Tous pourris ? Non ! Quoique…

Il y a des mardis qui ne sont pas comme les autres. On apprend que les juges décident d’un réquisitoire supplétif dans l’affaire Fillon et cela pour « faux et usages de faux » et « escroquerie en bande organisée »… En effet monsieur ou madame, auraient fourni des documents truqués pour justifier le salaire de Pénélope. Ça n’empêche pas François Fillon d’être toujours candidat aux élections présidentielles, alors qu’il ne devait partir que s’il était mis en examen.

Puis on apprend que le ministre de l’Intérieur, au travers d’une enquête de Quotidien, employait ses deux filles pour une trentaine de CDD parlementaires à l’occasion de jobs d’été. Par ailleurs on constate qu’à la même date elles étaient en stage ailleurs ! Le ministre va quitter le gouvernement immédiatement (ce sera le cinquième ministre du quinquennat). Bruno Le Roux fait les frais des mesures utiles du président Hollande en plus.

Subitement peu de nouvelles de Marine Le Pen, qui refuse toujours de se présenter devant la justice de son pays, pour préserver son poste de candidate et ne pas être, elle aussi, mise en examen. Pas de justice pour elle mais un repas avec Frédéric Chatillon, l’ancien président du GUD, mis en examen dans l’affaire du micro parti de la candidate. Grand admirateur du nazisme et antisémite il écrit sur Facebook : « J’emmerde Adolf Hitler et le Troisième Reich ! Mais j’emmerde autant ces « journalistes » qui se permettent de raconter n’importe quoi ». On est rassuré, lui qui a en charge la coordination du print et du web, c’est à dire la propagande.

Le Roux Le Pen Fillon

Alors nos politiques sont-ils tous pourris ? Les petits conseillers municipaux des villages probablement pas, Mais les autres ? Il suffit de les voir passer dans leurs voitures de fonction avec chauffeur, leurs gardes du corps : ils paradent ! Ils ne se rendent même plus compte de ce que peut être la vie véritable de leurs concitoyens. D’ailleurs cette campagne est étonnante : on y parle peu de chômage, peu des huit millions de pauvres du pays, peu des retraites minuscules de certains. On évoque avec des phrases pleines de bonnes intentions mais on ne propose rien.

Mais il y a plus cocasse et hélas plus dramatique : lors du fameux débat télévisé où Tf1 avait choisi cinq candidats sur onze, deux d’entre eux sont plongés dans les affaires jusqu’au cou. Mais surprise, cela est à peine évoqué par les trois autres (solidarité corporatiste). Alors qu’il en va de la probité et de l’honnêteté du prochain président ! Mais visiblement tout le monde s’en fout. Le prochain président sera un pourri, pourquoi pas !

Tout cela ressemble à la fin de la IIIème République ou à la fin de la royauté. Tout s’effondre, tout s’autodétruit. Pour l’instant le peuple est passif car il espère changer les choses avec son bulletin de vote. Il le sera encore après les législatives, puisque ce sera l’été. Mais l’automne ? Un président par défaut, sans une véritable majorité, des élus malhonnêtes qui auront sauvé leurs postes et qui vont continuer à engranger ?

Ce mardi-là, écœuré, j’ai allumé mon téléviseur : il y avait Cash investigation en partenariat avec Mediapart qui nous démontrait que les évêques avaient protégé les prêtres pédophiles depuis des dizaines d’année. Edifiant ! C’était de la mondialisation nauséeuse masquée sous un vague aspect religieux.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Henri Emmanuelli et l’affaire URBA

Il est toujours triste de voir un homme disparaître, en particulier pour sa famille, ses proches, ses amis. On s’attend donc à des hommages. Benoit Hamon a déclaré ce matin, très ému : « Il a joué un rôle extrêmement important dans ce que je suis. Je lui dois beaucoup. Ça me bouleverse. C’était une forme d’âme sœur. Il était plus vieux que moi mais il était comme un frère en politique ». François Hollande tweete : « Henri Emmanuelli était un homme droit. Socialiste de cœur, de raison et d’action, il n’a jamais transigé avec ses idées et ses principes. »

