Ciotti, Estrosi et les élections à droite, drôle d’histoire…

Remontons l’horloge politique. Nous sommes en 2012 et le parti de droite, l’UMP, traverse une crise sans précédent : Nicolas Sarkozy est battu aux présidentielles et les législatives ont été un revers pour le parti. Il faut un nouveau président à l’UMP et deux candidats semblent remporter les suffrages : l’ancien premier ministre de Sarkozy, François Fillon et le député-maire de Meaux, secrétaire général du parti, Jean-François Copé. Le soir du 18 novembre les résultats sont pratiquement égaux et les deux candidats revendiquent la victoire. En réalité 98 voix (sur 174 678 suffrages exprimés) les séparent, en faveur de Copé. Fillon conteste le résultat affirmant que le parti traverse une « fracture à la fois politique et morale ». Il trouve alors 1.304 voix non comptabilisées dans trois fédérations d’outre-mer. Mais les partisans de Copé accusent les fillonistes de fraude dans les Alpes-Maritimes, scrutin organisé par Eric Ciotti. Copé propose à Fillon d’être vice-président de l’UMP et c’est Ciotti qui répond « Sincèrement, vous imaginez François Fillon, vice-président de Jean-François Copé ? Non, ce n’est pas très sérieux. » Il est bien placé pour le savoir puisqu’il était le directeur de campagne de Fillon (il ira ensuite faire celle de Sarkozy et retournera plus tard chez Fillon).

Depuis l’UMP est devenu Les républicains, Fillon a fait pschitt aux présidentielles, et c’est Laurent Wauquiez  qui mène les destinées du mouvement avec son fidèle lieutenant Eric Ciotti.

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2018, élections dans la fédération de Les républicains des Alpes-Maritimes. Christian Estrosi président sortant, ne se représente plus et Eric Ciotti, seul candidat, est élu avec 88% des suffrages. Bizarrement les proches d’Estrosi ne sont pas élus. Et on a droit à un communiqué de presse de Dominique Estrosi-Sassone (sénatrice et ex-épouse du maire de Nice), de Marine Brenier (députée imposée par Estrosi qui a soutenu successivement, Sarkozy, Fillon puis Macron et qui vient de quitter les groupe Les constructifs à l’Assemblée pour aller chez Les républicains) et Pierre-Paul Léonelli (septième adjoint de Christian Estrosi à la mairie de Nice). Il y aurait fraude lors de ce scrutin.

Le problème est que ce dernier est battu par Auguste Vérola, qu’Estrosi a viré, que Marine Brenier est battue par Christelle d’Intorni, le maire de Rimplas (virée de la Région à la demande de Pierre-Paul Léonelli) et que l’ex-épouse est éliminée par un inconnu Stanislas André (Master 2 sécurité intérieure, promotion Eric Ciotti) ! Les trois impétrants annoncent que « le chiffre de la participation exceptionnellement élevé, à plus de 70% sur Nice », les laisse « tout particulièrement interrogatifs ». Demande de recours probable à la Haute autorité des Républicains. Ciotti se précipite à LCI et déclare « Il peut y avoir des mauvais perdants. Je conçois que la défaite soit forte, peut-être inattendue. S’il y a des recours, ils seront examinés. Moi je prends ça avec beaucoup de sérénité ».

Tout cela est-il inquiétant ? Pas vraiment dans la puissante fédération des Alpes-Maritimes. D’autant plus qu’Eric Ciotti pousse le maire de Nice dans les bras du président de la République en déclarant qu’il est « le président officieux d’En marche ». Il faut dire que l’enjeu est de taille puisque le poste de député de Ciotti devrait disparaître, le département transformé en métropole et la métropole couvrir tout le département. C’est donc l’élection municipale niçoise qui sera le véritable enjeu et d’ici là la commedia dell’arte azuréenne va nous distraire jusqu’en 2020.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Il n’y a pas qu’à Nice que l’on s’entretue. A Menton aussi.

