Monaco : Philippe Pastor et ses Arbres Brûlés.

Monaco Modern art présente actuellement Philippe Pastor qui présente pour l’occasion une remarquable installation de 28 sculptures des Arbres Brûlés, ainsi qu’une série de nouvelles toiles monumentales convoquant la responsabilité de l’homme face à l’environnement. Témoignage d’un écosystème détruit, ses œuvres soulignent toute la beauté, la complexité et la résilience d’une nature qui renait toujours de ses cendres.

Jusqu’à 7°C supplémentaires à la fin du siècle, cyclones, ouragans, villes indonésiennes noyées sous la montée des eaux, Amazonie en flamme, Californie évacuée suite aux ravages de Cal Fire, la liste est encore longue…Est-ce que ce monde est sérieux? Si nous sommes aujourd’hui plus que jamaisinformés des catastrophes naturelles qui ravagent la planète, le monde semble marcher sur la tête, entrainé dans unprocessus exponentiel qui paraîtirrémédiable. A travers cette nouvelle exposition de peintures et sculptures, Philippe Pastor interroge ce chaos et la force destructrice de l’Homme, dirigéecontre ses semblables et son environnement. Dans la première salle, l’artisteinvestit l’espace avec une installation de la série emblématique des ‘‘Arbres Brûlés’’,composée d’un ensemble de 28 sculptures constituées de troncs noirs calcinés. Silhouettes majestueuses érigées en bosquets, les arbres sont ainsi ramenés à la vie et imposent leur présence troublante.

C’est afin de sensibiliser le public aux incendies de forêtsque Philippe Pastor crée cette série en 2003, au cœur du Massif des Maures. Devenu symboles de la lutte contre la déforestation, ‘‘Les Arbres Brûlés’’ furent présentés à travers le monde, notamment dans le cadre de la Campagne ‘‘Plantons pour la Planète’’, organisée par l’UNEP. La version noire ici présentée, conçue pour l’intérieur, nous remémore l’installation monumentale intégrée au Pavillon de Monaco, lors de l’Exposition Universelle de Milan en 2015. Elle contraste avec l’installation, ponctuée de couleur, implantée le mois dernier au jardin Sacha Sosno de Nice.

Monaco Modern’Art – 27, Avenue Princesse Grace Monaco

Jusqu’au 2! février 2020

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Un avenir post mortem radieux !

Une exposition du quai Branly, actuellement au musée des Arts asiatiques de Nice.

Palace Paradis : Offrandes funéraires en papier de Taiwan.

Qui n’a jamais rêvé de retrouver les plaisirs terrestres après la mort ?

Telle est la fonction des objets funéraires en papier de Taiwan, brûlés pour assurer le confort des défunts dans l’au-delà. À la suite d’un décès, les familles achètent des substituts d’objets réels en papier, montés sur une structure de bambou, qu’ils envoient au disparu en les brûlant, accompagnés de monnaies funéraires – billets et pièces de papier en usage dans le monde des morts. De la maison miniature aux copies d’articles de luxe, ces créations hyperréalistes ne négligent aucun détail. Rien n’est laissé au hasard : programmes du lave-linge, smartphone équipé d’applications spéciales « paradis » et berline avec chauffeur.

Détruits par les flammes, les objets funéraires de papier n’ont pas laissé de traces matérielles mais des textes chinois les mentionnent dès le VIIIe siècle. Leur fonction rappelle celle des simulacres en terre cuite (mingqi) déposés de manière généralisée dans les tombes à partir de la dynastie des Han (206 avant notre ère à 220 de notre ère) pour recréer l’environnement familier du défunt.

Conçue en partenariat avec le Centre Culturel de Taiwan à Paris, l’exposition présente un ensemble de créations des ateliers Hsin Hsin et Skea réalisées exceptionnellement pour le musée du quai Branly – Jacques Chirac.

Ne vous fiez pas aux apparences.

