La dernière jaunisse de Marine Le Pen.

En 2017, pour l’émission « Demain, président », sur Tf1, qui présentait les programmes des candidats à l’élection présidentielle Marine Le Pen avait exigé que l’on retire le drapeau européen du décor en disant : « Je veux être présidente de la République française, pas de la Commission européenne. Je considère que l’UE a fait beaucoup de mal à notre pays et à notre peuple en matière économique, sociale, de disparition des frontières. » Si elle avait été élue elle aurait exigé le retrait de la France de l’Union européenne. Elle demandait qu’on retire ce drapeau immédiatement des bâtiments publics.

Le temps a passé et subitement on voit ses copains du Rassemblement national (ex FN), candidater pour les prochaines élections européennes. Bizarre ! Comment participer à un organisme que l’on veut quitter ? En réalité on ne veut pas le quitter mais le changer. Le problème c’est le drapeau. Des étoiles dorées sur un fond bleu (très marial tout ça) ne correspondent plus à la présidente que l’on a vue sur les barricades et les ronds-points (si vous avez une photo…) La Le Pen vire au jaune de peur de louper le mouvement et déclare sur Twitter « L’Europe des peuples a maintenant son étendard » !

C’est le drapeau européen mais les étoiles sont devenues bleu, et le bleu est devenu jaune. Du coup on ne sait plus si la fille à papa est opposée à l’Union européenne et on se demande même si elle veut encore en sortir. Elle ne ferait pas uniquement de l’opportunisme électoral ?

En attendant cela va simplifier les manifestions car on va pouvoir distinguer les gilets jaunes canal historique des gilets jaunes tendance facho !

Christian Gallo – © Le FIcanas ®

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2019

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Très bientôt les élections législatives ?

Le haut relief de François Rude se nomme en réalité « le départ des volontaires de 1792 » ; il représente les révolutionnaires guidés par la victoire. C’est sur son socle que va apparaître le tag « les gilets jaunes triompheront ». Ces révolutionnaires, certains calmes, d’autres agités et exaspérés vont secouer les Champs-Elysées qui ne sont plus le symbole de la gloire jupitérienne du président de la République. Subitement on constate qu’Emmanuel Macron est un président comme les autres ; ses ruptures de la campagne électorale sont comparables à celles de Nicolas Sarkozy vis à vis de Chirac. E.N.A., inspection des finances, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique, il est un pur produit politique comme la plupart de ses prédécesseurs.

François Mitterrand avait tout offert en arrivant au pouvoir et rasait gratis. Très rapidement il avait dû mettre en place des mesures de restriction puis perdre les élections. Macron fait le contraire et commence par la rigueur. Personne n’avait écouté ou lu le programme de la campagne électorale et décidait, soit de ne pas aller voter, soit de voter contre le fascisme incarné par son opposante. Macron va donc faire ce qu’il avait dit et rapidement le bât va blesser les plus démunis.

Le prix de l’essence sera une excuse qui va ravir ceux qui étaient contre la limitation de vitesse. Mais il y a plus dangereux : pendant la campagne François Fillon préconisait la hausse de la TVA, Macron celle de la CSG. Si les Français mesurent la TVA sur leur ticket de caisse, ils ne mesurent pas la CSG. Elle va donc toucher douloureusement les plus bas revenus, les retraités, les travailleurs pauvres pour qui dix euros constituent un manque réel. Keynésien avant tout, Macron a écrit un ouvrage « Révolution » où il se présente comme un homme de gauche et surtout un libéral. Il doit donc bien mesurer que s’il a dépassé le clivage droite-gauche, il ne dépasse pas celui de progressistes-conservateurs. C’est cela que reprochent avant tout les gilets jaunes : représenter les élites, alors que l’on peut le qualifier de populiste.

Emmanuel Macron, face aux gilets jaunes, a lâché du lest : 100€ supplémentaire pour le SMIC, réajustement des salaires des policiers, défiscalisation des primes de fin d’année des entreprises. Et ce n’est pas terminé : il va falloir revoir la grille salariale des fonctionnaires et surtout faire face à un pays qui abrite huit millions de pauvres. Le nouvel an va passer et il y a de fortes chances que la contestation continue. Les partis d’opposition ne sont pas en mesure de gouverner, ni les insoumis qui ne réunissent plus grand monde, ni les socialistes répartis façon puzzle. Seul le Rassemblement national (ex Front), malgré la pitoyable prestation de sa présidente aux présidentielles, enthousiasme encore une partie de l’électorat.

