Manuel Valls redoute-t-il l’échec comme celui de François Fillon ?

Les bruits courent vite dans le microcosme politique parisien et plusieurs journaux, comme Le Monde et Atlantico, s’en font les échos. A première vue Valls défend l’inscription de la déchéance de nationalité dans la constitution, soutient la réforme du code du travail mais ses convictions ne seraient-elles pas celles des échecs ?

Valls semble convaincu que François Hollande court à l’échec : soit il maintient sa candidature pour 2017 et risque de se faire doubler par le candidat des Les Républicains au premier tour, soit il choisit de ne pas se représenter et Valls aurait toutes ses chances aux primaires de la gauche. Un élu, proche de François Hollande, a déclaré au Monde : «Valls se prépare à sortir, il ne veut pas rester à Matignon jusqu’à la fin et être coresponsable du bilan. Alors il tend au maximum l’élastique pour qu’il finisse par casser. S’il est mis en minorité sur la loi travail, il pourra sortir en disant qu’il n’a pas les moyens de son grand réformisme». Qui a oublié le choix de Chirac face à Giscard ? Cela y ressemble…

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Mais surtout il a l’exemple de François Fillon ; l’ancien Premier ministre bénéficiait d’une bonne cote de popularité en 2012, mais il a disparu avec l’échec de Nicolas Sarkozy pour être resté jusqu’au bout. Et on voit aujourd’hui qu’il a beaucoup de mal à remonter la pente malgré un livre à succès. Manuel Valls ne peut pas se permettre cette situation ; il doit quitter François Hollande et ne pas l’accompagner jusqu’au bout de l’échec. Pour être candidat en 2017 ? Pas forcément, mais pour pouvoir poursuivre une carrière politique de haut niveau, peut-être comme chef de l’opposition.

Mais comment partir ? Tout d’abord en faisant porter la responsabilité des échecs sur la tête d’Emmanuel Macron. Ensuite en laissant le fossé se creuser entre la gauche et la droite du Parti socialiste, et enfin en attendant la loi El Khomri qui soit trouve une majorité à l’Assemblée avec le centre et la droite, soit ne la trouve pas. Dans les deux cas Valls constatera l’échec et quittera Matignon en promettant de soutenir François Hollande (ce qu’il ne fera probablement pas).

Hollande ne le virera pas de son poste car il en a besoin pour lui faire porter l’échec de sa mandature. Mais Hollande peut toujours dissoudre l’Assemblée nationale et là Valls risque de démissionner pour ne pas renter en campagne. Les réformes avortées deviendront alors la base d’une éventuelle politique socialo-démo-libérale dont il sera le chantre.

La stratégie politique à gauche vaut largement celle de la droite, mais après tout, si on enlève Hollande et Sarkozy, on va avoir une précampagne électorale agitée.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
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