SEMIACS : le talon d’Achille de Christian Estrosi ?

Certains pensaient l’affaire de la SEMIACS oubliée. Mais la Chambre régionale des comptes continue son enquête et après avoir mis en examen, en son temps,  Henri Alonzo l’ancien directeur général de l’entreprise, et Benoît Kandel, l’ex premier adjoint de Christian Estrosi, elle a provoqué la garde à vue de plusieurs personnes dont des syndicalistes CGT. Les dirigeants avaient été mis en examen pour « escroquerie en bande organisée, favoritisme, recel de favoritisme, prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics, corruption active et passive, abus de bien social, faux, et subornation de témoins pour la période comprise entre 2010 et 2013 ». 2010 à 2013 ? Nous sommes bien sous la mandature de Christian Estrosi, maire de Nice qui détient la majorité du capital de la société.

En effet la SEMIACS gère 11 parcs de stationnement soit 5.000 places à Nice et Cagnes-sur-Mer, pour le compte de la Métropole Nice Côte d’Azur. En plus la société gère également 10.000 places de stationnement à Nice. Quand vous stationnez votre véhicule, vous avez de fortes chances de donner de l’argent à la SEMIACS et de ce fait à la ville de Nice ou à la métropole.

Des salaires dispendieux.

En septembre dernier la Chambre régionale des comptes avait déjà soulevé cette fameuse convention collective, très favorable aux salariés mais inadaptée aux missions de l’entreprise. En effet on voyait alors apparaître des avantages surprenants : primes de vacances, intéressement collectif, et des rémunérations pour les cadres plus que conséquentes. En outre le recrutement et les promotions étaient souvent liés à des liens familiaux et à des recommandations personnelles. Subitement on a vu Mademoiselle Alonzo nommée agent de maîtrise avec une rémunération de plusieurs années d’ancienneté, alors qu’elle n’était là que depuis un an…

Monsieur Joulin, délégué syndical du syndicat majoritaire au sein de la SEMIACS était chef de parc de 1995 à 2009, car titulaire d’un BEP. A l’arrivée d’Henri Alonzo il va commencer à bénéficier de primes, et en 2013 obtient l’un des salaires les plus élevés de la société. Était-ce là un moyen d’éviter toutes revendications syndicales ? D’autant plus que Bruno Kandel déclare qu’il a « bien reçu le courrier de Monsieur Joulin, délégué syndical pour une demande de rajout d’intéressement «exceptionnel» de 55.000 euros [et] se dit favorable pour récompenser le personnel car il estime que cela est mérité au vu de l’année 2012 ». Pendant la période de 2008 à 2013 les augmentations des coefficients du syndicat majoritaire ont été de 25 à 133%.

En 2008 Monsieur Joulin coûte 52.271€ par an à la société, en 2013 il en coûte 121.396. Quant à Henri Alonzo la Chambre constate que sa rémunération était de l’ordre « de celle d’un ministre ».

1stationnement-intelligent

Christian ESTROSI, Député, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur, ainsi que Benoît KANDEL, 1er Adjoint délégué à la Sécurité, au Stationnement et à la Circulation, Président Directeur Général de la SEMIACS ont présenté le 12 janvier 2012 le système innovant du «Stationnement Intelligent» développé pour le compte de la Ville de Nice par la SEMIACS et sa filiale SUDE.

Des fournisseurs avantagés.

La SEMIACS n’est pas soumise à l’ordonnance des marchés publics, alors que son actionnaire majoritaire est la commune. Pas d’appel d’offres pour moins de 200.000 €HT d’achat de fournitures ni pour moins de 5 millions d’euros pour les travaux. La Chambre régionale « parle de contrats sans mise en concurrence comme celui d’un système dit de « stationnement intelligent ».

Mais qui contrôle la SEMIACS ?

Normalement la ville de Nice qui en est l’actionnaire majoritaire, mais la Chambre régionale conclut que la ville de Nice n’a exercé aucun contrôle. On est dans la même situation qu’AREVA ou que BYGMALION. Personne ne contrôle rien ou alors ne réclame pas les éléments pour remédier aux dysfonctionnements. En 2014, Christian Estrosi et Louis Nègre qui dirigent Nice et Cagnes-sur-Mer, actionnaires majoritaires de la société, se sont constitués parties civiles au nom de leurs communes respectives. C’est Philippe Pradal, le premier adjoint de Christian Estrosi qui est nommé président et Raymond Vallier directeur. La ville de Nice, et de ce fait la Métropole, envisage de passer les parkings en régie municipale cette année.

Qui est responsable ?

La mise en examen d’Henri Alonzo et de Benoît Kandel (n’oublions pas gendarme et ex premier adjoint de la ville de Nice) va entraîner des poursuites judiciaires. On peut facilement imaginer que ces derniers vont ouvrir le parapluie et envoyer le tout vers la commune qui n’a rien contrôlé pendant des années. Le patron de la commune, Christian Estrosi, est donc responsable de cet état de fait, sauf s’il avoue ne rien avoir contrôlé et trouve un lampiste… C’est d’un usage courant chez les politiques depuis longtemps.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
Cet article, publié dans Actualité, Politique, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s