Si les mouvements populaires continuent Emmanuel Macron devra dissoudre l’Assemblée nationale. Son parti, En marche, ne représente quasiment plus rien auprès des électeurs. Une majorité de droite et d‘extrême-droite (Le Pen, Philippot, Dupont-Aignan, Wauquiez, Ciotti) peut gouverner. Les cohabitations en France ont souvent réussi et cela permet au président de le rester et de préparer les prochaines élections présidentielles.

Alors quand ? Tout dépend en fait des gilets jaunes : soit ils continuent leurs actions, soit ils arrêtent. A ce moment-là soit le président attend les européennes le 26 mai 2019, soit il les devance au début du printemps. 

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Le problème c’est le chômage ou le recrutement ?

Le bulletin d’information d’Arte diffuse un reportage où l’on se rend compte que les Allemands forment du personnel marocain pour assouvir les besoins des entreprises, en particulier en restauration. Hier, un autre reportage télévisé montrait que la Hongrie d’Orban rencontrait un réel problème : les jeunes quittent le pays pour aller travailler en Allemagne et en Autriche. Mais la politique anti-immigration d’Orban empêche toute possibilité de recrutement de personnel étranger. Du coup, l’économie commence à déraper, les entreprises ne trouvant plus d’employés.

En France la situation n’est guère plus brillante : 37% des entreprises qui souhaitent embaucher ne trouvent pas une main-d’œuvre qualifiée. Dans la bâtiment on atteint même 61%; Depuis vingt ans on entend les gouvernants de droite, de gauche, du centre parler de manque de qualification ; qu’ont donc fait ces gouvernements successifs pour y remédier ? Visiblement pas suffisamment sinon on ne rencontrerait pas de telles difficultés à l’embauche.

Les gilets jaunes réclament plus de revenus, plus d’aide, moins de taxes, mais ne parlent pas d’embauche (ou très rarement). Mais pour augmenter les revenus il est nécessaire que les entreprises se développent. Du fait de la situation économique, du coût du travail, et maintenant des manifestations sociales une entreprise sur deux rencontre des difficultés de recrutement (72% dans le BTP, 58% dans l’industrie).

Pendant ce temps là l’extrême-droite et la droite extrême serinent sans arrêt les problèmes de l’immigration en vue de leurs campagnes européennes. Toute cette xénophobie qui a pour but de recruter un électorat raciste se fait au détriment de l’économie. Car de former une population sous qualifiée cela prend des années, et en attendant…

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Calant de Vilafranca.

Quand on défile dans les rues (et en 2018 on défile) on crie des slogans et on chante pour se donner du courage. Quitte à chanter revenons à nos traditions nissartes et offrons nous la version soft de Calant de Vilafranca.

1er couplet :

Calant de Vilafranca,

Souta d’un caroubié,

Em’un sarjan fourié.

Faioun la contradansa

Refrain :

Tralala, lalala,

Li gandaula si maridon,

Tralala, lalala,

Li gandaula soun maridà.

Ritournelle :

Vai que l’amour ti passera,

Fai la vireta, fai la vireta,

Vai que l’amour ti passera,

Fai la vireta, fai la vira.

2ème couplet :

S’es maridat un rangou

M’una qu’es sensa den.

Sa maire n’es countenta,

Soun paire n’en sau rèn.

3ème couplet :

La filha n’es proumessa,

Li an douna l’anèu.

N’a plus de countentessa

Que fin à San-Miquèu.

Petites explications : pourquoi calant de Vilafranca ? Tout simplement parce que la route du bord de mer n’existait pas et pour aller de Villefranche à Nice, il fallait passer par le col au pied du Mont Alban ; donc on redescendait. Pourquoi sous un caroubier ? C’était un arbre très recherché car son bois dur permettait de réaliser des marqueteries. Il y en avait beaucoup à Villefranche au point que les habitants étaient surnommés de suça-carouba (et le niçois des caga-blea…)

Le sarjan fourié c’est un sergent fourrier, c’est à dire un fonctionnaire, militaire et surtout comptable dans les armées, en particulier dans la marine. A l’origine il était chargé du fourrage et du logement, un véritable poste de confiance et potentiellement un beau parti !

