Les primaires ne sont que la déliquescence des partis politiques.

A l’origine, la Ve République est un régime parlementaire. En faisant élire le président au suffrage universel de Gaulle en a fait un régime présidentiel, l’un des rares d’Europe. Jusqu’en 2007, le système a fonctionné normalement, le premier tour de l’élection présidentielle étant une primaire nationale. Dans l’esprit gaullien de la Ve République, l’élection présidentielle est la rencontre entre un homme et la nation. Mais pour 2012 le Parti socialiste décide de mettre en place une primaire pour départager les candidats et en particulier les courants divers du parti.

François Hollande, riche d’une expérience à la tête du parti, s’en sort brillamment et les débats télévisuels seront un véritable outil de propagande pour les socialistes. L’opération a obtenu de tels résultats qu’aujourd’hui c’est la droite et les écologistes (à l’interne) qui organisent les leurs. Du coup les sondages et les journalistes deviennent les véritables patrons des primaires ; d’ors et déjà deux candidats sont désignés pour le deuxième tour et les autres sont questionnés sans cesse pour savoir vers lequel des deux candidats ils se désisteront.

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Et nous passons alors de la politique à la politique-spectacle où l’on recherche la petite phrase, la saillie, la boutade qui assassinera médiatiquement l’autre. On a l’impression que les primaires ne sont que le terrain d’entraînement pour les présidentielles elles-mêmes qui, dans quelques années, finiront par ressembler au débat pitoyable Trump-Clinton que l’on peut voir à la télévision.

Le jeu de massacre est entamé et l’image politique devient indigeste à défaut d’être folklorique. La primaire est le pire des systèmes exacerbant les divisions au sein même des partis. Ces partis sont en déliquescence car, ayant peu de membres, ils essayent de survivre médiatiquement sans avoir de véritables programmes. En 2012 la primaire a séduit car elle était nouvelle ; aujourd’hui elle lasse car elle est répétitive. On peut comparer cela à Loft Story, amusant la première fois et ennuyeux par la suite.

Les partis sont devenus incapables d’avoir un chef naturel, car les ambitions personnelles sont telles que tous combattent. Ils aimeraient ensuite que l’on les estime pour leurs abnégations, mais plus personne n’y croit. Les primaires dévoilent les magouilles, les combines, les ambitions les plus perverses, entachent la valeur de certains candidats et masquent la sincérité d’autres.

Il y aura des votants aux primaires, car c’est devenu un jeu, et pourtant elles vont être décisives pour le destin de la France.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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