Ces répliques de papiers s’inspirent des vanités de la société de consommation pour les faire partir en fumée. Le luxe exprime des valeurs profondes comme la famille et la mémoire des ancêtres…

MAISON DE RÊVE

Les ateliers de papiers taiwanais accordent un soin particulier à la réalisation de la maison, qui doit être l’offrande la plus spectaculaire. Celle-ci peut être de style moderne ou, plus classique, en forme de temple avec ses colonnes et agrémentée d’un décor de fleurs et dragons. À l’intérieur, une effigie en papier du défunt porte un titre de propriété immobilier, ainsi quel’inventaire des biens et de la somme d’argent envoyés par sa famille, ceci pour éviter que les offrandes ne soient dérobées par des fantômes affamés.


CONFORT INTÉRIEUR

La maison est brûlée avec autant de pièces meublées et d’équipements que possible. Ces offrandes créent un intérieur confortable et fonctionnel :salon avec « home cinéma », produits de toilette, réfrigérateur, bouilloire et thermos pour le thé, etc.Le divertissement n’est pas oublié non plus avec les jeux de société ou encore le matériel de karaoké. Ces répliques de papier peuvent être de facture très modeste ou industrielle mais les familles peuvent aussi faire appel à des ateliers spécialisés pour commander des ensembles luxueux,adaptés à la personnalité du défunt.

BUFFET À VOLONTÉ

Les vivants offrent aux morts des biens, de l’argent et de la nourriture afin qu’ils deviennent des ancêtres protecteurs. Lors du rituel funéraire,le défunt peut être nourri par des répliques de mets en papier à brûler.Les autels aux ancêtres disposés dans les maisons doivent aussi recevoir régulièrement de la nourriture. À l’inverse, les esprits des morts courent le risque de se changer en fantômes affamés s’ils souffrent de la faim et de la négligence de leurs descendants.

SHOPPING PARADIS ET OFFRANDES HIGH-TECH

Le monde des morts a toujours été à l’image du nôtre, il suit les modes et les nouvelles technologies. Dès le IIIe siècle avant notre ère, les objets de terre cuite enfouis dans les tombes (mingqi) reflétaient les cultures matérielles de leurs contemporains. Aujourd’hui, les répliques d’articles de grande marque peuvent être de simples copies bon marché ou des reproductions hyperréalistes, presqu’aussi coûteuses que leurs modèles. Sacs à main, bijoux, et tenues de soirée… Les ateliers d’objets funéraires en papier offrent un large choix inspiré des marques les plus prestigieuses.Les offrandes doivent aussi être à la pointe du progrès : casque sans fil,appareil photo reflex numérique et ordinateur portable. Certains ateliers proposent tablettes et smartphones de papier équipés d’applications virtuelles censées fonctionner dans le monde des morts.

V.I.P.

Jet privé, yacht et gardes du corps, rien n’est trop beau pour honorer un défunt et lui assurer le meilleur statut social dans l’au-delà. Les véhicules et les monnaies funéraires ont toujours eu une signification particulière.Traditionnellement, un cheval ou un palanquin de papier, avec des figurines de serviteurs, étaient brûlés après le dernier souffle d’une personne. Aujourd’hui, la voiture de luxe avec chauffeur joue le même rôle et conduit l’âme au paradis avec prestige.

DAI-SHI-YE ET LE GARDIEN LIBÉRATEUR DES FANTÔMES AFFAMÉS

Un défunt qui ne reçoit pas de rituel funéraire et de culte des ancêtres peut devenir un revenant affamé. Ces entités dangereuses se manifestent souvent pendant les rêves et entraînent calamités et maladies. Chaque année, lors de la fête des fantômes affamés, de la nourriture et des objets de papier à brûler leur sont offerts pour les apaiser. Dai-Shi-Ye est une forme particulière de Guanyin, un être éveillé(bodhisattva) resté dans le monde par compassion. Avec ses cornes, ses crocs et les flammes qui sortent parfois de sa bouche, il effraie les fantômes affamés pour les maîtriser. Trop puissante pour être conservée, la sculpture de papier de Dai-Shi-Ye est brûlée à la fin de la fête des fantômes affamés. Elle accompagne ainsi les âmes errantes vers les enfers et les paradis.