Li gandaula ce sont les dévergondés, beaucoup moins que le sont ceux d’aujourd’hui : en ce temps là una baieta et on été un gandaula.

Un rangou c’est un boiteux et il a épousé « una qu’es sens den » ! Prémonition ? Divination ? Il faudra François Hollande pour que l’on en reparle.

Pourquoi la San-Miquèu ? C’est le 29 septembre et à cette date là on faisant le bilan de l’année et on payait les employés des champs et des maisons. La petite, elle, est plus heureuse d’avoir reçu un anneau de fiançailles que d’avoir été payée.

Christian Gallo – © Le Ficanas ® – Tableau de Jacques Guiaud

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Maeght : les plus beaux souvenirs du monde.

Inaugurée en 1964 la fondation Maeght à Saint-Paul de Vence est la plus ancienne de France. Il y a la volonté de Aimé et Marguerite Maeght, ses fondateurs, et surtout la présence de Braque, Miró, Giacometti… Aujourd’hui la fondation ce sont 10.000 œuvres dont des centaines sont des donations de la société des Amis de la Fondation mais également de collectionneurs.

En ce moment, et jusqu’au 16 juin prochain, ce sont 125 œuvres de 80 artistes qui sont exposées sur les cimaises, choisies par Henri-François Debailleux. Les plus grands du XXème siècle sont présents : Braque, Calder, Chagall, Chillida, Léger et bien sûr Miró, mais il y a du plus contemporain grâce aux donations. Remarquables les dons de Bernard Massini, plus de onze toiles, dont Tatha, Pahlavi, Corpet… Ces dons et ceux des artistes comme Garouste, Cane, Calzolari font de la fondation Maeght un lieu vivant et une collection exceptionnelle, non thématique, ouverte à toutes les impressions et toutes les initiatives. Quand on ajoute à cela un cadre architectural et naturel magique enfoui au milieux des pins avec la mer en fond de décor, on ne peut qu’y passer un moment enrichissant et plein de quiétude et d’émotions.

Soit vous êtes un habitué des lieux retrouvez-y vos plus beaux souvenirs, si vous n’y êtes jamais allé, c’est le moment ou jamais.

Christian Gallo – © le Ficanas ® – Photo : Christian Gallo.

Ra’anan LEVY

Sont exposés : Jean-Michel ALBEROLA, Pierre ALECHINSKY, Pat ANDREA, ARMAN, Eduardo ARROYO, Francis BACON (atelier), BALTHUS, Miguel BARCELÓ, Ronan BARROT, Jean BAZAINE, Anna-Eva BERGMAN, Georges BRAQUE, Alexander CALDER, Pier Paolo CALZOLARI, Louis CANE, Denis CASTELLAS, Marc CHAGALL, Eduardo CHILLIDA, CHRISTO, Daniel CLARKE, Vincent CORPET, Henri CUECO, Nicolas DE STAËL, Marco DEL RE, Pierre DMITRIENKO, Eugène DODEIGNE, Burhan DOGANÇAY, Alain DOMINGO, Max ERNST, ERRÓ, Sylvie FAJFROWSKA, Alekos FASSIANOS, Pierre FAUCHER, Julie FAURE-BRAC, François FIEDLER, Jean-Michel FOLON, Lars FREDRIKSON, Gérard FROMANGER, Wolfgang GÄFGEN, Gérard GAROUSTE, Gérard GASIOROWSKI, Alberto GIACOMETTI, Simone GORI, Juan GRIS, Hans HARTUNG, Jörg IMMENDORFF, Ellsworth KELLY, Joël KERMARREC, Ladislas KIJNO, Peter KLASEN, Jean LE GAC, LEE Bae, Fernand LÉGER, Ra’anan LEVY, Anne MADDEN, Brice MARDEN, Henri MATISSE, Jean-Michel MEURICE, Henri MICHAUX, Joan MIRÓ, Bernard MONINOT, Jacques MONORY, OH Sufan, Denis OPPENHEIM, Axel PAHLAVI, Pablo PALAZUELO, Gina PANE, Stéphane PENCRÉAC’H, Philippe PERRIN, Ernest PIGNON-ERNEST, Paul REBEYROLLE, Antonio RECALCATI, Assan SMATI, Pierre SOULAGES, Peter STÄMPFLI, Saül STEINBERG, SUI Jianguo, Sam SZAFRAN, Pierre TAL-COAT, Antoni TÀPIES, Djamel TATAH, Hervé TÉLÉMAQUE, Anne TRÉAL-BRESSON, Raoul UBAC, Claude VIALLAT, Jan VOSS.

