Menton : une ville si peu française.

Lorsque l’on arrive à Menton en venant de l’Italie, de beaux panneaux célèbrent la perle de la France. Mais Menton est probablement la ville la moins française de France !

En 1346 les Grimaldi de Monaco acquièrent les territoires de Menton et de Roquebrune qui deviendront le territoire de la principauté de 1633 à 1861 ; ils en constituent d’ailleurs la plus grande partie. Menton est libéré sous la Révolution française et va faire partie du premier département des Alpes-Maritimes, mais après les Cent-Jours, la principauté est reconstituée sous protectorat des rois de Sardaigne de la maison de Savoie. Ces derniers annexent également la république de Gênes, ce qui fait que Monaco, Menton et Roquebrune sont totalement entourés par les savoyards. Le roi de Sardaigne va demander au prince de Monaco de lui rendre un hommage, mais pas pour les territoires de Menton et de Roquebrune qu’il considère comme ayant fait autrefois partie du Comté de Nice.

drapeau-des-villes-libres-de-menton-et-roquebrune_imagelarge

Mais en 1848 les deux communes décident de faire sécession avec la principauté et créent les villes libres « Menton & Roquebrune – Villes libres ». Là intervient alors un personnage qui marquera Menton : Charles Trenca. Ce fils de négociants en citron, va devenir un militaire de haut rang dans la principauté. Il épouse la fille du maire de Menton, Henriette de Monléon, puis au moment de la création des villes libres, il commande la garde civique. Il œuvre alors pour que les deux communes soient rattachées au royaume de Sardaigne.

L’annexion du Comté de Nice par la France en 1860 entraîne un plébiscite et les deux communes souhaitent y participer. Elles vont donc devenir parties intégrantes de la France.

Menton l’italienne.

Tout cela s’effondre le 24 juin 1940. L’Italie de Mussolini obtient dans son traité d’armistice l’occupation de la ville de Menton jusqu’au village de Fontan. Immédiatement on détruit la frontière du pont Saint-Louis et on annexe la ville avec l’accord du gouvernement de Vichy. En très peu de temps tout va changer : l’italien est devenu la langue obligatoire, administrative et enseignée à l’école, la lire est devenue la monnaie légale, les bornes donnent la distance par rapport à Rome, de nouvelles cartes d’identité italienne sont émises et même des prêtres sont envoyés d’Italie.

Les voies ferrées italiennes sont électrifiées et l’on aménage trois gares : Mentone, Mentone Garavan et Mentone Garibaldi. On créera même une nouvelle gare à Latte en Ligurie, à quatre kilomètres de la ville. Le journal local devient Il Nizzardo, imprimé en italien et en Italie et dirigé par Enzo Garibaldi, général fasciste et descendant du héros niçois.

Menton la Pyrénéenne.

4.500 italiens s’installent en ville (certains de leurs descendants y sont toujours) et 500 français deviennent italiens. Mais où sont donc les habitants ? En 1940 15.000 mentonnais, parmi les 21.000 habitants que compte la commune, sont évacués. Les plus récalcitrants seront enfermés à la caserne Forti. 15.000 mentonnais quittent leur ville vers Antibes et Cannes, puis partent dans les Pyrénées-Orientales à Prades. Partis le 3 juin, ils seront accueillis à Prades le 8 et répartis dans 83 communes. Même la mairie a déménagé, et les conseils municipaux avec les élus mentonnais ont lieu à Prades. Mais les Pyrénées-Orientales doivent déjà faire face aux réfugiés espagnols et on renvoie 3.000 mentonnais dans le Var. En outre des crues catastrophiques détruisent même certains immeubles où sont installés les mentonnais. Ils vont à leur tour s’installer dans le Var.

Le 8 septembre 1943 les Allemands occupent la zone libre et Menton retourne dans le giron du gouvernement de Vichy. Les allemands resteront pendant un an et Menton pourra enfin retourner dans la République française.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Enregistrer

Publié dans Actualité | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , | 2 commentaires

Fillon et Valls : les couards des présidentielles ?