Du vendredi 20 décembre 2019 au dimanche 29 mars 2020

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Nice : Dongba au musée des Arts asiatiques.

Après deux mois de travaux, pour réaménager le parvis, le musée des Arts asiatiques rouvre ses portes avec de nouvelles expositions.

DONGBA

Pour lancer sa programmation d’expositions 2020, le musée départemental des arts asiatiques de Nice propose à son public une exposition inédite, la première consacrée à l’identité naxi et à la culture dongba en Europe.

Les Naxi sont une minorité ethnique vivant dans le sud-ouest de la Chine, à la jonction des provinces du Yunnan, du Sichuan et de la région autonome du Tibet. Une société originale s’est développée dans ce carrefour d’échanges culturels, commerciaux et religieux depuis des siècles.

Les prêtres-chamanes Dongba (« Ceux qui savent ») sont les premiers dépositaires des savoirs traditionnels et sacrés des Naxi. Se transmettant de maître à apprenti les savoirs et coutumes, les Dongba ont retranscrit les danses et chants rituels accompagnant plus de 130 cérémonies ainsi que leurs mythes et légendes au moyen de pictogrammes. Désormais, la transmission de la culture dongba aux jeunes générations ne s’opère plus de manière traditionnelle mais au sein d’écoles d’apprentissage et par la réintroduction de cérémonies dans certains villages. Les manuscrits dongba, principal support de ce qui constituerait la dernière écriture pictographique au monde, ont été inscrits par l’UNESCO en 2003 au registre « Mémoire du monde ».

L’exposition présente l’environnement religieux des Naxi à travers les manuscrits, les peintures, les costumes et les instruments utilisés encore aujourd’hui par les maîtres Dongba lors des cérémonies rituelles. L’événement est aussi l’occasion de montrer la place de cette tradition dans la création contemporaine avec une sélection d’oeuvres réalisées par des artistes naxi de premier plan.

Des pictogrammes à l’art contemporain en passant par la mythologie et les costumes,cette exposition à la fois ethnologique et artistique est une véritable invitation au voyage et nous emmène au pied de l’Himalaya, où les Naxi continuent de faire vivre leurs traditions.

Les années 1980 et 1990 ont été marquées par le développement économique de la Chine et la transition vers la modernité. Depuis la fin des années 1990, Lijiang,capitale des Naxi, est devenue une destination privilégiée pour le tourisme national et international. Dans ce contexte de modernisation fulgurante, on assiste à une recrudescence de l’intérêt des chercheurs du monde entier, d’institutions culturelles chinoises et étrangères et d’artistes pour la culture dongba.

L’art contemporain dongba joue un rôle fondamental de transmission dans la société moderne naxi et reflète la prise de conscience des artistes concernant un patrimoine toujours menacé d’extinction. L’École d’art moderne dongba réunit des peintres,des sculpteurs et des calligraphes qui puisent dans le répertoire iconographique traditionnel (pictogrammes, panthéon, représentations des ancêtres) et s’inspirent des croyances de la culture dongba, selon laquelle tout élément de la nature est doté d’un esprit et de sentiments pouvant communiquer avec les êtres humains.

Du dimanche 15 décembre 2019 au dimanche 05 avril 2020

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Un hommage post mortem à la une du Carnaval.

Bien sûr Carnaval est mort, comme chaque année, puisqu’on le brûle chaque année pour faire disparaître l’hiver. Mais pour 2020 on affiche carrément un mort ! Le thème sera Carnaval, roi de la mode, et l’affiche rend hommage à Karl Lagerfeld, qui est décédé le 19 février dernier. Les organisateurs n’ont pas trouvé de couturiers vivants et se sont rabattus sur l’hommage à un mort.

