plan de campagne élaboré entre François Hollande et Emmanuel Macron ? Et pour quels objectifs ? François Hollande prévoit il un retour après le quinquennat de son ancien ministre ? Il fait partie de ceux qui ne renoncent jamais.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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