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C’est bien de leur part, mais il ne faut pas oublier qu’Henri Emmanuelli, l’ancien président du Ps et de l’Assemblée nationale, fut le principal condamné de l’affaire URBA. De janvier 1987 à février 1989 on assiste à une affaire qui consiste au financement occulte du Parti socialiste. Trois bureaux d’études, Urba, Sages et Ble encaissaient par le biais de fausses factures des sommes de 2 à 4% de marchés publics. Elles le faisaient pour les entreprises qui souhaitaient obtenir ces marchés publics. Ces bureaux d’études conservaient alors 40% des sommes collectées et en reversaient 60% dans les caisses du Parti socialiste. La moitié de cette somme allait alors au parti au niveau national et le reste au niveau local. Tout cela pour financer les campagnes électorales.

L’affaire sera étouffée et amnistiée via le gouvernement, mais tandis que l’on croit que tout est redevenu calme, un méchant petit juge, Renaud Van Ruymbeke, ouvre à nouveau le dossier. Il enquête à ce moment-là sur une affaire de marchés publics au Mans où il voit réapparaître Urba ! Il va alors demander des perquisitions dans les locaux du Parti socialiste de… La Sarthe (décidément !) Puis il continue dans les locaux du Ps à Paris et finit par inculper le trésorier du parti, Henri Emmanuelli, le 14 septembre 1992.

Le procureur de la chambre criminelle de la Cour de cassation estimera alors qu’Henri Emmanuelli est le véritable patron d’URBA, au titre de trésorier du parti. En effet aux dires du procureur « c’est lui qui assurait la gestion des 30 % de commissions qui revenaient au parti ». Henri Emmanuelli sera donc condamné, en 1997, pour complicité de trafic d’influence et écopera de 18 mois de prison avec sursis et de deux ans de privation de ses droits civiques. Il n’y a pas eu d’enrichissement personnel de sa part. Il va être intéressant de lire avec attention les hommages qui vont lui être rendus.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Débat présidentiel sur Tf1 : le bal des tartuffes.

11 candidats ont obtenu 500 signatures d’élus du peuple pour pouvoir aspirer à devenir présidents de la République. Mais si cela est vrai pour les citoyens, ce n’est pas le cas pour Tf1 qui a décidé d’en sélectionner cinq et d’éliminer la majorité d’entre eux. On ne fait pas un débat politique mais une émission de variétés : c’est du « danse avec les stars » ou du « The Voice » ; en fait en limitant à cinq candidats le débat il est plus allégé, plus accessible aux téléspectateurs et permet donc de passer beaucoup de publicité. Ce débat est tout simplement une très bonne opération commerciale pour Tf1.

Tf1 a alors évoqué « la liberté éditoriale de TF1 ». La chaîne a estimé que l’absence de six candidats (Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau, Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, Jean Lassalle et Philippe Poutou) « ne remet pas en cause les règles du pluralisme dans la mesure où le principe d’équité est respecté par ailleurs », en s’appuyant sur la décision du CSA. Eh oui, en, éliminant six candidats, Tf1 les pousse vers des petites émissions qui ne vont pas bénéficier de l’audimat de ce débat.

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Capture d’écran sur Tf1

Mais on rajoute une dose d’hypocrisie de la part des cinq candidats sélectionnés par la chaîne de télévision. François Fillon : « On est 11 candidats, il y’en a 5 ici. Ça pose une question démocratique. Je sais que les sondages ont une grande vertu. Pour les commentateurs. Mais avec cette règle-là, je n’aurais pas pu participer à la primaire de la droite et du centre. Je voulais le dire ce soir. » Emmanuel Macron : « Je partage les propos tenus à propos des autres candidats absents de ce débat ». Marine Le Pen : « Puisque une majorité de candidats ont l’air d’être d’accord, je pense que Tf1 pourrait effectivement s’honorer à organiser un débat dans les mêmes conditions que celui qui est organisé ce soir avec les 6 candidats qui ne sont pas précisément présents ce soir ».