Nice c’est particulier car la guerre Estrosi-Ciotti continue, et maintenant les uns accusent les autres de fraudes pour des élections dans un même parti Les républicains. Du coup on ne regarde pas ce qui se passe ailleurs. Mais à l’Est du département ce n’est pas mieux entre des anciens alliés qui ont même gouverné ensemble.

Qui aurait pu imaginer que le maire Jean-Claude Guibal allait à nouveau se représenter à la mairie après 29 ans de mandat. Le Ficanas avait, dans un papier du 8 avril dernier, évoqué cette guerre entre le vieux maire et son ancien premier adjoint qu’il avait viré en 2013. Entre temps la famille Guibal (maire, épouse, fille, gendre) est passée de Christian Estrosi à Eric Ciotti. 

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Pourtant la semonce des législatives n’a pas été négligeable puisque la circonscription a choisi Alexandra Valetta Ardisson de La république en marche face à Olivier Bettati soutenu, à l’époque, par le Front national. Le candidat de Les républicains, Xavier Beck, maire de Cap d’Ail, avait disparu au premier tour. Pour les prochaines municipales la droite continue avec le maire sortant. Mais le centre droit soutient fortement son possible candidat Patrice Novelli. Ex jeune giscardien, à l’UDF depuis 1986, membre fondateur de l’UDI et du Nouveau Centre dans les Alpes-Maritimes, le président des clubs Perspectives et réalités, vient d’être nommé délégué départemental de la fédération UDI des Alpes-Maritimes. Il va, au côté de Gilles Cima, le quatrième adjoint de Cannes et président de l’UDI, mener à bien le destin du parti dans le département.

Patrice Novelli va t-il être le sang nouveau qui irriguera la ville de Menton ? De voir deux anciens collaborateurs, un maire et son ancien premier adjoint, s’affronter pour Menton, voila qui sera intéressant à observer.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Estrosi invente une agression antisémite.

Dans la nuit de vendredi à samedi quatre mineurs se font attaquer par cinq majeurs au centre de Nice. Mais l’un des agressés portait une étoile de David autour du cou. Les agresseurs sont embarqués par la police municipale. Très rapidement Christian Estrosi dénonce un acte antisémite et s’empresse de diffuser un tweet « Je condamne l’agression antisémite intolérable de 4 jeunes dans le centre ville de Nice cette nuit. La violence et la lâcheté de tels actes ne doivent en aucun cas être banalisées ni rester impunies. J’attends de la justice la plus grande sévérité à l’égard des agresseurs.». Et dans une envolée lyrique et rassembleuse « Je ne peux tolérer la montée de l’antisémitisme dans ma ville pas plus que dans mon pays ».

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Problème : si c’est le cas que le maire a-t-il fait depuis tant d’années pour éviter qu’il y ait des actes antisémites dans sa ville ? Mais ce n’est pas le cas semble-t-il ; en effet le procureur de la République déclare « c’est une bagarre entre jeunes gens en état alcoolique un vendredi soir » et il ajoute « ce qui ressort de manière très claire, c’est que cette bagarre n’a rien à voir avec la religion. »

Mais quel plaisir pour le maire de Nice, président de la métropole, président délégué de la région (Etc.) de remuer le marigot du babazouk, histoire de s’offrir un peu de propagande électorale. L’électorat juif a un rôle important en cas d’élection, autant se l’attirer petit à petit pour 2020 !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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« 20 ans après » au château de Carros

Ce ne sont pas les trois mousquetaires qui envahissent, vingt ans après, le château de Carros, ils sont beaucoup plus nombreux que cela. En effet le Centre International d’Art Contemporain (CIAC) fête les vingt ans de son installation l’été 1998 dans un château merveilleux mais pas totalement restauré à l’époque.