Points communs : ils furent tous les deux chefs du gouvernement, tous les deux se plaignent également que leur président les ont empêché de mettre en œuvre une politique plus rigoriste et enfin tous les deux sont restés jusqu’au bout et n’ont pas songé à démissionner (la démission de Valls n’ayant pour but que sa transformation en candidat).

En 1976, Jacques Chirac, alors premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing démissionne : « Je viens de remettre la démission de mon gouvernement au Président de la République. Je l’avais préalablement informé de mon intention, en effet je ne dispose pas des moyens que j’estime aujourd’hui nécessaires pour assumer efficacement mes fonctions de Premier Ministre. » Même si cela était le prélude à une campagne politique, d’ailleurs perdue, il y avait là une explication claire et franche. Tandis que nos deux candidats d’aujourd’hui tressent des louanges à leur président respectif sur les plateaux de télévision, ils prônent dans leurs programmes une rupture franche.

valls-fillon-noir

Mais il y a mieux : François Fillon et Manuel Valls ont peur. Non pas de ne pas être élus, mais bien au contraire de devenir les locataires de l’Elysée. La Vème République, à force d’être remaniée, est arrivée à un quinquennat qui dote le président de pouvoirs rarement égalés dans les vraies démocraties. Le 7 mai au soir, le nouveau président sera élu et prendra son poste quelques jours plus tard. Il devra alors attendre le résultat des élections législatives le 18 juin, où se dégagera une majorité formée d’un parti ou d’une coalition. Il devra alors faire appel à cette majorité pour qu’elle lui propose un premier ministre avec laquelle il formera un gouvernement.

Mais que va-t-il faire pendant tout ce temps-là ? Partir se promener sur le yacht de Bolloré ? S’enfermer dans un monastère ? Car pendant cette période le parlement restera le même qu’aujourd’hui… Alors ces deux personnages, quand même très rocambolesques, vont gouverner sans demander l’avis du peuple, au moyen des outils que donne la loi : le 49,3 et les ordonnances. L’excuse est qu’il faut aller vite, très vite pour redresser le pays suite à l’effondrement dont ils sont totalement responsables puisqu’ils ont gouverné tous les deux au plus haut niveau. En réalité, ils ont la trouille et ils ne l’assument pas.

Quelle idée saugrenue de demander l’avis et le vote des représentants du peuple ! Imaginons un peu, les Français étant versatiles parfois, un président de droite avec une assemblée de gauche ou l’inverse. Et même si la majorité est acquise sera-t-elle fidèle au président élu ? Il vaut mieux prendre ses décisions tout seul sans l’avis des députés et des sénateurs. Du coup on parle beaucoup de référendum pour tout et n’importe quoi. Car le référendum présente plusieurs avantages : d’une part il replonge le pays en période électorale, ce qui permet de faire passer des lois en catimini, et, deuxièmement, il évite l’avis des représentants du peuple. Alors les deux protagonistes auraient-ils peur du peuple ? Il faut le croire, sinon ils ne vagueraient pas dans de telles positions. Il faut dire que, quand on a échoué au poste le plus élevé du gouvernement, il va être difficile d’acquérir la confiance de ceux qui ont déjà payé le film une fois…

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Publié dans Actualité, Politique | Tagué , , , , , | 1 commentaire

Oh ! Ciotti ne sera pas ministre et Estrosi très mal à l’aise.

Attention faut suivre !

On s’en doutait un peu, mais les proches de François Fillon le confirment. En effet après avoir soutenu François Fillon et même été son directeur de campagne en 2012, Eric Ciotti est devenu le porte-parole de Nicolas Sarkozy en 2016. Pourtant au soir du premier tour, il avait subitement accordé son soutien à l’ancien premier ministre face à Alain Juppé : « François Fillon est celui qui apporte les meilleures réponses au déclin économique, social et identitaire qui frappe notre pays. Aussi, j’apporte mon soutien à François Fillon et appelle les électeurs à une large mobilisation autour de sa candidature ».