Mais alors pourquoi sont-ils venus ? Pourquoi ne partagent-ils pas, par solidarité démocratique, l’absence des six autres candidats en restant à la maison ? Pourquoi acceptent-ils de bénéficier de la promotion que leur offre Tf1 au détriment des autres ? Une monstrueuse tartufferie !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Le « service militaire » de Macron est-il une fausse bonne idée ?

« Ce service national universel, encadré par les armées et la gendarmerie nationale, s’adressera aux jeunes femmes et hommes aptes de toute une classe d’âge, soit environ 600.000 jeunes par an », et serait d’une durée d’un mois a ajouté le candidat aux élections présidentielles. Est-ce le retour du service militaire supprimé il y a quinze ans par Jacques Chirac ou bien un effet d’annonce dans le cadre de la campagne électorale ?

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Photo Pascal Rossignol / Reuters

La mise en place d’un tel service coûterait entre deux et trois milliards d’euros par an. « Chaque jeune Français ira ainsi à la rencontre de ses concitoyens, fera l’expérience de la mixité sociale et de la cohésion républicaine durant un mois. » C’était le cas du service militaire d’une durée d’un an, mais en un mois la tâche semble plus ardue. Emmanuel Macron ajoute que ce service permettra de « détecter les difficultés, notamment l’illettrisme, et (proposerait) une mise à niveau scolaire des appelés lorsque cela sera nécessaire » ; effectivement l’intention est bonne, mais alors on n’est plus dans un service national, mais tout simplement dans une action sociale, certes utile, mais qui risque de faire doublon avec les services sociaux et éducatifs existants. Ce n’est plus un « service », mais tout simplement la mise en place d’un système de bilan avec ses tests divers et une analyse des capacités du jeune concerné. On obtiendrait le même résultat avec une organisation en externe, sans l’obligation de réunir les jeunes français. Le fait de les réunir est d’apprendre à se connaître et à s’accepter : idée louable, mais en un mois que cela semble court. Ce qui favorisait la tolérance dans l’ancien service militaire était l’action commune et la tenue commune qui abolissait toutes les distinctions de classe. Là, la durée ne permet pas une telle cohésion.

Ce service national « permettra aussi de disposer, en cas de crise, d’un réservoir mobilisable complémentaire de la garde nationale » ajoute le candidat. Mais quelle formation sur un mois peut former un homme ou une femme à être capable d’être un tel complément ?

Le service militaire obligatoire a disparu petit à petit en Europe. La Suisse, l’Autriche, la Grèce, la Norvège, Malte, Chypre et la Finlande l’ont maintenu sous des formes diverses et variées. Le service militaire long est aussi le garant d’une démocratie car il évite la prise de pouvoir par les politiques auxquels les militaires se doivent d’obéir.

Alors la proposition d’Emmanuel Macron n’est-elle comme le dit Pierre Lellouche « une proposition démagogique de plus » ou un catalogue de bonnes intentions mal étudiées ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Mélenchon ? Mais c’est de Gaulle (ou Jaurès) !

Le 4 septembre 1958, jour anniversaire de la proclamation de la République en 1870, sur cette même place, dans un décor monumental, le général de Gaulle au travers d’un long discours, présentait au peuple le projet de constitution de ce qui allait devenir la Vème République.

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Au même endroit, ce 19 mars 2017, Jean-Luc Mélenchon proposait à la suite de cette marche qui venait de la Bastille, la mise en place d’une constituante pour la création de la 6ème République. On fêtait alors l’anniversaire de la Commune de Paris. Coïncidences ? Sûrement pas quand on connaît Mélenchon, mais on estime que 130.000 personnes étaient là pour l’écouter, ce qui est un franc succès pour le candidat aux élections présidentielles.

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Il monte sur une petite scène, il pose ses papiers sur une petite table ronde (comme d’habitude) ; ils sont écrits à la main, car il écrit lui-même ses discours, et parfois ils seront bousculés par le vent, ce qui ne va pas vraiment le troubler.

Une journaliste de la chaîne parlementaire, avouera alors que Jean-Luc Mélenchon avait écouté, visionné et relu les discours de de Gaulle et d’André Malraux. C’est évident quand on écoute le candidat s’envoler dans un lyrisme républicain exceptionnel. Il va d’ailleurs débuter avec le lion couché au pied de la statue, qui pour lui représente le suffrage universel, puis insiste sur le bonnet phrygien des affranchis, symbole de la liberté retrouvée et de la servitude rompue, puis sur le rameau d’olivier qu’elle tient à la main, symbole de la paix.

