Réforme du code du travail : attention aux mouvements sociaux !

Le projet de Robert Badinter, remis au Premier ministre, comprend des réformes fondamentales qui peuvent être la dernière solution de François Hollande face au chômage. L’actuel code du travail comprend 3.400 pages, il est vieux et archaïque, compliqué, et surtout il correspond à une société industrielle et non pas à une société de services.

infographie-code-du-travail-piotrek

Tout en protégeant les droits des salariés, il a pour but de s’adapter à plus de flexibilité en prenant en compte toutes les situations que peuvent rencontrer les entreprises, dont les horaires et l’organisation du travail au sein de l’entreprise elle-même. Il maintient les 35 heures et considère le dépassement comme des heures supplémentaires majorées. Il favorise le travail à domicile, en particulier dans le numérique.

Ce sont des réformes que François Hollande auraient dû prendre en début de mandat, au lieu d’attendre sa fin de mandat. Les propositions de Robert Badinter conservent la soixantaine de principes de base du code du travail, mais ce sera alors à la loi de le compléter. Mais le gouvernement va devoir faire face à un problème de taille s’il le met en application.

Les mouvements sociaux s’amplifient en ce moment (fonctionnaires, taxis…), ce qui est courant quand on dépasse le mi-mandat. Et ce code du travail doit être accepté par trois représentants, aussi bien dans la décision de la mettre en œuvre que dans son application : le gouvernement qui ne représente plus la majorité des citoyens, les syndicats qui ne représentent pas la majorité des salariés et le patronat qui ne représente pas la majorité des entreprises. En outre ces deux dernières instances bénéficient d’avantages avec l’actuel code qui vont disparaître. Quel intérêt pour eux d’appliquer le nouveau ?

Lorsque les instances qui doivent mettre en œuvre une telle modification sociale ne sont pas représentatives, les salariés ne suivent pas. Et pratiquement toujours ils descendent dans la rue. Ce sera là le dernier moyen de pression des syndicats. En outre ce nouveau code devrait satisfaire la droite (en particulier les heures supplémentaires), déplaire à la gauche (qui vient de disparaître du gouvernement avec la démission de Christiane Taubira) et, par principe, déplaire à l’extrême-droite fort peu libérale.

Le risque est donc que François Hollande repousse ces modifications après les élections présidentielles et ne l’utilise que comme une simple promesse électorale. Il se retrouve donc coincé entre un risque d’agitation sociale et un accroissement continu du chômage. Pendant ce temps là il est plus préoccupé par l’état d’urgence et sa modification constitutionnelle qui font partie de sa propagande électorale et dont les salariés se moquent totalement.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

A propos christiangallo

Rédacteur du Ficanas depuis 2005. © Le Ficanas est une marque déposée ®
Cet article, publié dans Non classé, Politique, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s