Décidément la veste se retourne sans arrêt, d’un instant à l’autre même. Mais un proche de François Fillon vient de déclarer : « Avec le programme que l’on prépare, il va y avoir du gros temps, on ne peut pas l’affronter avec des gens qui sautent dans les chaloupes au premier coup de vent. Il faut de la confiance et de la force de caractère ».

Effectivement la chaloupe tangue de plus en plus pour le président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, car de changer sans cesse de candidat, cela parait franchement instable. Il est loin le temps où François Fillon avait aidé Eric Ciotti à ne pas effectuer son service militaire.

rtx13kdx

Mais alors que va faire Christian Estrosi, lui qui n’a soutenu personne entre les deux tours de primaires ? Fillon a dit qu’il s’engageait à désigner des « poids lourds politiques, compétents et dotés d’une autorité morale » ; pour Ciotti c’est visiblement râpé ! Et pour Estrosi ? D’autant plus que le directeur de campagne de Fillon c’est Patrick Stefanini qui connaît bien Nice pour y avoir été battu par Jacques Peyrat et qui fut l’ancien bras droit d’Alain Juppé. Mais en ce temps-là Estrosi roulait pour Peyrat afin qu’il entre au RPR, alors que Stefanini ne voulait pas…

En outre le 15 septembre dernier on apprend dans l’Obs que Christian Estrosi a demandé à Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France, lors d’un déjeuner, de virer Patrick Stefanini qui était le directeur des services de cette dernière « Tu ne peux pas garder quelqu’un qui fait la campagne de Fillon. »

Ne nous faisons pas trop de soucis pour nos azuréens car ils conservent leurs prés carrés, bien entretenus depuis tant et tant d’années ; ça doit bouillonner sec dans le marigot départemental ! Quant à Fillon, il lui reste encore à gagner les présidentielles au printemps ; pas de tout repos pour le premier ministre de Sarkozy.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Publié dans Actualité, Politique | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Ce sont bien les godasses de Ronaldo que vous avez dans les pieds ?

L’affaire Ronaldo, que vient de dévoiler avec nombre de détails Mediapart, provoque un écœurement certain. Que le joueur de football gagne 34 millions d’euros par an n’est pas du tout répréhensible. En effet, il y a un public pour payer un ticket d’entrée dans les stades, un pour acheter des Nike, un pour rouler en Toyota, un pour voler sur Emirates, un pour se shampouiner avec Herbalife et un autre pour s’abonner au nouveau bouquet SFR. Son pseudo striptease dans cette dernière publicité est d’ailleurs d’une niaiserie consommée. Même les contribuables qui ne sont pas passionnés de ballon rond ont participé à sa gloire en construisant des stades dispendieux pour la coupe d’Europe de football : panem et circenses…

ronaldo

Le problème est que la star du Real a encaissé 145,9 millions d’euros de sponsoring en sept ans qui ont disparu dans des paradis fiscaux pour échapper à l’impôt. Mais soyons sérieux, probablement se sentant coupable, il a quand même payé 5,6 millions d’impôts, soit 4%. Et puis, en plus des 145,9 millions on en découvre 74,7 autres qui disparaissent à leur tour. Il faut dire que les fans du joueur ne s’offusquent pas de cette situation et sont ravis au contraire d’acheter leur paire de Nike à 375 euros, même si 13 euros partent au profit de Ronaldo dans un paradis fiscal.

Mais pourquoi alors le joueur qui possède un patrimoine évalué à 209 millions planqués en Suisse et au Luxembourg, ne paye-t-il pas ses impôts ? Il profite de tout mais refuse d’être solidaire de ses concitoyens. Il est clair qu’il s’agit là d’une preuve de son égoïsme, de son mépris vis-à-vis des autres, peut-être même d’un égocentrisme sans limite. Il fait partie de ces individus qui vivent en ignorant totalement le commun des mortels ; il n’est pas le seul, puisque au delà des sportifs nous rencontrons tous les jours des élus qui vivent de même.