Il ne va pas une seule fois nommer ses opposants dans son discours, mais les allusions sont telles que cela n’est pas nécessaire. Il va signaler les « pouvoirs incroyables » en demandant aux français de ne pas les déléguer à « des apprentis sorciers », puis il ajoute : « Ne confiez pas, fut-ce pour une période transitoire, de tels pouvoirs à des gens déterminés à en faire l’usage (…) quand ils se prosternent devant l’ethnie ou devant l’argent » ; c’est clair !

Il souhaite par contre voir apparaître plusieurs mesures dans cette nouvelle constitution : le droit de révoquer des élus en cours de mandat, le droit à l’avortement et au suicide assisté, la « règle verte » (ne pas prendre plus à la nature qu’elle ne peut reconstituer), l’interdiction du brevetage du vivant ou encore un référendum obligatoire pour ratifier tout nouveau traité européen.

Ce qui impressionne dans son discours c’est l’aspect positif. Tandis que certains de ses adversaires, en particulier la Le Pen et Fillon, peignent et repeignent un avenir cataclysmique (dont ils se croient les sauveurs bien sûr), Mélenchon donne véritablement de l’espoir et des propositions qui visiblement ont séduit son auditoire. Gaullien dans l’expression et la culture, enthousiaste dans sa faconde méditerranéenne, il est en fait dans l’esprit de Jean Jaurès et face à une gauche qui se défait, s’éteint, se flagelle, face à une social-démocratie qui a échoué et qui est rejetée, Mélenchon termine son discours en disant : « « Il faut que les bulletins de vote donnent le coup de balai qui efface tout sans exception », et ajoute : « Dégagez ! », largement repris en cœur par l’assistance.

Mais c’est Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste qui dira aux journalistes «cet après-midi va marquer la suite de la campagne en général, pas seulement la nôtre ! Le Front de gauche n’est plus un appoint, mais le moteur de la victoire de la gauche». C’est probable.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Les derniers souhaits des candidats : devenir des martyrs !

Jean-Luc Mélenchon veut interdire les sondages deux mois avant les scrutins importants. En réalité, il veut interdire la publication des sondages et non pas leur réalisation ; ils lui seront réservés afin de mieux se positionner vis-à-vis de ses concurrents. Il faut dire que démocratiquement ses adversaires pourront faire de même. Mais le peuple ne doit pas savoir ! Car le peuple est influençable. C’est oublier qu’un sondage ne reflète que l’instant présent et ne joue pas le rôle de Madame Soleil quant au scrutin lui-même. On en a eu la preuve aux Etats-Unis avec l’élection de Trump. Il faut avouer que Mélenchon ne va pas bien en haut de sa tour d’ivoire ; en refusant toute alliance avec Benoît Hamon, ces deux-là se retrouvent en queue de peloton et ne pourront probablement pas se désister l’un pour l’autre après le premier tour. Alors ils se coulent, mais il ne faut pas que l’électeur s’en rende compte avant le scrutin. Ils pourront alors, tout à loisir, s’accuser l’un l’autre, sur les plateaux de télévision le soir des résultats du premier tour.

Le problème des sondages c’est la presse écrite, la télévision, la radio et le web. Si on les interdit en France, ils seront publiés à l’étranger et on aura la possibilité de les consulter, y compris dans la presse francophone de Suisse et de Belgique sur internet. Car le danger ce n’est pas les sondages ou leurs publications, le danger c’est la presse elle-même. La presse qui fabrique en permanence des victimes : regardez ce pauvre Fillon crucifié par le papier journal et qui passe son temps, dans ses meetings et à la télévision, à s’en plaindre. Vu qu’il ne peut pas devenir l’Anquetil de la droite, il cherche à en être le Poulidor car Poupou était aimé des Français, lui !