Il faut dire que depuis ce triste 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, Nice entretient en permanence les hommages. C’est un choix politique qui fait appel à l’émotion des électeurs. Cela se comprend pour 2016, mais il faut entretenir le filon. Alors que l’on aurait pu choisir Agnes B, Chantal Thomas, Christian Lacroix, Christian Louboutin, Daniel Hechter, Emmanuel Ungaro, Hedi Slimane, Jean-Charles de Castelbajac, Jean-Paul Gaultier, Paco Rabanne ou Pierre Cardin on décide de faire un dessin humoristique avec Lagerfeld.

En réalité on surfe sur la vague de la célébrité fraîchement posthume car il faut vendre les places le long des corsi (de 5 à 26 €) et surtout l’affiche elle-même très prochainement à la rue Saint-François-de-Paule.

Détail : le roi Carnaval aura des cheveux blancs et des lunettes noires. C’est la première fois que l’on va brûler un couturier un an après sa mort ! Un autodafé ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Renforcement des liens entre Nice et Israël.

Intervention de Christian Estrosi lundi 9 décembre 2019, à 10 heures 15 lors de la Matinale Economique sur le thème « Safe & Smart, nous avons les moyens, y a-t-il une limite à nos ambitions ? » qui se tiendra à la Villa Massena, 65 rue de France, à Nice.

Sécurité, mobilité, écologie et résilience : plus de 250 participants et intervenants (élus, acteurs institutionnels, experts, entreprises, industriels et start-ups) se réuniront à Nice du 7 au 9 décembre à l’occasion de la quatrième édition du colloque Safe &Smart City Conference. Sous le haut-patronage de Christian Estrosi, à travers de nombreux ateliers, plénières et keynotes, tous les domaines dont dépend la qualité de vie des citoyens, seront évoqués pour faire de cette conférence le lieu incontournable où se conçoit et se développe la ville sûre et intelligente de demain. Autour du thème  «  Better life, safer world and shared values  » (« qualité de vie, sécurité et valeurs partagées »), trois sessions plénières permettront notamment d’aborder les thèmes suivants :  «  Intelligence Artificielle et Cybertechnologie  » ,  «  Safe & Smart ! … & Green ?  » et  «  Sécurité ».

Cette conférence est la quatrième édition de Safe & Smart City, un événement organisé par ELNET France avec la Métropole Nice Côte d’Azur, la Région Sud, Business France Israel Smart Cities Institute, Federation of Local Authorities in Israel, la ville de Tel Aviv, la ville de Jérusalem, la ville de Netanya, la ville d’Ashdod, la ville de Beersheva / Cyberspark Entreprises et Startups. L’initiative se base sur la relation bilatérale entre la France et Israël. Safe & Smart City a une véritable ambition nationale, européenne et internationale de s’affirmer comme le rendez-vous incontournable où s’imagine, se conçoit et se développe la ville sûre et intelligente de demain. Think-tank du dialogue stratégique entre la France et Israël, ELNET est une organisation européenne indépendante et apolitique qui œuvre au renforcement des relations entre l’Europe et Israël.

Plus d’informations : https://www.safeandsmartcity.org/ssc2019

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Menton : Olivier Bettati n’est pas de gauche.

Tandis qu’à Nice on prévoit une élection municipale sans intérêt, mis à part la propagande engendrée par la candidature du seul postulant (Ah il y en a d’autres ?), à Menton on s’éclate. Sur les trois candidats de droite, Guibal pour les LR, Novelli pour l’UDI et Bettati soutenu par le RN, ce dernier avait semblé être à gauche pour le Ficanas le 29 octobre dernier.

Immédiatement Olivier Bettati nous avait déclaré « Mais moi je suis depuis toujours et pour toujours de droite et ceux qui m’accompagneront le savent. » L’électorat mentonnais semblait rassuré, mais on apprend subitement que les partis qui soutiennent les colistiers putatifs de Bettati ne veulent plus de leurs poulains qui ont tellement oeuvrés pour eux.