Ce type qui tape dans sa baballe est supposé être un exemple pour les jeunes : ah les fameuses valeurs du sport ! Avec son sourire et ses belles dents très blanches, il est là pour faire rêver, comme un mannequin ou un acteur, puisqu’il commercialise son droit à l’image. Alors il a eu droit à un redressement fiscal de 4,4 millions d’euros par une inspectrice du fisc probablement impressionnée d’avoir devant elle un tel mythe ! Il va de soi que ce personnage bénéficie d’une immunité éternelle comme son copain Messi condamné l’été dernier à 21 mois de prison pour des raisons comparables ; 21 mois avec sursis bien sûr ! On peut mettre en prison un mendiant qui a récupéré un tronc d’église à Strasbourg, mais pas un footballeur qui a grugé ses concitoyens de dizaines de millions. « Selon que vous serez puissant ou misérable… » Nous vivons dans un monde sans humanité et à plusieurs vitesses, et on se demande ce qu’en pense le citoyen qui perçoit 20 heures de smic par semaine pour 647 euros par mois. S’il s’offre une paire de Nike marqué du fameux logo CR7, il va bouffer avec quoi ensuite ? Anesthésié ou révolté. Qu’il doit regretter de n’avoir pas suffisamment joué à la baballe dans sa jeunesse !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Publié dans Actualité | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Façonnable quitte Nice pour l’Espagne.

Nombreux sont les Niçois qui ont connu Jean-Pierre Benaym et Albert Goldberg les créateurs de Façonnable, la boutique de mode pour homme de la rue Paradis. Fondée dans les années soixante, ce fut une boutique de sur-mesure et de prêt-à-porter qui va acquérir très rapidement une image internationale. Le duo vendra la griffe en 2000 et depuis novembre Façonnable appartient au groupe espagnol Pepe Jeans. D’ailleurs les services s’en vont à Barcelone.

En plus ce sont cinq boutiques sur 17 qui fermeront définitivement et cela entraînera la suppression de 78 emplois sur 170 salariés de la marque. Les boutiques restantes (Nice peut-être) seront modernisées mais la griffe va effectuer un « retour aux origines » c’est-à-dire revenir à un style méditerranéen. L’objectif est de se développer dans cinquante pays au travers de boutiques, franchises et points de vente.

33 ans de Radio Judaica

 

Depuis Jean-Pierre Benaym s’était consacré à la peinture et à la sculpture, en exposant même tout près de là, chez Ferrero. Il avait ouvert un atelier à Nice et un autre à Bruxelles. Albert Goldberg, fils d’un tailleur renommé, « Monsieur Jean », est lui resté dans la mode et en 2014 a créé une collection de chemises « World Colors » inspirée par la coupe du monde de football.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Publié dans Actualité | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Estrosi viré ?

Cela ne se serait pas très bien passé, aux dires de ceux qui rodaient autour du bureau de François Fillon. Et cela aurait même été très court. Et puis Christian Estrosi a très vite disparu. En effet la rencontre entre le candidat de Les républicains et le président départemental du même parti n’aurait guère satisfait ce dernier, bien qu’il ait annoncé ensuite qu’il avait choisi de quitter son poste de président de la Commission nationale d’investitures (remplacé par l’ancien escrimeur Jean-François Lamour).

estrosi-nouvelle-prise-de-guerre-de-fillon

Maintenant il faut bien constater qu’il y a de grosses difficultés relationnelles entre les deux hommes. François Fillon n’en a jamais voulu dans son gouvernement mais c’est Nicolas Sarkozy qui l’avait imposé d’abord comme secrétaire d’Etat chargé de l’outre-mer (c’est du temps de l’avion à 138.000 euros), puis comme ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, avant d’être remplacé par Eric Besson.