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Et ce n’est pas terminé : Pâques tombe le 16 avril cette année et le premier tour des présidentielles le 23 : qui vous dit qu’il ne va pas se faire crucifier tout nu place du Trocadéro avec à ses pieds son électorat catholique d’extrême-droite (dont Sens commun) jetant de l’eau bénite ? Un sondage de l’Ifop affirme que 50% des catholiques qui vont à la messe voteront pour François Fillon (25% pour la Le Pen) ; ouf, ce n’est qu’un sondage…

Quant à Marine Le Pen elle est à deux doigts de pénétrer dans le martyrologue. Pourtant elle fait attention : elle interdit l’accès de ses meetings aux journalistes qui ne lui plaisent pas, et ni elle ni ses collaborateurs n’ont le droit de leur répondre dans la rue ou devant la porte des palais des congrès où elle s’exprime. Et il n’y a pas que la presse française : que va subir le journal britannique The Independent qui a osé titrer, après avoir assisté à son meeting, « Vive la haine » ?

Est-elle franchement faux-cul ? Mediapart et Quotidien sont toujours interdits lors des manifestations du Fn. Dans toutes les villes les relations entre le parti et la presse quotidienne régionale sont catastrophiques. Mais la candidate affirme : « J’ai une attention toute particulière à la liberté de la presse car la liberté de la presse est un élément consubstantiel de la démocratie. » Quelle presse ? Ah oui, le fameux site du web Sputnik, financé par Vladimir Poutine en France, qui passe son temps à l’encenser. L’encens ? Une porte ouverte vers la béatification !

L’électeur parfait ne lit pas la presse, ne regarde pas la télé, n’écoute pas la radio, ne va pas sur le web, ne consulte pas les sondages. Il reste à la maison et se contente de regarder Hanouna. Quelques jours avant l’élection, le citoyen aura le droit de lire la profession de foi de son candidat et jettera les autres dans les poubelles jaunes. Bref, l’électeur parfait doit être con, abruti, ensuqué, hébété et obéir aux ordres. Mais surtout qu’il ne réfléchisse pas !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Incroyable mais vrai !

Fillon examen

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Et pourquoi ne pas décoloniser Nice ?

Il est évident que l’Europe ne fonctionne pas. Sa structure, son manque de démocratie avec un parlement ayant peu de pouvoir, et une Commission formée de gens non élus sous l’emprise des lobbyings ont créé une situation qui ne satisfait personne. En France, dans les programmes des candidats, soit on veut quitter l’Union européenne, soit la réformer, soit on n’en parle pas. La crise européenne est avant tout celle des régions ; on le voit en Grande-Bretagne où le Brexit entraîne l’organisation d’un nouveau référendum en Écosse prévu l’année prochaine, des négociations en Irlande du Nord où les habitants veulent rester membres de l’Union, et même dans le Pays de Galles qui a pourtant voté pour le Brexit. Mais qui se rend compte que quitter l’Europe présente plus d’inconvénients que d’avantages ? Des régions réclament alors leur indépendance pour rester dans l’Union européenne.

En France c’est plus compliqué car la République est indivisible. Pourtant on voit qu’en Corse ce sont les nationalistes qui commandent la collectivité territoriale, et que dans le Pays Basque on vient de créer une communauté de communes qui regroupe 159 municipalités. Le nouveau découpage régional ne satisfait que très peu de Français.

La Savoie veut être une région toute seule, la Bretagne également et l’Occitanie ne se retrouve plus avec sa capitale toulousaine. A cela se rajoutent les langues : l’unification faite avec le français a occulté les langues régionales. Elles sont enseignées, certes, mais peu pratiquées et rarement écrites ou si mal.

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Le Comté de Nice ne fait pas exception dans ce mécontentement régional au niveau de la France. On l’entend moins, car la ville est un melting-pot de nationalités diverses où les français importés sont majoritaires. Pourtant, malgré les dictats de la Métropole qui a débordé à Saint-Laurent-du-Var et Cagnes-sur-Mer (ceci étant dû à un manque culturel de nos élus), l’identité niçoise existe et reste vigoureuse. D’autant plus que le traité de Turin de 1860 qui cède Nice et la Savoie à la France a été suspendu du fait de la deuxième guerre mondiale et que le traité de paix de 1947 n’a pas été notifié par la France aux Nations unies. On reste donc français par coutume et non pas en droit.