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© Christian Gallo

Très vite se mettent en place des expositions temporaires où l’on retrouve de nombreux artistes de la région. Parmi eux : Adams, Ainsley, Alocco, Andreatta, Androff, Arman, E & I Babilaité, Bataillard, Bauquier, Baviera, Bayard, Beggs, Bennequin, Brandy, Caminiti, Cassarini, César, Challan Belval, Charvolen, Cortese, Crapez, Dupont, Eppelé, Faniest, Farioli, Fernex, Foyé, Gastaud, Gaudet, Goeldlin, Guillonnet, Hasegawa, Hetzel, Hilmi Hodeib, Hunold, Isnard, Jenkins, Jourdanet, Kijno, Klein, Landucci, Lanneau, Laurent, Leroy+Leroy, Madden, Malausséna, Marzuk, Mas, Mendonça, Mérian, Miguel,  C & I Monod, Morini, Nalbandian, Nivèse, Pedinielli, Pini, Renouf, Reyboz, Rivello, Rosa, Rossel, Roussil, Salaün, Salicetti, Salkin, Scholtès, Serge III, Sordello, Troin, Verdet, Vernassa, Villeri, Villers, Voliotis, Waller…

Des dizaines d’artistes contemporains vont dans ce décor exceptionnel faire la réputation du CIAC. Les mises en scène de Frédérik Brandy d’une qualité parfaite savent mettre en valeur les œuvres les plus inattendues. Pour cet anniversaire c’est un mélange des photographies des artistes et de leurs œuvres qui est offert au public du samedi 13 octobre (vernissage à 11h30) au 30 décembre prochain.

Pour en savoir plus : http://www.ciac-carros.fr

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Estrosi invente la taxe électorale.

Rassurez-vous, vous ne serez pas taxés pour aller voter, la démarche est beaucoup plus subtile puisque le but est que vous votiez pour Christian Estrosi. Les propriétaires sont astreints à payer une taxe foncière à Nice dont le taux est de 23,12 %. C’est souvent le fait que cette taxe soit élevée qui pousse certains habitants à vendre leurs biens immobiliers et à aller vivre ailleurs. Alors prévoyant les élections municipales de 2020, Christian Estrosi a fait voter par le conseil municipal une baisse de cette taxe sur le foncier bâti pour les deux années à venir : 21 % en 2019 et 19 % en 2020. Cela permet au maire d’affirmer « Conformément à mes engagements, les impôts des Niçois n’ont pas augmenté depuis 2008 ». 

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C’est pas mal comme effet d’annonce mais c‘est faux. Parallèlement le maire de Nice, qui est également président de la métropole Nice-Côte d’Azur, a imposé une taxe foncière de 6,40 % sur les 49 communes de la métropole dont… Nice ! Elle rapporte quand même 63 millions d’euros. Conclusion : 48 communes vont devoir payer la baisse de la taxe d’habitation niçoise. Pis encore, la baisse du foncier municipal ne compense pas totalement la création de la taxe métropolitaine. Selon Philippe Pradal, 1er adjoint et accessoirement maire de remplacement, la note a augmenté de 14 % cette année. Lors de sa création, on nous expliquait quotidiennement que la métropole allait permettre de faire des économies en mutualisant les compétences ; en réalité on mutualise la dette et la fiscalité. Il faut bien absorber une dette évaluée à 2 milliards d’euros. Il est vrai que Christian Estrosi a demandé à Emmanuel Macron que la métropole niçoise soit étendue à tout le département. Ça va faire des sous avec la taxe à 6,40 % ! 

On constate donc que la baisse du foncier local n’a qu’un objectif électoral pour se maintenir en tant que maire et président de métropole : une taxe électorale !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Il n’y a pas plus gaulliste que Macron.

Tous se veulent gaullistes aujourd’hui : chez Les républicains bien sûr, mais aussi chez Le Pen, Dupont-Aignan et bien d’autres. Mais s’il en est un qui met en application les méthodes du général de Gaulle, c’est bien Emmanuel Macron. Tandis que l’on fête l’anniversaire de la création de la Vème République, n’oublions pas qu’elle a été créée pour un homme, Charles de Gaulle, qui avait une obsession, la disparition du régime des partis ; la IVème République en avait tellement souffert. Alors, avec sa constitution  de Gaulle va créer un parti godillot l’UNR qui va gagner toutes les élections de 1958 à 1967. De Gaulle ne s’y référera jamais car, de toute façon, il lui obéira au doigt et à l’œil. Aujourd’hui, celui-ci se nomme LREM (La République en marche) et a exactement le même rôle, soutenir la politique présidentielle. 