Jean DUBUFFET
Vincent Corpet
Joan MIRÓ
Pierre SOULAGES
Fernand LEGER


Renant BARROT
Georges BRAQUE
Ellsworth Kelly
Miguel BARCELÓ
Djamel TATAH
Simone GORI
SUI Jianguo
Daniel CLARKE
Anna-Eva BERGMAN
Antoni TÀPIES
LEE Bae
Assan SMATI


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Vence : les Nuits du Sud s’enfoncent dans la nuit !

S’il est une manifestation qui attire beaucoup de monde dans un cadre bien sympathique, ce sont les Nuits du Sud sur la place du Grand-Jardin à Vence. 21 éditions qui ont rencontré un grand succès populaire grâce à une programmation exceptionnelle.

Patatras, la mairie a décidé de les déménager pour transformer cette place dite du « Grand Jardin » où effectivement il n’y a pas de jardin. Il s’agit d’une esplanade sablée qui permet tout au long de l’année d’organiser des manifestations à l’entrée de la vieille ville. Donc la maire de Vence, Catherine Le Lan, propose de transformer la place en jardin et confie ce projet au célèbre paysagiste Jean Mus (celui qui a réalisé les jardins du Polygone Riviera entre autre). Effectivement un festival c’est bruyant, mais moins que la grand prix de Monaco, et cela peut satisfaire son électorat voisin. Mais les restaurateurs qui entourent la place, et qui réalisent un beau chiffre d’affaire les soirs de représentations, ne sont pas du même avis, loin de là. La mairie propose de déplacer la manifestation sur la parking Marie-Antoinette, à quelques pas de là, nettement plus petit et surtout sans aucun charme car entouré de dos d’immeubles. La maire affirme que ce parking est en fait d’une surface triple que la place du Grand Jardin.

Ce sera donc six têtes d’affiches et une première partie qui auraient lieu au parking Marie-Antoinette fin juillet. La réunion du conseil municipal vient d’entériner cette décision à l’issue d’un vote serré : 17 voix pour et 14 contre. Bizarrement l’ancien maire de Vence, Loïc Dombreval, devenu conseiller municipal pour avoir été élu député LREM, était absent car à l’Assemblée nationale. Mais il précise « J’ai pris soin de donner procuration afin de voter contre la délibération relative aux travaux d’embellissement prévus sur la place du Grand-Jardin. » Plus étonnant Jean Mus qui a remporté le marché, était présent à cette séance du conseil municipal et avait déclaré « Si un jardin doit être fait dans la douleur, il va mal naître »

L’absence de Loïc Dombreval est significative car Catherine Le Lan lui doit son poste de maire. Dombreval a été un maire aimé de ses concitoyens et avait battu brillamment le Front National aux législatives. En 2014, pour les municipales il avait éliminé, avec une liste réunissant des divers droite et des centristes, le maire sortant Régis Lebigre (UMP) Anne Sattonnet (UDI) au premier tour et Jean-Pierre Daugreilh (FN). Dombreval enfonce le clou et déclare « Je crains, même si bien évidemment je ne le souhaite pas, que le succès du festival des Nuits du Sud sur le parking Marie-Antoinette ne soit pas au rendez-vous. Les coûts fixes du festival resteront élevés, pour un nombre de spectateurs, et donc un nombre de billets vendus, plus faible, en raison de la modeste superficie disponible pour le public. » Il redoute même une baisse des subventions des collectivités pour cette manifestation. Il demande à Madame Le Lan de revenir sur cette décision.

Cette manifestation, l’une des plus brillantes de la métropole Nice-Côte d’Azur, risque de perdre son charme et surtout de disparaître. Pourquoi?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Et un nouvel emploi pour Estrosi, un !

Ça manquait ! On n’entendait pas parler d’un office du tourisme de la métropole Nice-Côte d’Azur; il n’y avait que des offices de tourisme dans chaque commune. Mais mis à part l’Etat civil, les communes ne doivent rien faire et obéir aux ordres de la métropole.