Le mécontentement vis-vis de l’Europe pousse les citoyens de divers pays à la régionalisation. Ils estiment que leurs états nationaux ne font pas correctement leur travail à Bruxelles. Qui sait ? L’Europe des régions serait peut-être plus efficace que l’Europe des nations. C’est ce que pensent de nombreuses régions aujourd’hui en Europe et pourquoi pas Nice et la Savoie ?

Faut-il alors pour cela voter pour le Front national qui promet de quitter l’Europe par référendum ? Quitter l’Europe, comme le mesurent en ce moment les britanniques, serait une catastrophe économique, mais demander une réforme de l’Europe pour qu’elle tienne compte des particularismes régionaux serait une heureuse initiative. Mais comment faire face à un état jacobin et centralisateur qui n’envisage même pas la moindre parcelle d’autonomie de ses régions historiques ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Présidentielles : une campagne peut-être optimiste.

On aime décrier cette campagne présidentielle, les médias se vautrent dans les affaires et la majorité des candidats dans un avenir dramatique et sans issue, histoire de faire peur à l’électorat. En réalité c’est la première fois que le système gauche-droite vole en éclat depuis le début de la Vème République.

Il y a toujours eu plusieurs candidats pour le premier tour de l’élection présidentielle : 1965 : 6, 1969 : 7, 1974 : 12, 1981 : 10, 1988 : 9, 1995 : 9, 2002 : 16 (un record !), 2007 : 12, 2012 : 10. Mais rarement il y a eu un tel équilibre entre les postulants. Les divisions étaient souvent fictives et le désistement des candidats à l’issue du premier tour prévisible. Par exemple en 1995 les candidatures de Chirac, de Balladur et de de Villiers ouvraient largement la porte à l’élection de Jacques Chirac.

2017 est différent. Au départ il y a déjà les fameuses primaires totalement contradictoires avec la constitution qui les prévoit au premier tour. Mais la gauche en ayant bénéficié en 2012 avec une couverture télévisuelle exceptionnelle, autant recommencer. D’autant plus que les deux partis qui gouvernent depuis 1958 sont totalement incapables de désigner un candidat. Ils ont donc fait appel au peuple qui va choisir pour eux. Le résultat est clair, la gauche et la droite élisent un candidat par défaut qui ne satisfait pas l’électorat. Ensuite on a droit au fameux Penelope-gate qui brouille complétement la campagne. Mais ce n’est pas nouveau. Pour couronner le tout, le président sortant ne se représente pas.

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Photo Hache pour l’AFP

On arrive donc, du fait des sondages, à un équilibre entre les candidats avec des écarts très faibles qui laissent la porte ouverte à de nombreuses surprises. En effet le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, n’est pas soutenu par les membres du gouvernement, socialistes eux-aussi ! Il devient donc un socialiste de gauche face à des socialistes de droite… Le candidat de Les républicains, François Fillon, après une campagne basée sur l’honnêteté et la transparence, se fait piéger par des affaires personnelles qui lui font perdre toute crédibilité. Il radicalise alors son message politique qui devient très populiste à l’image de celui du Fn. Le Pen, Fillon, Hamon représentent la tradition électorale. Mais justement le scrutin s’ouvre.

En effet la première surprise est le résultat qu’obtient Emmanuel Macron dans les sondages. Issu du gouvernement Hollande, il entame une campagne de communication à la Kennedy (mais Kennedy avait un épais passé électoral) qui le place à un niveau très haut auprès des électeurs. Le programme arrive après. C’est une nouveauté dans une campagne présidentielle en France, car le candidat fait appel à des politiques de tous les groupes et cela fonctionne ! On passe donc avec lui d’un système de bipartisme à quatre candidatures. Mais surtout on a l’impression que le duo traditionnel gauche-droite doit faire face au duo centre-extrême-droite. D’autant plus qu’une partie des politiques disparaît : L’UDI qui soutient Fillon, le quitte ensuite et ne sait plus où il est ; le MoDem, limité à François Bayrou, passe de Juppé à Macron. Quant à l’extrême-gauche, celle de Mélenchon, elle permettra difficilement au candidat d’être élu, mais, du fait du talent de ce dernier, est très audible.