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Yvonne et Charles de Gaulle à Londres (Royaume-Uni), le 6 avril 1960 | STF / Central Press / AFP – Brigitte et Emmanuel Macron à Agra (Inde), le 11 mars 2018 | Ludovic Marin / AFP

Emmanuel Macron ne se réclame de personne, comme le général en son temps. A ce titre il est un pur gaulliste. Pour les commentateurs télévisés habituels, il est de gauche, car ancien ministre de Hollande, de droite pour avoir choisi Edouard Philippe, du centre pour avoir été élu avec les voix du MoDem. En réalité, comme de Gaulle, il est au-dessus des partis. En outre il assume un côté autoritaire, comme autrefois le général. 

Après de Gaulle les partis vont reprendre le dessus, doucement sous Pompidou, beaucoup plus sous Giscard et totalement avec Mitterrand et un cortège de combines, de négociations de coulisse et de malversations. Tout s’aggrave avec Chirac et Sarkozy et une suite d’affaires malsaines. On arrivera au sommet avec une primaire à gauche qui installe François Hollande, pratiquement le retour de la quatrième République.

De Gaulle avait été traité de dictateur par les socialistes, de fasciste par les communistes car le régime présidentiel lui donnait tous les pouvoirs. N’avait-il pas, alors que la constitution ne lui permettait pas, renvoyer son premier ministre, Michel Debré, qui n’était pas d’accord avec lui par rapport à la guerre d’Algérie ? Les modifications constitutionnelles de Nicolas Sarkozy renforcent encore plus le pouvoir présidentiel. Emmanuel Macron applique son programme en ne tenant pas compte de son gouvernement ni des récriminations de quelques députés de En Marche. Il est le chef qui décide mais qui de fait est responsable de tout.

S’il échoue, ce sera sa faute et il partira sur un référendum peut-être, bien que pour l’instant on n’entend pas dire à l’Elysée que cette procédure puisse être utilisée. Ses opposants seraient trop heureux de s’y plonger pour le faire chuter. Ils vont devoir se contenter des élections européennes, ce qui n’engage en rien la responsabilité du président vis-à-vis du pays.

Le régime parlementaire s’efface petit à petit, les oppositions ne font que vociférer à la télévision, les syndicats n’arrivent plus à rassembler pour leurs défilés. Notre régime est totalement présidentiel mais démocratiquement élu, ce qui fait un pendant aux chefs d’Etats populistes qui fleurissent sur la planète et en Europe en ce moment. Mais un parti godillot, un gouvernement pour faire joli, ne sont pas les garde-fous de la stabilité politique. Si en 2018 on fête l’anniversaire de la Vème République, on fête également celui de mai 68.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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La génération Julie Tiger

Julie Tiger est une cannoise qui réside dans la vallée de la Vésubie et qui vient de publier son premier roman intitulé « Epiphanie ». Roman d’amour semble-t-il qui serait « Un instantané des relations affectives des trentenaires d’aujourd’hui. » Normal, on est proche de l’âge de l’auteure. Mais attention l’ouvrage n’est pas autobiographique alors qu’il est, dit-elle, inspiré de faits réels. Une amitié intense avec Marie, une relation malsaine, mais passée, avec Charles et une idylle avec Adam, tout est en place pour une histoire sentimentale.

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En outre Adam est guitariste de concert et tout cela se passe sur la Côte d’Azur. Et ce n’est visiblement pas terminé, puisque sur le blog Facebook de Julie Tiger il est écrit « Epiphanie le livre – Tome un ». Serions-nous partis pour une saga ? En attendant le quotidien local lui a offert une pleine page intitulée : « Julie Tiger : portrait d’une génération ».