Non seulement il y a un office de tourisme métropolitain, mais ce dernier a un nouveau directeur : Christian Estrosi. « Ce transfert de compétences constitue une opportunité de renforcer l’attractivité de la métropole et de valoriser la diversité des atouts d’une destination forte : un patrimoine culturel et naturel, le littoral, la montagne et un environnement favorable au tourisme d’affaires » On est rassuré, on n’avait jamais trouvé le patrimoine de la région : il a fallu que les communes se réunissent pour que le nouveau directeur s’en rende compte…

« C’est dans cette perspective que j’annoncerai début 2019 la création d’une marque territoriale et d’une agence d’attractivité qui visent à renforcer l’unité du territoire et à fixer un cap à tenir pour renforcer notre rayonnement et notre attrait. » Et oui il faut recruter des personnels, installer des locaux et demander à une agence de communication de trouver la marque « Nice-Côte d’Azur » et d’en réaliser le logo. Heureusement que les contribuables vont payer tout ça.

Et puis on est rassuré : si demain Estrosi se fait battre aux élections, il lui restera un travail en tant que directeur d’un office de tourisme. Donc le maire de Nice, président de la métropole Nice-Côte-d’Azur, président délégué de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est sauvé.

Christian Gallo – © le Ficanas ® – Photo : Presse Agence.

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«On ne peut pas gouverner contre le peuple.»

La phrase vient d’être dite par François Bayrou, le partenaire de la majorité présidentielle. Il ajoute « Les charges, les taxes qu’on indique, est-ce qu’elles sont à la mesure, ou en tout cas supportables par ceux à qui on les inflige ? ». Lorsqu’une action populaire est approuvée par près de 80% des citoyens, aucune force politique, qu’elle soit de droite, de gauche, du centre ou des extrêmes ne peut la récupérer. Même les syndicats sont désavoués ou tout au moins ignorés. 

La force des gilets jaunes réside au niveau de l’action par sa présence, dans sa communication dans le monde numérique et sa présence physique dans les ronds-points. Le mouvement n’arrive pas à nommer le moindre représentant pour entamer une discussion avec le gouvernement et lorsqu’il y en a, ils abandonnent la place en quittant l’hôtel de Matignon car désavoués par les membres du mouvement. Pour une fois la revendication n’est pas parisienne, même si les défilés se déroulent à Paris ; elle vient de la province, des campagnes, de la France profonde.

Les revendications sont surprenantes : moins d’impôts mais plus de services publics, moins d’élus mais plus de représentation du peuple, moins de taxes sur les carburants mais plus d’écologie. Lors des dernières élections l’abstention a atteint des sommets et ceux qui se sont abstenus ne savent plus quoi demander ; donc un seul choix, la disparition d’Emmanuel Macron. Mais qui va le remplacer ? Personne, puisque l’on ne croit plus dans les politiques. 

Le XXème siècle a été l’échec du socialisme et du communisme. Le XXIème est celui du libéralisme libertaire : avec la croyance sur une gestion du marché qui produirait de meilleurs résultats que la gouvernance, l’intervention publique montre ses faiblesses. De croire que la destruction des frontières et des réglementations (en particulier sociales) est une idéologie oligarchique qui produit des résultats catastrophiques pour le plus grand nombre. La désindustrialisation et les délocalisations en Europe ont installé un chômage de masse et favorisé l’immigration. Les Européens s’acharnent à aligner les rémunérations et les conditions de travail sur celles des populations les plus pauvres. L’agriculture disparait alors qu’elle dépend des conditions vitales d’une population. Seuls les citoyens qui ont pu acquérir en leur temps des biens privatisés par les Etats font des bénéfices : l’exemple le plus frappant est celui des autoroutes en France. 

Lors de la crise de 2007, les Etats ont, avant tout, sauvé le système bancaire et les pays occidentaux ont laissé les services publics se détériorer. Ce sont alors les plus pauvres et la classe moyenne qui voient leurs revenus s’éroder régulièrement. Parallèlement les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Les revenus de certains capitaines d’industrie et de certains footballeurs ne font qu’accroitre ce sentiment de pauvreté et d’écart des revenus. Comment demander à un citoyen, qui ne perçoit que la moitié du SMIC, d’admirer un millionaire qui tape dans un ballon ? 