Le dernier sondage, même s’il ne s’agit que d’un sondage, est significatif : Macron et Le Pen à 26% chacun. Fillon à 20% ; Hamon à 13,5% et Mélenchon à 11,5%. Si l’on considère que la moitié des électeurs n’ont pas pris de décision, c’est un scrutin très ouvert et très positif. Car pour être élu, il va falloir proposer des idées neuves et efficaces. Quand on passe son temps à décrier l’existant, il faut bien trouver des solutions. D’autant plus que deux candidats (le Pen et Fillon) luttent farouchement contre la justice et la presse ; par quoi vont-ils les remplacer ? Il y a aussi un nouveau point positif, l’écologie. Les écologistes ne présentant pas un candidat, ils sont présents dans pratiquement tous les programmes, mais les choix ne sont pas les mêmes.

On attend maintenant des messages clairs : chômage, pauvreté, Europe, politique étrangère. En réalité tout commence et si certains candidats négligent ces sujets ils seront voués aux hégémonies des Français.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Le bruit qui court : Estrosi chez Macron !

Il y a un bon moment que les amis de trente ans, Christian Estrosi et Eric Ciotti, ne le sont plus malgré des apparences. La candidature de François Fillon est parrainée très majoritairement dans les Alpes-Maritimes (voir Ficanas du 8 mars). Eric Ciotti, qui l’avait soutenu, puis trahi en faveur de Sarkozy, est gentiment resté fidèle à l’ancien premier ministre comme on a pu le constater lors du rassemblement du Trocadéro.

Tout est plus flou en ce qui concerne Christian Estrosi : lors du premier meeting du candidat à la présidentielle à l’Acropolis, Christian Estrosi avait déclaré « Si je suis un ami de François Fillon, je ne suis pas filloniste ». Depuis plusieurs jours le premier adjoint niçois arpente les plateaux de télévision pour appeler François Fillon à retirer sa candidature. Il disait même lundi matin, juste avant de rencontrer le candidat « François Fillon ne peut pas gagner, François Fillon ne peut pas se contenter de dire « c’est moi qui ai la légitimité de la part de la primaire » Il faut dire qu’Estrosi attendait la déclaration de Juppé et rajoutait « On ne peut pas se revendiquer de De Gaulle et offrir l’image que l’on offre aujourd’hui aux Françaises et aux Français ».

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 Photo : Bertrand Langlois / AFP

Alors les bruits courent sur les rives du Paillon : il paraitrait que mardi soir, devant quelques élus de la majorité municipale, Christian Estrosi aurait déclaré que ceux qui soutiendraient Emmanuel Macron ne subiraient pas les foudres du président de la Région et 1er adjoint niçois. En temps normal, un pet de travers et on est viré avec pertes et fracas. On voit même disparaître des postes et des subventions. Vraie ou fausse l’affirmation s’est très vite propagée à Nice dans les milieux dits informés.

Il est évident qu’Eric Ciotti espère un poste de ministre au cas où François Fillon serait président de la République. Christian Estrosi en espère-t-il autant avec Emmanuel Macron, cela semble plus difficile. Mais le problème est ailleurs, les élus de la droite ne travaillent pas pour les présidentielles, mais pour les législatives. Le 2 mars dernier, le Ficanas évoquait dans l’article « Comment la droite va gagner les élections » l’hypothèse des membres de Les républicains de se retrouver majoritaires à l’Assemblée et d’imposer leur premier ministre. C’est une hypothèse bien sarkozienne, mais possible. Il est donc nécessaire d’empêcher le Front national de grappiller des postes dans le département et si Paris vaut bien une messe, une députation vaut bien un Macron.

Car, quand on se promène dans Nice et que l’on questionne des fidèles à la droite républicaine, on entend de plus en plus « J’en ai marre de leurs magouilles, je vote au FN. » Estrosi en est très conscient et s’il veut sauver son omnipuissance sur la région, le département, la métropole et la ville, il va bien falloir devenir très souple vis-à-vis de l’électorat.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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