Le parti radical de gauche (PRG), dont fait partie le conseiller municipal et pharmacien Claude Calvin, semble oublier sa progéniture. Il déclare démentir tout soutien à Olivier Bettati. Mea culpa, le Ficanas reconnaît ce titre d’article erroné, Claude Calvin était-il tout simplement un ersatz de gauche ? Il vient pourtant de faire toute la mandature sous cette étiquette.

Jean-Marc Chipot est apparu sur le port de Nice en compagnie de Nicolas Dupont-Aignan. Il est le secrétaire départemental de Debout la France et a déclaré « Même si les enjeux ne sont pas nationaux, il est important que notre parti soit présent dans cette élection, d’autant plus qu’il existe un espace politique entre Philippe Vardon et Christian Estrosi. » C’est à dire entre le Rassemblement national et Les républicains. Et justement, à Menton, nous avions signalé le soutien à Olivier Bettati de Thierry Giorgio, conseiller national du parti Debout la France. Patatras ! Jean-Marc Chipot nous apprend que « Thierry Giorgio n’exerce plus aucune fonction nationale au sein de Debout la France ». 

Décidément la droite mentonnaise semble être en plein bouleversement : celle de Bettati, le parachuté niçois, se délite, probablement pour mieux se reconstruire, celle de Guibal doit affronter un maire (lui-même) en poste depuis si longtemps (1989) avec une épouse ayant des problèmes de santé et une belle-famille peu aimée, celle de Novelli ancien premier adjoint et délégué départemental de l’UDI qui se retrouve soutenu de fait par Jean-Christophe Lagarde (aie !). 

Mais que font les grands leaders locaux, face à cette situation ? Christian Estrosi est-il tellement préoccupé par son élection au premier tour et non pas au deuxième à Nice qu’il est médiatiquement débordé ? Eric Ciotti, questeur de l’Assemblée nationale, président de la commission d’enquête sur l’attentat de la préfecture de Paris et surtout président de la commission d’investiture des LR ne s’intéresserait-il pas à Menton ? Pourtant si la réforme de l’Assemblée est décidée avant les prochaines législatives, sa circonscription niçoise serait rattachée à celle de Menton. 

En attendant, puisque l’on s’ennuie à Nice, continuons à observer Menton ; c’est plus distrayant.

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Kharmohra, L’Afghanistan au risque de l’art

Depuis 2001, une nouvelle génération d’artistes a vu le jour en Afghanistan, après 20 ans de guerres et un gouvernement taliban hostile aux formes artistiques et aux pratiques culturelles. Toutefois, le contexte de paix retrouvée a vite basculé dans celui d’une nouvelle guerre entre le gouvernement afghan, les forces de la coalition internationale et les talibans. Des attentats en série ont fragilisé le pays, ciblant les villes et imposant une sécurisation des lieux publics de plus en plus sévère, jusqu’à l’attaque suicide survenue le 11 décembre 2014 dans la salle de spectacle de l’Institut français d’Afghanistan à Kaboul. Fragilisée par ces enjeux sécuritaires, la scène culturelle et artistique locale n’a pas disparu pour autant. Les artistes ne se sont pas tus, inventant de puissantes réponses formelles.