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

Pour en savoir plus : https://epiphanie-lelivre.fr

 

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Quand l’hommage tue l’hommage.

On ne peut pas dire que ceux à qui l’on rend hommage sont des français sans importance, loin de là, mais on a l’impression que cela n’arrête plus. Les Français vivant de plus en plus vieux, ils finissent quand même par décéder un beau matin. Alors on médiatise : on va dans la cour des Invalides, on organise des défilés, certains se payent même la Madeleine. D’écrire ces propos semble iconoclaste, en réalité cette diarrhée médiatique et mortifère devient lassante et finit par ôter tout sentiment à l’évènement. Les télévisions elles-mêmes ont leur programme bouleversé par la diffusion de reportages conçus de longue date en prévision de l’évènement.

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©AP Photo/Francois Mori

Sous la présidence de François Hollande, les hommages furent dramatiques car souvent liés aux attentats sanglants qui ont ponctué son quinquennat. Heureusement cela s’est calmé et souhaitons-le pour longtemps. Mais il y eut également de nombreux hommages individuels et cela continue sous Emmanuel Macron. 

Le protocole est toujours le même. On se rend dans la cour d’honneur des Invalides ou au Panthéon, le chef de l’Etat prononce un discours, une minute de silence, la Marseillaise et, de plus en plus souvent, de la musique ou des chants. Parfois les drapeaux français sont mis en berne dans tout le pays. Qui décide de ces hommages ? L’Elysée et particulièrement le président de la République.

Sous Jacques Chirac, un seul, l’ancien premier ministre et maire de Bordeaux : Jacques Chaban-Delmas. Sous Nicolas Sarkozy il y en aura deux : Philippe Séguin, ministre, président de l’Assemblée nationale et du RPR, et un écrivain et surtout cinéaste Pierre Schoendoerffer, connu pour son film Diên Biên Phu. Mais sous François Hollande, il y eut pléthore : Stéphane Hessel, Pierre Mauroy, Dominique Baudis, Charles Pasqua, Michel Rocard, Xavier Jugelé (assassiné sur les Champs-Elysées en conduisant un fourgon de police) et Albéric Riveta (chasseur de 1ere classe décédé au Mali). A cela il faut ajouter les victimes des attentats du 13 novembre 2015.

Emmanuel Macron voulait restreindre les hommages officiels mais en un an et demi il va honorer Simone Veil, Jean d’Ormesson, Arnaud Beltrame (gendarme ayant succombé en tant qu’otage à Trèbes), Claude Lanzmann (journaliste, écrivain et cinéaste, réalisateur de Shoah) et Charles Aznavour. 

Cela fait beaucoup. Ce ne sont pas des noms qui ont démérité de la patrie, loin de là. Mais il faut ajouter à ces commémorations d’autres hommages, des entrées au Panthéon : l’abbé Pierre, Pierre et Marie Curie, André Malraux, Alexandre Dumas, Lazare Ponticelli (le dernier poilu), Aimé Césaire, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Jean Zay, Germaine Tillon, Pierre Brossolette et les victimes de l’attentat de Nice… C’est l’inflation ! Pourtant Macron, qui disait ne plus vouloir faire de politique mémorielle, est rattrapé. Avait-il le choix pour Simone Veil ? Il l’avait pour Charles Aznavour et Jean d’Ormesson. Fabrice d’Almeida disait récemment « une politique mémorielle ne fait pas une politique tout court, ça donne surtout l’image d’un président qui inaugure des chrysanthèmes ». Remarque de saison !

Mais on s’angoisse en écoutant les informations le matin : tous les jours on s’attend à la disparition de Valéry Giscard d’Estaing, à celle de Jacques Chirac, à celle de Line Renaud. Même si on ne le leur souhaite pas, on peut redouter les hommages télévisuels à venir…

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Piémontais ou Niçois ?