Mais il y a pire pour le nouveau leader : Christian Estrosi ne l’a pas soutenu entre les deux tours des primaires et a même essayé de le déglinguer en affirmant qu’il se prendrait une fessée s’il se présentait à Nice. Il a même rajouté « François Fillon arrive premier à Nice, mais il est second dans ma circonscription. Il y a une exception Estrosi. » Puis : « Si je me présentais contre François Fillon ici, je le battrais à plates coutures. Aux régionales, dans ma circonscription, j’ai recueilli 64 % des suffrages et à la législative partielle de mai dernier 64 %. Il faut relativiser les résultats de la primaire qui, je le rappelle, concernent uniquement la droite. Dans mon conseil municipal (Le sien pas celui du maire…), toutes les sensibilités sont représentées, mais tous sont derrière moi. »

C’est clair François Fillon a un opposant dans son parti : « Je ne vais pas maintenant devenir un filloniste forcené comme l’ont fait certains dès le soir du premier tour ! […] J’entends prendre le temps de la méditation et de la réflexion. Je serai derrière celui qui sera désigné par ma famille, après avoir débattu du fond sur la sécurité, l’économie, la croissance, l’innovation, le numérique… Je ne vais pas cette semaine où personne ne doute de la victoire de François Fillon – même si le score final sera serré – me rallier à un projet que je n’ai pas soutenu. »

Christian Estrosi n’est donc plus à la tête de la commission nationale d’investiture de Les républicains. Et Eric Ciotti l’ex futur ministre de l’intérieur ? Ils avaient l’air tellement heureux et confiants sur la photo l’autre jour…

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Publié dans Actualité, Politique | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Morin, l’homme du débarquement de 44, saborde l’UDI

Personne n’a oublié à Nice, le passage d’Hervé Morin venu participer aux vœux du pseudo centriste Rudy Salles en 2012 ; ce jour-là il avait déclaré « Moi qui ai vu en Normandie le débarquement des Alliés, nous avons vécu des épreuves drôlement plus difficiles que celles que nous avons à vivre aujourd’hui ». Le problème était qu’il est né en 1961 et que le débarquement a eu lieu en 1944… Cela ne l’a pas empêché de devenir le président de la Région Normandie en janvier dernier. Mais ce président fondateur du Nouveau centre, et donc membre de l’UDI, a dû prendre goût aux navires et a décidé d’en couler un, le sien.

lusitania-morin

Après avoir soutenu Bruno Le Maire lors des primaires de la droite et paraît-il du centre, il est parti soutenir François Fillon. Il est loin d’être le seul d’ailleurs, car nombreux sont les élus de l’UDI qui après avoir soutenu Juppé sont allés soutenir Fillon. Effectivement les sondages donnant ce dernier gagnant, il fallait sauver son poste d’élu en vue des prochaines législatives. Alors histoire de simplifier le tout, Hervé Morin a décidé de convoquer les membres de l’UDI les 10 et 11 décembre prochains pour faire disparaître l’UDI.

Jean-Christophe Lagarde, le président, est vite parti chez Fillon aujourd’hui même pour négocier les postes en question. Le problème est que les déclarations de campagne de Fillon font de lui un souverainiste, alors que l’UDI est par principe pro européen. Mais si il y a des postes à récupérer, que vient faire là-dedans l’Europe ? Ne mélangeons pas les idées et le fric… D’autant plus qu’il y a une autre composante au sein de l’UDI, le Parti radical valoisien. Mais cela ne trouble pas un porte-parole du Nouveau centre qui a déclaré sur la Chaine parlementaire que c’était sans importance. Puisque Fillon veut enterrer l’Europe, comme le Front national, autant le suivre. Ensuite il ne faut pas s’étonner du départ des jeunes-UDI (voir Ficanas d’hier) qui vont chez Macron.