L’exposition « Kharmohra » (pierre qui réaliserait les vœux les plus intimes) vise à interroger les effets de cette problématique sur la création artistique, en Afghanistan comme ailleurs. Elle déplace ainsi des questions qui touchent particulièrement les pays méditerranéens fragilisés par des attentats ayant ciblé des lieux de culture et de patrimoine et qui menacent en sourdine l’ensemble des pratiques culturelles.  L’originalité de cette exposition est de donner à voir cette création contemporaine, loin des idées reçues et des attentes romantiques souvent portées en Occident à l’encontre de l’Afghanistan. Elle se focalise sur l’étrange et complexe dialogue qui se noue entre onze artistes choisis et la situation d’insécurité dans laquelle ils évoluent. L’exposition, soutenue par l’Ambassade de France en Afghanistan et l’Institut français, présente une soixantaine d’œuvres (photographies, peintures, vidéos, installations, calligraphies) parmi les plus originales et les plus représentatives de cette jeune génération d’artistes. Elle rend compte de la variété des supports et des formes qu’ils explorent pour exprimer l’horreur des attentats et d’une mort omniprésente dans un espace urbain devenu hostile à ses habitants. Non sans humour, ils se font l’écho des aspirations de tout un pays en quête d’une paix et d’une sécurité toujours promises et jamais atteintes.

Du 22 novembre 2019 au 1er mars 2020 – Fort Saint-Jean – Bâtiment Georges Henri Rivière (320 m²) -Marseille.

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Pourquoi ne pas interdire les SUV ?

Vous êtes dans votre parking souterrain, bien équipé avec une signalisation vous permettant de repérer une place disponible. Chouette une lumière verte tout près de l’ascenseur ; vous vous dirigez vers cet emplacement, mais impossible de stationner. La place voisine est occupée par une « Sport Utility Vehicles ». Elle est tellement volumineuse qu’elle déborde sur la place de stationnement que vous convoitiez. Cette voiture qui n’a rien de sportif ni d’utilitaire, si ce n’est transporter des passagers, envahit nos rues et nos parkings.

SUV Ford

Les publicités la nomment par ses initiales : SUV. Ces 4X4 urbains séduisent beaucoup les azuréens et on les rencontre souvent à la sortie des écoles. Leur aspect tank va permettre de protéger les chères têtes blondes et leurs mamans auront le sentiment d’être en sécurité. La ville est en effet devenue une véritable jungle et seul un 4X4 peut franchir tous les obstacles.

La mode accroît les ventes : le journal Slate signale qu’en 2010 ils représentaient 18% des ventes de voiture et en 2018, plus de 40%. En Belgique quatre voitures sur dix seraient des SUV. Le problème est que ces tanks urbains sont plus polluants qu’une voiture traditionnelle quel que soit  le type de carburant utilisé. Mais il y a un autre danger : le poids et le volume de ces SUV sont plus dangereux que les autres véhicules en cas de collision ; Piétons, cyclistes et autres automobilistes ont intérêt à se méfier de la bête quand elle fonce !

Certaines villes européennes envisagent sérieusement leur interdiction. La pollution dégagée, la dangerosité en cas d’accident et l’encombrement ne sont-ils pas des arguments à une époque où l’on nous suggère du tout électrique ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Cinéma : ils vont tous revenir !

Dans une année vous allez voir sur vos écrans de cinéma un film intitulé « Finding Jack » un drame qui se déroule à la fin de la guerre du Viêt-Nam (encore!) et qui risque de ne présenter aucun intérêt sauf pour un second rôle. En effet le rôle de Rogan a été confié à James Dean ! On connaissait cet acteur qui avait tourné « La fureur de vivre », « A l’est d’Eden » et « Géant ». Mais il semblait bien qu’il était mort à l’âge de 24 ans en 1955 au volant de sa Porche. 

Comment, spectateurs de peu de foi, osez-vous croire que Dean est mort ? Pourquoi pas Johnny pendant que vous y êtes. Les réalisateurs du film expliquent : « Nous avons désespérément cherché le parfait acteur pour incarner le rôle de Rogan, qui est extrêmement complexe, et après des mois de recherches, nous avons opté pour James Dean. Nous sommes honorés d’avoir le soutien de sa famille et nous prendrons toutes les précautions pour s’assurer que son statut d’icône du cinéma reste intacte ».