L’hiver à Nice, j’entendais parler le niçois ; l’été au Piémont c’était du piémontais. Dire à l’un qu’il parle la langue de l’autre c’est parfois s’attirer des ennuis, bien que dans le haut de la vallée de la Roya on mélange facilement les deux langues. Mais comme l’indique mon patronyme, j’ai eu droit aux deux cultures.

Il y a entre deux et quatre millions de personnes qui parlent le piémontais, beaucoup moins qui l’écrivent. C’est une langue romane, comme le français, l’occitan, le niçois, le catalan et le franco-provencal. Mais le piémontais est souvent pratiqué à l’étranger. Un jour, tandis que j’animais le Train des Merveilles de Nice à Tende, je rencontrais des touristes argentins qui ne parlaient ni français, ni italien, ni anglais, ni niçois, mais piémontais. En effet de 1850 à 1950 nombreux sont les piémontais qui vont immigrer en France, en Argentine et en Uruguay ; mais ils conserveront leur langue maternelle. 

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Le col de Tende : une frontière ?

La langue officielle des Etats de Savoie va devenir une langue régionale avec la création du royaume d’Italie et surtout pendant la deuxième guerre mondiale où l’on se rendra compte que les militaires ne se comprenaient pas toujours. Dès la mise en place de la télévision en Italie on organisera des concours pour récompenser ceux qui parlaient le mieux l’italien. 

Il y a des particularismes dans la langue piémontaise : l’absence de nombres ordinaux à partir du sept (on dit « col che a fà set » pour septième. Une sixième voyelle, un « ë » qui correspond au « e » français l’autre étant un « é ». Etc.

Alors comparons pour le plaisir le piémontais et le niçois. Il y a de nombreux rapprochements quand même. 

Piémontais Niçois
cadrega cadièra
pijé pilhar
surtì sortir
travajé travalhar
droché/casché/tombé tombar/cabuçar
ratavolòira ratapinhata
ca/mison maion/ostau
brass braç
nùmer nombre
pom poma
scòla escòla
bòsch bòsc, lenha
monsù Mossur
madama dòna
istà estiu
ancheuj ancuèi
dman deman
jer ièr
lùnes diluns
màrtes dimarts
mèrcol/merco dimecres
giòbia dijòus
vënner divendres
saba dissabta
dumìnica diménegue

Viva !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Nice : les nouvelles aventures du théâtre de l’Artistique.

L’historique :

A l’origine l’Artistique est un cercle fondé en 1885 dont l’objectif est de promouvoir des artistes et écrivains niçois. Pour cela le cercle organise des bals et des représentations. En 1911 on construit alors le théâtre situé au 27 boulevard Dubouchage, dans ce quartier qui comprend le plus grand nombre de salles de spectacles de Nice. Outre le théâtre lui-même il y a plusieurs salles d’expositions car Nice n’a, en 1920, aucune galerie ou musée. Mais la salle de spectacle va recevoir des concerts dirigés par Massenet, Saint-Saëns, Fauré, et plus tard des variétés et des animations. C’est là que s’exprimait Cousin Bibi, le créateur des spectacles pour enfants, à l’origine de celui que Jacques Martin reprendra pour la télévision avec L’Ecole des Fans. (L’auteur de ce propos fera d’ailleurs son apparition sur cette scène à l’âge de 4 ans !).

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Collection Giletta

Adieu le théâtre, bonjour la photographie :

Dans les années quatre-vingt dix le théâtre ferme ses portes, d’une part parce que sa capacité est faible, mais surtout parce qu’il ne présente plus les conditions de sécurité pour la réception du public. La municipalité Peyrat entreprend alors des travaux, car il existe à Nice une manifestation aujourd’hui disparue, le Septembre de la photographie (supprimé en 2010).

Le premier directeur nommé n’arrive pas à faire démarrer le théâtre de la photographie et de l’image, mais la nomination de Marie-France Bouhours est reconnue dans les milieux de l’art et sa programmation est de grande qualité. 