Ah ! Macron ! Est-il devenu le nouveau centre, lui qui est rejeté par la gauche? Avec ses idées proches de Bayrou on voit là s’ouvrir des portes bien séduisantes pour une grande partie de l’électorat. Et que va faire Laurent Hénart, le président du Parti radical, considéré comme la cinquième roue du carrosse ? Les jours qui viennent vont être importants. Une gauche en déliquescence, une droite qui devient de plus en plus populiste avec un candidat qui essaye de ratisser large et une extrême-droite qui le critique violemment sur son programme social. L’Europe, dont on ne parle pas du tout et qui pourtant régit 70% de nos activités sera-t-elle l’enjeu électoral inattendu ?

Christian Gallo – ©Le Ficanas ®

Enregistrer

Publié dans Actualité, Politique | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Un traitre chez Fillon.

Il y a des traitres sur la photo d’hier. En particulier un mec qui était le directeur de campagne de Fillon, puis qu’il a abandonné pour Sarkozy et qui maintenant revient chez celui qu’il a essayé de battre… Devinez ?

img_5512

 

Publié dans Actualité, Politique | Tagué , , | 3 commentaires

Politique : eh hop ! Le centre a-t-il disparu ?

Les primaires de la droite étaient qualifiées « de la droite et du centre » ; il est probable que des centristes soient allés voter dimanche, mais aucun candidat du centre n’apparaissait sur les listes proposées : ni MoDem, ni UDI. Mais qui sont donc ces gens-là, pourtant nombreux parmi les élus régionaux et qui n’ont pas de candidats ?

Le MoDem ou Mouvement démocrate est créé par François Bayrou après l’élection présidentielle de 2007. A cette date-là ses élus n’accorderont pas leur confiance à François Fillon (déjà !) premier ministre. Il s’agit en fait d’une partie de l’ancien UDF, dont certains membres vont partir soutenir Nicolas Sarkozy en créant le Nouveau centre. Il s’agit d’un parti profondément républicain et européen. François Bayrou promeut l’abandon d’un clivage gauche-droite. 7 députés, 60 conseillers régionaux et présents dans une vingtaine de Conseils départementaux. L’avenir tourne autour de la forte personnalité de François Bayrou.

francois-bayrou-et-emmanuel-macron-lors-du-tour-de-france-en-juillet-2016_pics_590

François Bayrou et Emmanuel Macron lors du Tour de France, en juillet 2016. (Sipa Press)

Nicolas Sarkozy lui a reproché d’avoir demandé à ses électeurs de voter François Hollande en 2012, ce qui est faux ; seul Bayrou a signalé qu’il voterait personnellement pour le candidat socialiste. Pour les primaires de la droite (et paraît-il du centre) Bayrou a soutenu clairement Alain Juppé dans le cadre du « tout sauf Sarkozy ».

L’UDI, Union des démocrates et indépendants, a été fondée par Jean-Louis Borloo en 2012. Suite à l’éclatement de l’UDF, des membres de trois partis vont se rassembler : le Parti radical (dit valoisien), le Nouveau centre et l’Alliance centriste. Vont se rajouter ensuite la Force européenne démocrate et la Gauche moderne. D’autres structures sont également associées : la Nouvelle écologie démocrate, France écologie, le Canal écologique républicain et GayLib. Depuis 2014 le parti est présidé par Jean-Christophe Lagarde.

Cette fédération de partis est également profondément républicaine et européenne. Elle est présente dans toutes les structures politiques françaises. 28 députés, 40 sénateurs, 2 députés européens et une forte présence dans les assemblées locales. Pour les primaires, pas de candidat, mais un soutien marqué à Alain Juppé, sauf, qu’entre les deux tours, on va voir deux cents élus partir soutenir François Fillon ; il y aurait-il des places à quémander ? Pourtant le coté souverainiste du candidat de la droite correspond peu avec les intentions européennes du parti. Jean-Christophe Lagarde a déclaré dimanche que François Fillon est «le vainqueur clair de la droite et du centre». «Ça en fait évidemment le candidat naturel à la présidentielle».