Mais il a donc 84 ans ! N’est-ce pas un peu âgé pour un film de guerre ? Eh non ! Car il va y avoir un Dean de synthèse. En effet le soutien de la famille était indispensable car eux « y en a vouloir des sous ». Pour les prochaines présidentielles en France on s’attend à un retour de de Gaulle en image de synthèse et un Mélenchon plus jeune, lui qui a déjà expérimenté son doublage holographique. Les britanniques, histoire de sortir de leur Brexit, envisagent un Churchill de synthèse. 

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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Qui va aller voter à Nice pour les municipales ?

Faut faire écolo, alors dans les couloirs pour bus il installe des pots avec des plantes. Faut offrir l’heure à tout ces Niçois qui ne peuvent pas avoir une montre bracelet, un téléphone portable ou une voiture avec une montre : alors on vire la très belle sculpture de Dolla de la place Max Barel pour y remettre une horloge ! C’est le nec plus ultra du clientélisme à l’Estrosi. Le recrutement au sein de la mairie ou de la métropole ne suffit plus, car le maire sortant ne veut pas être réélu, il veut l’être au premier tour !

Dans cette ville de droite (qui n’a plus été de gauche depuis si longtemps) il y a eu un petit espoir : le député Eric Ciotti envisageait sa candidature aux municipales. Il reprochait à son ami de trente ou quarante ans d’être trop proche du président Macron. Sa candidature empêchait Estrosi d’être élu dès le premier tour. C’est du moins ce qu’annonçait La Voix de Son Maître l’organe officiel de l’Estrosiland. Ciotti avait caressé l’espoir que le quotidien pouvait être repris par l’homme d’affaire Iskander Safa le propriétaire de Valeurs Actuelles, journal très à droite, voire d’extrême-droite. Mais le chouchou d’Estrosi, Xavier Niel, et surtout plus proche du président Macron, va gagner alors que les salariés veulent Safa. Du coup ils vendent leurs parts à Niel et le statut coopératif de Nice-Matin disparaît.

Anecdotique ? Pas du tout. Nice et sa métropole renforcent leurs positions de fief estrosien. On prépare une élection avec d’une part Vardon, le candidat du Rassemblement national, ex identitaire et spécialiste de la soupe au porc et Estrosi qui veut être le front républicain à lui tout seul. Et les autres ? La gauche n’existe pratiquement plus, enterrée par Patrick Allemand, la majorité présidentielle peut présenter Cédric Roussel et on risque de voir Jean-Marc Governatori à la tête d’un rassemblement de partis que l’on croyait absent et Benjamin Michaud de l’UPR. Olivier Bettati est parti à Menton (c’est plus tranquille) et Jacques Peyrat pense être trop âgé. Ah il y aura peut-être Michel Cotta, le dissident de l’extrême-droite sinon la tradition ne serait pas respectée !

Pas de quoi affoler Christian Estrosi qui avait été élu une fois à l’issu d’une triangulaire et une fois après une quadrangulaire. Il obtiendrait là son bâton de maréchal et pourrait continuer à aggraver l’endettement de la ville. Car Nice fait partie des villes les plus endettées de France et le remboursement par les habitants va être très long. En effet depuis dix ans la commune se dépeuple un peu plus chaque année (environ 2.000 habitants par an) alors que toutes les grandes villes de France accroissent leur population. La Voix de son Maître publie avec plaisir les dettes des autres villes du département (Menton, Grasse, Antibes, Le Cannet, Saint Laurent du Var) mais comment différencier la dette de la ville de Nice et celle de sa métropole ?

Les Niçois qui sont imposables en sont conscients (d’autant plus qu’il payent deux impôts fonciers au lieu d’un seul), mais ceux qui ne sont pas imposables s’en moquent puisqu’ils bénéficient de services qu’ils ne financent pas. Il devrait s’agir là de 60% de l’électorat. Donc l’élection de Christian Estrosi est inéluctable car nombreux sont ceux qui en ce dimanche du mois de mars auront  autre chose à faire… Estrosi est-il arrivé à anesthésier son électorat ?

Christian Gallo – © Le Ficanas ®

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