Ne regardez pas les Jeux Olympiques, c’est hors de prix !

Ah, la cérémonie d’ouverture, mais en plus dans un stade mythique, celui du Maracaña ! Et qui plus est ce n’est pour rien car le billet d’entrée le moins cher est de 1.302 € (vous pouvez en acheter, s’il en reste sur https://www.eventeam2016.com/fr/billetterie/). Et s’il n’y en a plus offrez vous la cérémonie de clôture bradée à 634 €. Quelle chance de voir défiler cette jeunesse mondiale, unie, fraternelle, débonnaire qui va s’affronter en évitant de ne pas se faire prendre par les analyses anti-dopage.

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Car les jeux olympiques sont avant tout une affaire de fric : la candidature est déjà très onéreuse : Tokyo qui organisera les jeux en 2020 avait déjà dépensé 62 millions d’euros avant même d’être choisi, PyeongChang pour les jeux d’hiver de 2018 a dépensé 218 millions d’euros pour l’élaboration de son dossier. Quand arrive le moment de les organiser c’est alors la catastrophe : en 2014, pour les jeux d’hiver et pour faire plaisir à Poutine, les jeux couteront 36 milliards d’euros. Ces organisations mettent en faillite les États, les communes, les régions.

En 1908, Rome devait organiser les jeux olympiques, mais deux ans avant il y a l’éruption du Vésuve et la capitale italienne renonce. Elle organisera les premiers grands jeux olympiques en 1960 avec 83 pays participants et pour la première fois une retransmission télévisuelle. Le coût est si important que la ville va se retrouver endettée jusqu’à la fin du XXème siècle.

Autre exemple Athènes en 2004 : les jeux pour la Grèce seront de 9 milliards d’euros. La dette du pays, déjà mal en point, se creusera de 2 à 3 % à cause d’eux. Depuis la Grèce qui a plongé dans la plus grande crise économique des pays de l’Union européenne, continue à vendre son patrimoine national pour renflouer le déficit.

Rio est soi-disant régi par un partenariat public-privé. En 2014, le coût avoisinait les 36 milliards d’euros ; cette somme est très largement dépassée aujourd’hui. Lorsqu’il est pris la décision d’organiser les JO à Rio, le Brésil est sur la voie d’un redressement économique important avec une croissance à deux chiffres ; mais entre temps l’effondrement du prix du pétrole va bloquer le développement économique. En effet la découverte de gisements en mer aurait du faire du Brésil l’un des tous premiers exportateurs au monde.

Les favelas face au fric des JO

Les favelas sont des villages dans la ville. On a connu cela sur la Côte d’Azur, il y a longtemps maintenant, où Monaco en pleine construction était cerné des deux villages de favelas : Beausoleil et Cap d’Ail où résidaient les ouvriers qui construisaient la principauté. Petit à petit elles vont se transformer en villes. A Rio le nombre de favelas est beaucoup plus impressionnant mais les JO vont détruire. Une petite favela voisine du parc olympique est carrément rasée pour laisser la place à des routes d’accueil des personnalités et au centre de presse. On reloge les gens dans des HLM ou bien on les indemnise. Mais certains refusent de quitter leur quartier et la justice n’arrête pas de délivrer des arrêtés d’expulsion. En outre ce sont dans ces favelas que résident les ouvriers qui construisent le site olympique.

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Au Brésil le revenu moyen par habitant avoisine les 1.000 euros. Mais le nombre de millionnaires est si élevé que ces 1.000 € ne signifient rien. Pourquoi alors organiser des jeux olympiques qui après la coupe du monde de football n’ont fait qu’entraîner des manifestions quasi quotidiennes dans le pays ?

Plus de limite.

CANDIDATS JO

Pour 2024 quatre villes sont candidates : Budapest, Los Angeles, Paris et Rome. Les dossiers vont déjà couter plusieurs millions d’euros aux contribuables. On n’a aucune idée à ce jour de la situation économique de ces villes dans huit ans. Mais on est certain que cela reviendra très cher aux contribuables et bénéficiera à nombre d’entreprises. Si cela développe de l’emploi et des revenus, ce sera profitable. Mais rien ne peut le prouver aujourd’hui. La seule certitude est que les négociations en vue des droits de télévision sont en cours. Car les jeux olympiques n’ont plus comme but de valoriser le sport, mais avant tout de paraître à la télé et d’engranger des écrans publicitaires.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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