Au moins c’est clair, le parti est inféodé au Les Républicains.

Tout le parti ? Pas vraiment en fait car sur Facebook 130 dirigeants, élus et militants de l’UDI-Jeunes annoncent leur soutien à Emmanuel Macron. Ils constatent même un écart entre «nos propriétés, nos valeurs et ce qui serait le programme présidentiel du candidat des Républicains»

Et François Bayrou, qui avait promis d’être candidat si Nicolas Sarkozy l’était, se pose clairement des questions : «Nous croyons aussi que bien des sujets n’ont pas été traités : l’avenir de l’Union européenne, la sauvegarde d’une ambition sociale, la question de l’environnement et du durable, les nouvelles conditions du travail, la situation des jeunes et leur futur. Dans les semaines qui viennent, nous allons travailler à ces questions et à ces sujets pour tous ceux et avec tous ceux qui ont besoin que soient inventées des réponses nouvelles pour garantir et réussir l’alternance dont la France a besoin».

Puisque l’UDI s’est sagement rangée sous la bannière de François Fillon, le centre nouveau est composé aujourd’hui de Bayrou et de Macron ; vont-ils s’entendre ou se combattre ? Il y a là une ouverture de la pensée politique qui ne va pas manquer d’intérêt et apporter peut-être des solutions que recherchent les partis. A voir…

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Publié dans Actualité, Politique | Tagué , , , , , , , , , , , , , | 2 commentaires

Nice : un hommage des Français à Catherine Ségurane plutôt cocasse !

Comme chaque année le 25 novembre on fête les catherinettes, et à Nice on rend hommage à Catherine Ségurane, devant sa stèle. Cette cérémonie fait partie des traditions niçoises, même si certains pensent qu’il s’agit là d’un personnage légendaire.

Résumons : le 15 août 1543 les Ottomans et les Français, dirigés par Barberousse, attaquent le château de Nice en venant de la rade de Villefranche. Ils donnent l’assaut au niveau de la porte Pairolière et se hissent au sommet de la tour Sincaïre. L’un des assaillants, un turc, se dirige vers le rempart pour hisser un drapeau vert ou rouge, marqué d’un croissant d’or. Catherine Ségurane fracasse alors le crâne du turc avec son battoir à linge ; elle s’empare de son drapeau, le déchire et brise la hampe. Les Niçois reprennent alors courage et empêchent les Français et les Turcs de pénétrer dans le château. Pendant ce temps-là les franco-turcs ravagent complétement la ville et le 9 septembre le duc de Savoie, Charles III, vient délivrer les Niçois et fait fuir les assaillants. Au XIXème siècle on ajoutera à l’histoire que soulevant ses jupes Catherine Ségurane montra son cul aux musulmans ce qui les fit fuir…

fullsizerender-2

Vrai ou fausse, cette histoire est devenue une légende, et Catherine Ségurane une icône qui symbolise l’identité niçoise et surtout la fidélité à la Maison de Savoie. Et c’est là que la commémoration qui a eu lieu devant la stèle qui est consacrée à l’héroïne à la place Saint Augustin prend toute sa saveur. La ville édite alors une invitation de la part du premier adjoint, Christian Estrosi, du maire fantôme Philippe Pradal et en présence du président du département Eric Ciotti, pour « l’hommage à Catherine Ségurane » (le 26, pas le 25…)

Et on reçoit une belle photo de la part de la communication de la ville de Nice. Et sur la photo, pas de maire, pas de président du Conseil départemental, seul le premier adjoint, Christian Estrosi est là. Mais le plus cocasse ce sont les gerbes déposées devant la stèle, probablement celles des officiels absents et ces gerbes sont décorées aux couleurs de la France ! Ah ces Français ! Ils sont tellement contents de s’être pris la pâtée en 1543 avec les Turcs qu’ils viennent encore fêter cela ! C’est ça un pays occupé…

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Publié dans Actualité | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire