La propagande de Jackie Kennedy sur les cimaises.

La commémoration est à la mode. Les politiques utilisent cela en permanence et la télévision également ; il n’y a pas de semaine où elle ne narre pas la vie intime d’un chanteur ou d’un acteur, histoire de faire de l’audimat. Même la scène vivante s’en mêle et des chanteurs inconnus interprètent avec plus ou moins de talent les chansons des disparus. Il est vrai que l’on s’adresse à un public vieillissant, pour qui retracer des souvenirs de leur jeunesse leur prouve que eux ils sont toujours là. Mais la France vieillit effectivement et il faut la satisfaire…

C’est maintenant le cas dans les galeries d’art. Certaines d’entre-elles exposaient jusqu’à présent des artistes vivants et seuls les marchands présentaient les œuvres d’art de ceux qui étaient décédés. Mais ces galeristes s’adaptent et privilégient aux œuvres d’art des reportages photographiques. Ils transforment leurs lieux d’exposition en musées temporaires avec des clichés comparables aux émissions de télévision évoquées ci-dessus.

john et jackie campagne

C’est le cas d’une tournée intitulée « Elle s’appelait Jackie » où l’on rassemble des photographies du Musée John Fitzgerald Kennedy de Boston. L’épouse du président américain est devenue une icône et on fait tourner l’exposition à travers toute la France en ce moment. Jusqu’au 26 mai prochain elle s’affiche à Nice avant de partir ailleurs. L’organisateur de l’exposition, Frédéric Lecomte Dieu, a même reçu Albert II de Monaco qui regardait les photos de sa mère avec celles de Jackie Kennedy et lui raconta une anecdote « Un autre jour, sur l’idée de Jackie, la princesse Grace s’est habillée en infirmière pour aller voir John Fitzgerald Kennedy. Il ne l’a pas reconnue ». C’est beau, émouvant et presque bling-bling…

L’envers du mythe

La presse a titré sur la femme d’exception qu’elle était et sur son histoire « fascinante ». Mais la réalité est plus drôle que la commémoration élogieuse qu’on fait aujourd’hui. Bien qu’ayant fait ses études à la Sorbonne à l’âge de vingt ans, Jacqueline Kennedy n’aimait ni le Général de Gaulle qu’elle trouvait « méchant », ni les français qu’elle trouvait égoïstes. Dans un enregistrement, où elle utilise des intonations à la Marylin, elle déclare « Il n’y a pas un seul Français auquel je puisse penser, à part peut-être deux personnes très simples (…) ils ne sont pas très gentils, ils ne pensent qu’à eux ». Plus loin, parlant d’Indira Gandhi la première ministre indienne elle la qualifiera d’être « une vraie gourde, amère, du genre rentre-dedans, une horrible femme ».

Sa rencontre avec le Général de Gaulle en 1961 à Paris ne fut pas un franc succès contrairement à ce que laissaient paraître les médias. Elle disait de lui que c’était un égocentrique, un homme venimeux. Se rendant aux obsèques du président Kennedy, de Gaulle avait déclaré à des proches : « Elle finira sur le yacht d’un marchand d’armes ».

Une vie très intéressée.

Issue d’un famille ruinée par la crise de 29, le divorce de ses parents (le père était alcoolique) va permettre à sa mère de se remarier avec un homme fort riche. Elle va donc bénéficier d’une bonne éducation et elle parlera quatre langues. Elle va devenir photographe enquêteur avec l’aide son beau-père pour fréquenter les personnalités politiques. Fiancée avec un agent de change, elle rompra pour fréquenter John Fitzgerald Kennedy. Très jalouse, elle hait cette famille Kennedy, à l’exception du père, Joseph, et du frère, Bob. Le lendemain de son mariage, John la trompera et ce sera ainsi en permanence. Ils se sépareront même en 1955. Après l’assassinat de Kennedy, elle se précipitera chez Onassis, de peur de manquer, puis à la mort de ce dernier chez le diamantaire Maurice Tempelsman.

De la propagande.

Dès le départ Jacqueline Kennedy, commandera les travaux pour redorer la Maison Blanche ; le lendemain même de l’élection de son mari ! Car elle est une grande dépensière. Les travaux de la résidence, dans le goût français, seront si élevés qu’elle publiera un guide pour faire des recettes afin de compenser les dépenses. Mais se sera surtout un outil de propagande.

Elle est belle et se veut très élégante. Au départ elle porte du Chanel, du Givenchy et du Dior. Mais très rapidement elle va porter du Lilly Pulitzer et surtout du Oleg Cassini qui réalise des copies de Coco Chanel. C’est pourtant un vrai Chanel rose qu’elle portait à Dallas. Elle refusera de se changer dans l’avion de retour à Washington, pour que les photographes puissent voir les taches de sang sur le tailleur.

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Car Jackie Kennedy aime être photographiée, mais, avec son mari, elle va créer une agence chargée de racheter les clichés qui ne lui conviennent pas. Elle dépensera 46.000 $ en tenue et accessoires pendant son séjour à la Maison Blanche et lancera la mode des lunettes de soleil, des jeans et des pulls à col roulé. Elle sera critiquée pour ses dépenses très élevées : elle est la Marie-Antoinette américaine. Ses bijoux sont signés Van Cleef & Arpels, à l’exception du fameux collier de perles noires de l’américain Kenneth Jay Lane.

Donc les images présentées en tournée dans les galeries françaises et à Nice en ce moment, sont tout simplement de la propagande.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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