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L’apparition Huster Suissa

Le faux retour du théâtre :

En mai 2016, la municipalité Estrosi annonce la fermeture et le déplacement du Théâtre de la photographie et de l’image pour laisser la place à Francis Huster et Steve Suissa qui permettraient à 60 débutants de se former pendant trois mois aux techniques du théâtre ! Steve Suissa, le metteur en scène a d’ailleurs déclaré qu’il était ému de revenir dans la région car « J’étais apprenti boucher à Juan-les-Pins ». Quant au recrutement deFrancis Huster, celui-ci déclare « Il n’y aura pas de copinage, pas de piston, mais une vérité humaine. Une morale artistique est en train de naître ». Personne ne lui a dit qu’il y a des cours de théâtre et de qualité dans pratiquement tous les théâtres niçois, et une section théâtre au conservatoire de Nice.

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Les fissures dues au tunnel du tram (photo France 3)

Et d’un coup, les fissures :

Puis en octobre 2016 les bruits courent en mairie de Nice, et ils courent vite. On entend dire que Francis Huster et son protégé n’auraient plus l’intention de venir à Nice. En effet il paraîtrait que les services juridiques et culturels de la ville se heurtent à un problème : le cahier des charges de l’immeuble où se situe le théâtre interdirait toute action de formation ou d’enseignement. En outre des fissures dues au fameux tunnel du tramway apparaissent sur le façade du théâtre. 

Du coup le théâtre de la photographie part au forum de l’urbanisme au cours Saleya qui abrite la donation Ferrero, et cette dernière prend la place du forum de l’urbanisme au MAMAC. Le forum, lui, part aux abattoirs.

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Photo : Ville de Nice

2018, tout bascule et tout revient :

Branle-bas de combat le 4 octobre : dans une conférence de presse Christian Estrosi présente un nouveau projet, histoire de réouvrir les locaux. Plus de fissures, plus de cahier des charges de l’immeuble astreignant  mais un programme où l’on voit revenir ceux que l’on croyait ailleurs.

L’Artistique devient alors « Centre d’Arts pluridisciplinaire mêlant artistes, conférenciers et grand public ». On va y trouver une salle de conférences et de représentations pour le grand public, un espace pour artistes professionnels et entrepreneurs, et des espaces d’expositions dédiés à la donation Ferrero « Ecole de Nice ». Deux sessions par an de conférences à partir de novembre, un espace pour artistes professionnels et entrepreneurs (un marché ?), et des espaces d’expositions pour la donation Ferrero qui présentera 800 pièces et une nouvelle donation de Jean Ferrero composée d’arts premiers (tout ça dans un an).

Le centre pour artistes et chefs d’entreprises est fondé avec un structure associative pilotée par Daniel Benoin, l’ex du Théâtre de Nice et actuellement à Antibes. On y créera des « workshops » (en français ateliers collaboratifs) où l’on construit une réflexion, cherche des idées et partage un savoir. C’est une structure en général organisée par les entreprises. On y retrouve des experts d’un sujet, des curieux, des novices, des étudiants, etc. « Le centre pourra être ouvert au monde de l’économie, aux chefs d’entreprises visant à les former à la fois à l’expression orale et consistant à chercher à maîtriser la conversation, le discours, le débat. Ils bénéficieront de l’expérience de Daniel Herrero, Daniel Benoin, Michel Boujenah. Leur participation marquera une étape nouvelle pour un rapprochement entre des milieux professionnels qui ne demandent qu’à se rencontrer. » dixit Christian Estrosi.

Le conseil artistique est dévolu à trois femmes (hissées au rang de conservatrices) : Héléne Guenin (MAMAC), Claudine Grammont (Musée Matisse) et Marie-France Bouhours (Musée de la Photo).

Nouvelle aventure ?

Décidément depuis plusieurs années l’avenir du théâtre de l’Artistique est devenu une véritable saga. Plaisante, car on change régulièrement les décisionnaires et les comédiens. Souhaitons que cette dernière mouture soit la bonne et pas, comme c’est souvent le cas, un simple effet d’annonce !

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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