Nice : des manifestants aux barbons politiques, il y a un grand écart.

Ce samedi matin, il pleuvait sur la place Masséna. 400 personnes selon France 3, 200 selon Nice-Matin, beaucoup plus selon les organisateurs, bref pas grand monde pour réclamer le retrait de la loi El Khomri. Il y avait là des syndicalistes et des militants de la gauche de la gauche. Peu de monde pour un département d’un million d’habitants ? Pas très étonnants quand on sait que les syndicats sont surtout présents dans les entreprises publiques et quasiment inexistants dans les entreprises privées. En outre le privé dans les Alpes-Maritimes c’est en général des PME ou des TPE, sans aucune vie syndicale. La gauche de la gauche et même une grande majorité de la gauche traditionnelle s’estiment cocufiées depuis que le président Hollande a décidé de passer à la gauche libérale. Le 31 mars dernier il y avait eu 10.000 participants (3.000 selon la police) pour une manifestation identique ; mais là il y avait les lycéens.

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© France 3 Côte d’Azur

Par contre le vendredi soir on va retrouver 500 personnes (250 selon la police) sur la place Garibaldi pour la Nuit Debout. Beaucoup de jeunes évidemment avec des panneaux « Rêver le monde pour mieux le construire », et un état d’esprit totalement différent. Les manifestations sociales dans les rues de Nice sont rares ; la ville est bien ancrée à droite. Et d’ailleurs, ce qui était surprenant, c’est que la place Garibaldi n’était pas remplie par le fameux peuple de gauche. L’opinion politique ne comptait que faiblement. Comme le retransmet Libération ces propos d’un manifestant sont typiques : « Le problème à Nice, c’est qu’on n’a pas de précédent, pas de grande culture de gauche ni de culture étudiante contestataire. Du coup, les militants sont plutôt isolés, et les étudiants désabusés ou résignés».

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© France 3 Côte d’Azur

Cette manifestation nocturne est à l’initiative de deux internautes. Cela prouve le poids du web dans l’action sociale aujourd’hui, mais comme le disait une manifestante à France 3 : «Aujourd’hui, tout est mensonge. Du pognon, il y en a, mais jamais pour s’occuper des citoyens. Alors, on peut  « liker » sur Facebook, mais on peut aussi se bouger pour venir le dire ».

On constate que les demandes des manifestants qui portent sur la même loi sont très différentes. Elles sont archaïques pour les syndicats qui ne souhaitent pas que le monde, et les avantages dont ils bénéficient, changent. Par contre elles sont pleines d’espoirs pour une jeunesse qui nous parle d’avenir, d’écologie, de développement durable et de politique mondiale ! C’est une immense leçon pour les partis politiques actuels et les dirigeants. S’ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, aucune de leurs réformes ne sera acceptée, aucun de leurs pouvoirs ne sera confirmé. Ils deviennent, même jeunes, des barbons ilotes face aux espoirs d’une population qui les méprise.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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