Paradoxalement tout continue à fonctionner normalement, on n’est pas dans un état révolutionnaire mais psychologiquement rien ne va plus. Le gouvernement attend : les fêtes de Noël approchent et le besoin de cadeaux, de nourriture, de commémoration peut calmer l’agitation. Mais en janvier le prix de l’électricité augmente, les taxes sur les carburants également. Il fera froid et il y aura des SDF. Le nombre de pauvres qui souffrent risque de s’accroître. Quelles solutions va trouver le gouvernement ? 

Jason Herbert, représentant les gilets jaunes quitte la réunion avec Edouard Philippe en disant « Je souhaitais et j’ai demandé à plusieurs reprises à ce que cet entretien soit filmé et retransmis en direct à la télévision, cela a été refusé » . Voila la preuve que tout est devenu un problème de communication. Pas de télé, pas de négociation. Le gouvernement envoie en force ses ministres sur les plateaux de télévision, et les chaines d’information continue passent leurs journées à recueillir du micro-trottoir. Le moindre rassemblement de trois ou quatre personnes meuble l’antenne ; ce troisième samedi de manifestation sur les Champs-Elysées va être le sujet principal des médias. En fonction de la fréquentation les télévisions vont décider du succès ou de l’échec du mouvement. Si quelques casseurs se manifestent l’image sera bonne et l’audimat en hausse.

Au Parlement les partis de gauche s’agitent pour déposer une motion de censure contre le gouvernement afin, disent-ils, de « sortir de la crise ». Marine Le Pen veut dissoudre l’Assemblée, Laurent Wauquiez souhaite un référendum et même François Hollande joue la mouche du coche en demandant aux manifestants de rester mobilisés. Mais se rendent-ils compte que tout le monde se fout de leurs remarques et qu’ils sont responsables de la situation ? Quant au gouvernement ses réponses ne sont même plus écoutées ; comment peut-il alors gouverner avec et pour le peuple ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ® – Photo : Olivier Saint-Hilaire/Haytham-Rea

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Nice : après Pasqua, Médecin !

Regardez bien cette œuvre d’Ernest Pignon-Ernest de 1974. On construisait à l’époque le parking souterrain de la place Masséna à Nice et l’artiste affichera son œuvre sur la palissade du chantier. Elle s’intitule « Contre le jumelage Nice-Le Cap ». Ernest Pignon-Ernest sera mis au ban de sa ville natale pendant de nombreuses années et la moindre de ses œuvres malvenue à Nice.

Pourquoi cela ? A cette date le maire, Jacques Médecin, provoquait avec des positions racistes. Il déclarera quelques années plus tard  « Aujourd’hui, 99% des thèses du Front National sont les miennes » Mais le 6 mai 1974 Médecin décidait ce jumelage avec Le Cap en pleine période d’apartheid, alors que l’ONU venait de prendre une résolution qualifiant le régime d’apartheid de « crime contre l’humanité ». L’Ecole de Nice de l’époque couvrira les murs de la ville de sérigraphies éphémères au moment de la signature du jumelage.

Pour Jacques Médecin et ses amis Mandela est un terroriste, alors la cérémonie se fera en grande pompe à la villa Masséna. Médecin déclare alors aux sud-africains (tous blancs) présents : « nous avons beaucoup à apprendre de vous. Il n’y pas dans votre pays une ségrégation correspondant à de l’esclavage, mais un développement parallèle de deux populations. La vie en Afrique-du-Sud mériterait d’être mieux comprise, mieux expliquée. »

Aujourd’hui, après avoir baptisé du nom de Charles Pasqua une allée à la Libération, Christian Estrosi décide de changer le nom de la rue de l’Opéra en Jacques-Médecin. Estrosi avait fait voté le choix de baptiser le passage du nom de Charles Pasqua à la quasi unanimité du conseil municipal (moins le groupe Radical et divers gauche), mais pour Médecin c’est un vote à l’unanimité ! On nous explique que le père et le fils ne seront séparés que par la place Masséna (le mec qui a massacré les barbets).

Il y a un réel problème : on sait que nombreux sont les Niçois qui étaient attachés à Jacques Médecin ; c’était un homme affable et à l’écoute de ses concitoyens. Mais c’était également un homme politique malhonnête et condamné. Comme Charles Pasqua d’ailleurs ! Donc pour avoir une rue portant son nom à Nice il faut être passé sous les fourches caudines de la justice, avoir été assujetti à de la prison (même virtuelle), et s’être abreuvé avec l’argent des contribuables. 

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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